Aller au contenu principal

L’agneau des prés-salés met en avant le patrimoine local

Des animaux ayant pâturé au moins 70 jours sur les herbus, c’est ce qui fait la spécificité de l’agneau du pré-salé.

Dans la baie du Mont-Saint-Michel, 13 éleveurs bretons et normands, et 6 000 brebis, sont engagés dans l’AOP prés salés du Mont Saint-Michel avec 2 500 agneaux labellisés par an. Coté Bretagne, les herbus s’étalent sur un rivage de 16 kilomètres de long et sont partagés entre cinq éleveurs. Lorsqu’ils sont sur ces parcours recouverts de plantes halophytes (fétuque maritime, obione, salicorne, chiendent maritime…), les animaux peuvent ainsi parcourir jusqu’à 15 kilomètres par jour. C’est la présence de cette flore particulière et cette distance parcourue qui donnent à la viande sa saveur si particulière et son gras ferme et peu abondant.

8 à 12 euros le kilo de carcasse payés au producteur

Le cahier des charges autorise sept races rustiques adaptées à la conduite en extérieur. Les exploitations doivent avoir accès aux herbus et les agneaux y pâturer au minimum 70 jours à partir de leur 45e jour de vie. Depuis peu, les éleveurs sont autorisés à faire des paddocks à l’aide de clôtures mobiles et ainsi intensifier le pâturage et éviter la divagation. Une bonne connaissance de la marée est nécessaire pour mener les moutons sur des parcelles de repli les jours où la mer recouvre complètement l’herbu. Les agneaux peuvent recevoir le soir en bergerie une complémentation de 400 g de céréales par jour pendant la période de pâturage ou être finis 30 jours en bergerie. Les carcasses de 14 kilos minimum, devront être de conformation E, U ou R et de classe 2 ou 3. Le prix au producteur oscille entre 8 et 12 euros le kilo de carcasse selon le circuit de commercialisation.

« L’AOP obtenue en 2013 a permis d’éviter les fraudes et rassurer le consommateur mais aussi de conforter le prix, témoigne Yannick Frain, président de l’ODG (organisme de défense et de gestion). Avec quatre collèges dont un pour les « porteurs de mémoire », nous voulons garantir que la production d’agneaux de pré-salés reste conforme à la tradition. L’AOP a aussi permis de développer et mettre en place de nouveaux éleveurs et donner accès à la mise aux normes des exploitations en dépit de leur emplacement sur un site classé. »

Les plus lus

Trois loups
Déclassement du loup : « une douche froide » pour la FNO
Le statut du loup est passé d’espèce « strictement protégée » à « protégée » au niveau européen. Afin de…
En Dordogne, « nous produisons 1 800 agneaux par an en baissant la mortalité »
Les associés du Gaec de Vialette, en Dordogne, produisent des agneaux toute l’année grâce au désaisonnement lumineux. Néanmoins,…
<em class="placeholder">Gaec Bagaya</em>
« J’ai atteint mon objectif de 200 litres par brebis manech tête noire »
Grâce à une maîtrise de la fertilité de son troupeau de manech tête noire, le Gaec Bagaya s’approche des coûts de production de l…
Une éleveuse se tient devant le Mont-Saint-Michel
« Je vois chaque jour le Mont-Saint-Michel » : Claire est intermittente en élevage ovin
Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en agronomie et passionnée de laine, Claire Bourgart a fait un certificat de spécialisation (…
Des brebis sont nourries au cornadis.
Agnelage : des rations aux petits oignons en fin de gestation
L’alimentation des brebis en fin de gestation a des répercussions directes sur la vigueur des agneaux à la naissance. Le travail…
<em class="placeholder">Brebis au pâturage avec des vaches allaitantes</em>
Pourquoi faire pâturer ses brebis sur des surfaces bovines l’hiver ?
D’après une étude conduite par l’Institut de l’élevage, le pâturage hivernal des ovins sur les parcelles bovines est un véritable…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre