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Label rouge, bio et IGB pour les agneaux du Gaec du Caïre

Florence et Jean-Michel Martin sont éleveurs d’ovins allaitants au Gaec du Caïre, dans les Hautes-Alpes. À 1 500 mètres d’altitude, ils produisent des agneaux bio qui bénéficient également du label Rouge et de l’IGP Agneau de Sisteron.

Le Gaec du Caïre – qui doit son nom à un rocher – a été créé en 2012 lorsque Florence Martin a rejoint Jean-Michel, qui avait pris la suite de son père en 1996 sur l’exploitation située à Saint-Michel-de-Chaillol dans les Hautes-Alpes. En label Rouge depuis plus de vingt ans, le couple a souhaité passer en bio en 2019. « Nous élevons tout de la même manière. Toute l’alimentation est en bio et conforme au label Rouge, donc cela ne nous bloque pas pour la vente. En ce moment, comme le label Rouge est plus rémunérateur que le bio on les vend sous le label. On ne fait que jongler entre les deux démarches, mais cette année c’est vraiment 100 % label Rouge. »

Produire sous deux signes de qualité

Ils produisent entre 500 et 600 agneaux par an issus du croisement de 600 brebis mérinos d’Arles et d’une quinzaine de béliers Ile de France. « Cela produit des agneaux un peu plus conformés, avec de gros gigots et de bonnes épaules. Pour coller à la demande du marché il faut des agneaux un peu carrés. » Florence et Jean-Michel achètent une centaine d’agnelles de renouvellement et ont quatre périodes d’agnelage : mars-avril, juin, septembre et décembre. Ils possèdent 141 hectares de surface totale, dont 100 hectares de pâturage, 23 hectares de prairies temporaires, 2,5 hectares de prairies permanentes, 14,5 hectares de céréales pour le troupeau et 0,3 hectare de lentilles. « Nous nous sommes lancés dans des cultures spéciales comme des lentilles, du petit épeautre et du blé pour faire de la farine qu’e nous vendons lors de la vente directe d’agneau. Ce sont des petits rendements mais nous le valorisons assez bien. Et depuis que nous faisons la farine, nous donnons le son aux agneaux car c’est dans la peau de la céréale qu’il y a toutes les vitamines et c’est utile en début de diarrhée. » Jean-Michel combine cet apport avec un seau d’eau mélangé à du vinaigre de cidre en continu pour stabiliser le système digestif et éviter les fluctuations et le développement des coccidies.

En double démarche label Rouge et bio depuis cinq ans, les éleveurs commercialisent des agneaux de bergerie de 16 kg carcasse à 140 jours, 30 % en vente directe sur la ferme et 70 % via la Coopérative Agneau Soleil. Depuis cet été, le couple a pris des parts sociales dans des casiers paysans situés dans un village tout proche. « 25 % de la vente part dans le fonctionnement, puis nous y allons à tour de rôle entre producteurs pour approvisionner les casiers. »

Une bergerie tout en bois

Avec une bergerie datant de 1971, le couple a construit il y a trois ans une deuxième bergerie à quelques mètres de la ferme. « Nous en avions besoin pour gagner de la place car avec le passage en bio il nous fallait plus de surface en bâtiment. » Le cahier des charges bio demande en effet un minimum de 0,35 m² par agneau et 1,5 m² par brebis. Sur les murs en bois, une pancarte indique « Bâtiment construit sans aide publique ». « Nous avons mis ce panneau parce que la première question c’est toujours : “Combien avez-vous eu d’aides ?” On ne rentrait pas dans les clous pour avoir droit aux aides bâtiments », explique le couple qui a investi 250 000 euros pour construire sa bergerie tout en bois de 45 mètres par 14. « Le bois est plus sain pour les animaux, il régule l’humidité dans le bâtiment. J’ai réfléchi à tous les plans et c’est l’entreprise aveyronnais Batut Charpente qui a construit le bâtiment. »

Pluriactivité pour le côté social plus qu’économique

Comme la plupart des éleveurs du coin, Jean-Michel travaille en station de ski depuis que son âge le lui permet. Le premier télésiège situé à 500 mètres de la ferme le conduit sur les pistes où il est conducteur de télésiège de fin décembre jusqu’à mi-mars. « Ce sont des journées de huit heures. C’est bien de ne pas toujours être à la ferme et de parler d’autre chose. Au départ, c’était surtout pour l’aspect économique, aujourd’hui c’est plus pour le côté social », confesse-t-il. Florence s’occupe de leur gîte, des visites de la ferme et des marchés, soit un hebdomadaire local et un saisonnier en station.

L’IGP Agneau de Sisteron

L’agneau de Sisteron est protégé par une IGP, signifiant que seuls les agneaux issus d’élevages qualifiés en IGP peuvent s’intituler comme tel sur une facture ou une publicité. L’homologation du cahier des charges du label Rouge a eu lieu en 1995 et, en 2007, l’Union européenne a officiellement validé la procédure de protection de l’agneau de Sisteron. L’IGP garantit en premier lieu l’origine de production de l’agneau qui doit être né et élevé et abattu dans la zone IGP : région Provence-Alpes-Côte d’Azur et Drôme provençale. Un label Rouge (09-95) est associé à l’agneau de Sisteron afin de garantir sa qualité gustative supérieure.

L’agneau de Sisteron label Rouge est exclusivement issu de races méditerranéennes locales : mérinos d’Arles, mourérous ou Préalpes du Sud. L’élevage est extensif et pastoral : moins de 10 brebis à l’hectare et au minimum 10 hectares de parcours doivent être utilisés. Les agneaux sont allaités par leur mère pendant au minimum deux mois. Après sevrage, ils reçoivent une alimentation à base de foin, éventuellement complétée d’aliments à base de céréales sous contrôle de l’organisme certificateur. Premier maillon de la traçabilité : l’éleveur label Rouge doit identifier ses agneaux trois jours après leur naissance et les déclarer à l’association César (organisme de défense et de gestion - ODG). L’agneau de Sisteron est un agneau jeune (de 70 à 150 jours) et léger (de 13 à 19 kg). Il est abattu à l’abattoir de Sisteron, premier abattoir spécialisé ovin de France pour le volume de viande ovine traitée. Seulement 10 % des agneaux tués à Sisteron par an ont la mention « Agneau de Sisteron ».

Près de 48 000 agneaux labellisés en 2021, 218 éleveurs et environ 110 000 brebis, adhérents aux deux organisations de producteurs engagées dans la filière Agneau de Sisteron (L’Agneau Soleil et Ciel d’Azur), soit 19 % des brebis et 15 % des éleveurs ovins de la région engagés dans la démarche.

Chiffres clé

  • 2 UTH.
  •  600 brebis mères mérinos d’Arles x 15 béliers Ile de France.
  •  500-600 agneaux produits.
  •  4 périodes d’agnelage.
  •  Agneaux produits en bio, label Rouge et IGP Agneau de Sisteron.
  • 141 hectares de SAU : 100 hectares de pâturage, 23 hectares de prairies temporaires, 2,5 hectares de prairies permanentes, 15,5 hectares de culture.

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