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Le groupement d’employeurs pour mutualiser un salarié

Avoir recours à un groupement d’employeurs pour embaucher de la main-d’œuvre, c’est le pas qu’a franchi Marina Rouanet-Delmas, éleveuse laitière dans l’Aveyron.

Lorsque Marina Rouanet-Delmas s’est installée en 2009 sur son exploitation, il n’y avait pas besoin de main-d’œuvre en plus de son associé et d’elle-même. « Nous avons augmenté le cheptel laitier de 200 têtes, pour arriver aujourd’hui à 500 brebis en lactation. Et là, pour les agnelages, ce n’était plus tenable à deux », se remémore l’éleveuse. Elle discute de sa charge de travail avec ses voisins, éleveurs ovins laitiers également. Ils sont plusieurs dans son cas à avoir du mal à garder la tête hors de l’eau pendant la période des mises bas. « Au début, quinze exploitations se sont montrées intéressées par l’embauche à l’année d’un salarié », explique l’éleveuse.

Une réflexion pendant six mois

Cette quinzaine d’éleveurs adhère tous à la Cuma communale de Saint-Juéry le Château. C’est là que la fédération des Cuma de l’Aveyron entre en scène. « La fédé Cuma nous a aidés dans notre réflexion, en nous faisant nous poser les bonnes questions. Cette phase de réflexion a duré six mois, mais je pense qu’il est nécessaire de prendre a minima ce temps, soutient Marina Rouanet-Delmas. Car certains se sont rendu compte que ça ne collait pas avec ce qu’ils souhaitaient et ils ont pu se retirer du projet. »

Difficile de trouver et de pérenniser la main-d’œuvre qualifiée

Finalement, le groupement d’employeurs est créé à l’automne 2018 et regroupe dix éleveurs. « Nous avons posté notre première annonce de recrutement dans les journaux locaux, sur les réseaux sociaux et sur LeBonCoin. Notre premier salarié était en reconversion professionnelle, il était cuisinier et au final, il est resté moins d’un an dans le groupement. » Marina et ses collègues se rendent rapidement compte que la main-d’œuvre qualifiée n’est pas facile à trouver, et encore moins à fidéliser. « Nous avons essayé de proposer du travail toute l’année, mais cela voudrait dire avoir quelqu’un qui puisse gérer les agnelages et qui sache conduire un tracteur sur terrain accidenté, car beaucoup de nos parcelles sont difficiles d’accès. Et c’est ce point qui coince. » Les salariés sont essentiellement des jeunes sortis de la scolarité, notamment du centre de formation agricole de Saint-Affrique (Aveyron), « mais la plupart ont un projet d’installation derrière et ne prévoient pas de rester salariés très longtemps », complète Marina Rouanet-Delmas.

Des formations pour les employeurs

Sur le volet administratif, la fédération Cuma 12 leur est d’une grande aide. « Il y a un salarié qui s’occupe de toutes les questions ressources humaines, une juriste qui suit les évolutions réglementaires et qui nous fait une newsletter mensuelle. » Les responsables du groupement suivent également des formations avec la MSA pour rédiger le document unique d’évaluations des risques professionnels (DUERP) qui est obligatoire quand un salarié est sur l’exploitation.

Marina a aujourd’hui quitté le groupement, dont elle reste malgré tout trésorière. « Face à la charge de travail en 2022, nous avons embauché quelqu’un juste pour notre exploitation. Mais je ne m’interdis pas de revenir au groupement plus tard. Et cela a été une expérience humaine très enrichissante, une démonstration de solidarité encore plus forte qu’au sein de la Cuma. Il ne s’agit plus seulement de partage de matériel, les liens sont tout de suite plus forts dès qu’il y a de l’humain. »

Un revenu transparent et précis

La Cuma de Saint-Juéry le Château dispose de la trésorerie suffisante pour éditer chaque mois la fiche de paie du salarié du groupement d’employeurs. Le salarié utilise un logiciel mis à disposition par la fédération Cuma 12 pour déclarer les heures passées sur telle ou telle exploitation, celles-ci sont ensuite refacturées à chaque éleveur. « Cela permet un gain de temps important et une mutualisation des coûts », souligne Marina Rouanet-Delmas, qui est trésorière du groupement d’employeurs.

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