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Tempête Nils et crues
Parcelles et bâtiments d’élevage inondés, matériels endommagés, serres déchirées : de nombreux agriculteurs frappés par les intempéries dans le sud-ouest de la France

Les rafales de vent de la tempête Nils et les cumuls de précipitations très importantes enregistrés depuis plusieurs jours sur des sols déjà très humides impactent de nombreuses exploitations agricoles dans le Sud-Ouest et désormais l’ouest de la France.

  Champs inondé en Dordogne
« Parcelles inondées, matériels endommagés, arbres déracinés, bâtiments touchés…. », les conséquences de la tempête Nils, avec des rafales à plus de 100 km/h et des cumuls de précipitations très importants, ont aussi été fortes sur les exploitations agricoles de Dordogne, comme en témoigne la Chambre d’agriculture qui recense les dégâts.
© Chambre d’agriculture de Dordogne

« On reçoit tous les matins des appels un peu désespérés de collègues qui subissent une pluviométrie de grande ampleur », confie ce 18 février à la presse Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. Les aléas climatiques de cette fin d’hiver n’épargnent pas les agriculteurs. La tempête Nils, qui a traversé le sud de la France la semaine dernière, et les crues généralisées qui ont suivi ont provoqué de nombreux dégâts chez les agriculteurs du sud-ouest puis de l’ouest de la France. D’autant plus que les sols étaient déjà saturés en eau sur de nombreux territoires.

« Nous n’avons pas encore les chiffres mais les dégâts seraient de plusieurs centaines de millions d’euros », estime le président de la FNSEA. 

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80 fermes maraîchères touchées dans le Béarn

Dans les Pyrénées-Atlantiques, les fermes maraîchères béarnaises ont essuyé les plus gros dégâts. La Confédération paysanne du Béarn recense depuis le 12 février les dommages. « Nous n’aurons les données chiffrées exhaustives que dans quelques jours mais les constats du terrain ne laissent pas de place au doute : l’étendue des dégâts est conséquente », prévient, dans un communiqué, le syndicat qui sollicite une demande de reconnaissance de catastrophe naturelle. Selon le journal Sud-Ouest, environ 80 maraîchers seraient concernés.

Lire aussi : Pertes de récoltes : quels taux d’indemnisation par la solidarité nationale pour les années 2025 à 2028 ?

Dégâts conséquents sur les exploitations agricoles de Dordogne

« Parcelles inondées, matériels endommagés, arbres déracinés, bâtiments touchés…. », les conséquences de la tempête Nils, avec des rafales à plus de 100 km/h et des cumuls de précipitations très importants, ont aussi été fortes sur les exploitations agricoles de Dordogne, comme en témoigne la Chambre d’agriculture qui recense les dégâts. Et ce d’autant plus que depuis le mois de janvier, les sols étaient déjà saturés en eau. Les Jeunes agriculteurs et la FDSEA ont appelé la préfète du département à la tenue rapide d’une commission départementale d’expertise tandis que la Coordination rurale de Dordogne demande aux assureurs de faire preuve de réactivité.

Lire aussi : Quels sont les impacts et le coût du changement climatique sur l’agriculture mondiale ?

L’état de catastrophe naturelle sollicité pour l’ensemble du Lot-et-Garonne

Même constat dans le Lot-et-Garonne. Dans une lettre adressée au préfet, Karine Duc, présidente de la Chambre d’agriculture du département, évoque dès le 13 février, avant le pic de crues, de nombreux signalements de dégâts causés par la Tempête Nils, les excès de pluie et les inondations. Elle parle de « pertes autour des serres tunnels (couvertures plastiques envolées et serres couchées) de fraises et maraîchage », « d’affaissements de digues et glissements de terrain, y compris dans les coteaux » ou encore de « cultures maraîchères, de plein champ et d’hiver » qui vont être totalement détruites. Et de solliciter l’état de catastrophe naturelle pour l’ensemble du département.

Lire aussi : Eco-anxiété : les agriculteurs plus touchés que le reste de la population française selon une étude

Recensement des dégats causés aux cultures et élevages dans le Gers, le Tarn et Garonne, la Charente, la Gironde

Dans les départements voisins du Gers, des Landes, de la Charente, et du Tarn et Garonne, c’est aussi l’heure au recensement des dommages causés aux cultures et aux élevages. Plusieurs agriculteurs témoignent sur les réseaux sociaux des dégâts constatés sur leurs exploitations.

La Gironde fait aussi partie des départements fortement touchés par la tempête Nils et les inondations. Avec des maraîchers mais aussi des céréaliers et des vignobles touchés au moment de la taille.

Depuis le début de semaine, les départements de l’ouest sont plus touchés, comme dans les Deux-Sèvres, en témoigne l’agriculteur François Petorin.

La question de la gestion de l’eau pointée par les agriculteurs

A l’occasion de ces épisodes de crues généralisées, des agriculteurs se plaignent aussi de la gestion de l’eau, comme cet agriculteur de Charente qui aimerait une meilleure gestion du cours d’eau le long de ses parcelles. D’autres, comme Sophie en Charente maritime ou Denis Beauchamp, responsable céréales dans une coopérative et ex-président de Franceagritwittos, regrettent que ce surplus d’eau ne puisse être stocké alors que l’eau manque aux parcelles en été.

« Voir des fleuves avec un débit de plus de 4000 voire 5000 m3 secondes et savoir que l’eau va sûrement manquer cet été dans les départements concernés, nous montre bien que la question de l’eau est centrale. On voit que ceux qui ont des réserves collinaires tamponnent aujourd’hui », commente pour sa part Arnaud Rousseau, président de la FNSEA.

Lire aussi : Sécheresse 2025, l’irrigation limitée dans 45 départements : quelle carte des restrictions d’eau ?

La ministre de la transition écologique dénonce l’artificialisation des sols

« Nous sommes face à une conjonction d’événements climatiques inédits. Pas moins de 1 600 personnes ont été évacuées, onze départements restent placés en alerte orange et trois en alerte rouge. Nous faisons aussi face à un record d’humidité des sols : un tel niveau n’avait jamais été recensé depuis 1959 », a déclaré Monique Barbut, ministre de la transition écologique le 17 février lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Nous faisons aussi face à un record d’humidité des sols : un tel niveau n’avait jamais été recensé depuis 1959 

« Certes, aujourd’hui, nous devons gérer les conséquences directes des inondations, mais, […] dans un second temps il nous faudra réfléchir aux moyens de renforcer notre résilience face aux événements climatiques d’ampleur. L’artificialisation excessive des sols joue un rôle déterminant dans ces crues majeures. C’est pourquoi il nous faudra la limiter, en maintenant l’objectif zéro artificialisation nette –⁠ vous l’avez rappelé –, et renforcer le recours aux solutions fondées sur la nature », a-t-elle ajouté.

Lire aussi : Où en est-on de l’artificialisation des sols en France ?

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