Guerre au Moyen-Orient : les coûts de production des élevages ovins en hausse
La guerre au Moyen-Orient, et en particulier, la fermeture du détroit d'Ormuz, ont des conséquences sur les coûts de production, dont ceux du carburant et des engrais azotés. Les élevages ovins ne sont pas épargnés : de premières estimations de l'impact du conflit ont été publiées par l'Institut de l'élevage.
La guerre au Moyen-Orient, et en particulier, la fermeture du détroit d'Ormuz, ont des conséquences sur les coûts de production, dont ceux du carburant et des engrais azotés. Les élevages ovins ne sont pas épargnés : de premières estimations de l'impact du conflit ont été publiées par l'Institut de l'élevage.
Depuis le début du conflit entre les Etats-Unis et l’Iran, en février 2026, les marchés du pétrole, du gaz et des engrais sont perturbés. Avant sa fermeture, le détroit d’Ormuz voyait transiter environ 20% du pétrole, 30% du gaz naturel, 30 à 40% de l’urée et 20 à 30% de l’ammoniac échangés dans le monde. En plus de provoquer des hausses des cours, le conflit les rend aussi plus volatiles. La situation évolue rapidement : après une courte réouverture, le détroit est à nouveau totalement fermé depuis le 14 juillet.
Dans une note parue le 26 juin, l’Institut de l’élevage propose un éclairage sur les conséquences du conflit sur les filières animales. L’institut technique envisage deux scénarios : l’un dans lequel la situation retourne à la normale au cours de l’été, avec un impact compris entre mars et août. L’autre dans lequel le conflit se prolonge, avec des conséquences s’étalant sur plus d’un an.
Carburant, engrais azotés, emballages plastique et transport de l’aliment sont les principaux postes de dépenses concernés par des hausses de prix. « Les hypothèses retenues conduisent à une hausse de 65,8% du coût du carburant, de 39% pour les engrais azotés et de 40% pour les produits plastiques. Les coûts de transport des aliments augmenteraient quant à eux de 1,5% », écrivent les co-auteurs de la note. La hausse du coût du carburant est le principal facteur d’augmentation des coûts de production.
Coûts de production en ovin lait : de +40 à +107 euros les 1000 litres de lait
Pour les élevages ovins lait, l’Institut de l’élevage projette une augmentation des coûts de production autour de 40-45 euros les 1000 litres de lait dans le scénario où le conflit s’achève rapidement. Dans le cas où il se prolongerait, les hausses de coûts de production sont estimées à 101 euros les 1000 litres pour les ovins lait des Pyrénées-Atlantiques, et 107 euros les 1000 litres pour les ovins lait livreurs du Nord-Occitanie.
Coûts de production en ovin viande : de +0,21 euros à +1,46 euros par kilo carcasse d’agneau
Les élevages ovins viande fourragers se montreraient les moins impactés par les hausses de prix, avec +0,21 euros par kilo carcasse d’agneau en cas de fin rapide du conflit, et +0,65 euros si le conflit se prolonge. Les élevages herbagers et pastoraux verraient leurs coûts de production respectivement augmenter de 0,89 euros et 1,46 euros par kilo carcasse d’agneau dans le scénario le plus pessimiste.
Pour en savoir plus : Conflit au Moyen-Orient : évaluation des impacts économiques sur les élevages français de ruminants