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Paysanne et fière de l’être

Johanna Trau cultive l'agriculture au féminin dans la plaine d'Alsace.
© J. Trau

Focus sur ces nouvelles agricultrices qui sont pragmatiques, volontaires et fun. Elles ont la passion de la terre et rien ne les démonte. Pour elles, créer c’est faire avec. C’est inventer un mariage heureux entre différentes contraintes. Délicatesse féminine et moissonneuse-batteuse, c’est maintenant, et c’est la fin d’une certaine lourdeur.

Un agriculteur sur quatre est aujourd’hui… une agricultrice. Non plus la femme ou la fille « de » mais une vraie professionnelle, qui a choisi le métier, obtenu des diplômes pour l’exercer au mieux, et jongle avec brioentre compétence agricole et féminité.
Rencontre avec des « nouvelles paysannes » bien dans leurs bottes et dans leurs escarpins.

 

Il aura fallu des décennies de combat, mais c’est enfin acquis. L’agricultrice n’est plus cette silhouette fantomatique qui passe au fond de la ferme, absente des statistiques, réduite à des tâches invisibles, sans statut, « sans profession ». « Agricultrice n’est plus une condition mais un métier », résume Marie-Thérèse Lacombe, qui dans son livre Pionnières, (Éditions du Rouergue) raconte la longue « révolution silencieuse » à laquelle elle a activement participé. Non seulement les agricultrices ont acquis un statut juridique, des droits, une protection sociale, mais elles sont aujourd’hui plutôt plus diplômées que leurs homologues masculins (44 % d’entre elles pour 33 % des hommes), plus modernes, généralement à l’initiative de la diversification des activités, et majoritairement chefs de leur exploitation.

 

« Être agricultrice est aujourd’hui un choix, affirme Céline Imart, vice-présidente du syndicat national Jeunes Agriculteurs qui, à 34 ans, gère ses 150 hectares de céréales et de semences dans le Tarn. L’évolution de notre statut a suivi celle de la société en général, et l’a même anticipée. Pour ma part, je ne vois aucune différence entre mon travail quotidien et celui de mes collègues masculins. Nous avons les mêmes problématiques, les mêmes difficultés et les mêmes joies. La seule différence, c’est la force physique, mais j’espère que les constructeurs de matériel vont continuer à s’adapter. Même les combats des syndicats sont mixtes : défendre l’agriculture et la faire évoluer, toutes filières confondues. »

 

En charge du dossier environnement aux JA, Céline est consciente de participer à relever « un vrai défi pour l'agriculture d’aujourd’hui et de demain ». Comme nombre d’agricultrices, elle est du côté du mouvement, de l’innovation. Il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux pour sentir l’enthousiasme de ces nouvelles conquérantes, sûres d’elles et de leurs compétences, capables de se passer des hommes sur leurs exploitations, et bien décidées à prendre le taureau par les cornes.

 

« 24 % des responsables d’exploitation sont aujourd’hui des femmes, confirme Roger Le Guen, sociologue. Un nombre qui augmente régulièrement, même si paradoxalement le milieu se masculinise. En fait, aujourd’hui, les femmes de l’agriculture prennent le pouvoir, ou elles changent de branche. Une aspiration qui traverse toute la société. »

Fin de l’ère des invisibles et des résignées. La preuve par XXX.

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