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Optimisation des abris fraise à la Réunion

Armeflhor a effectué un test avec trois niveaux de culture, une gouttière au sol et deux gouttières surélevées.
© Armeflhor

A la Réunion, la fraise est essentiellement cultivée en plein champ dans les hauts de l’île. Les principales variétés sont Camarosa, Rubigemme, San andreas, Agathe, Selva… le marché appréciant une fraise ferme et de gros calibre. En quelques années, pour des raisons de temps de travaux et de maladie du sol, la technique du hors-sol en plein air sur gouttières surélevées s’est rapidement développée. De plus, l’arrivée récente de Drosophila suzukii a poussé la production sous abri afin de sécuriser l’approvisionnement du marché. Un filet insect-proof en façade et en long pan des serres empêche la mouche d’entrer. Afin d’optimiser la production, l’Armeflhor, institut technique agricole, teste un système de superposition de gouttières sur deux puis trois étages. « Les conditions climatiques, température et ensoleillement, sont favorables à la production de fraise toute l’année et le marché est demandeur. L’objectif est d’améliorer les rendements par m2 sous abri », explique Jean-Sébastien Cottineau, responsable du Pôle maraîchage sous abri de l’institut. Des premiers essais ont testé un système de production sur deux étages. Celui-ci a montré ses limites avec des pertes de rendement de plus de 50 % sur le rang du dessous. « Avec Armelle, la variété sélectionnée pour nos conditions de culture par Philippe Chartier du Ciref et Jacques Fillatre de l’Armeflhor, le rendement passe de 5,3 kg/m2 pour l’étage supérieur à 2,4 pour celui du bas », précise le spécialiste.

Rentables malgré la chute de rendement

Toutefois selon l’expérimentateur, des améliorations sont possibles, notamment en plantant une variété avec des besoins en lumière moins importants en bas, en utilisant un paillage blanc au sol pour réfléchir la lumière sur le rang du bas, en travaillant sur la distance optimale entre les deux rangs pour favoriser la pénétration de la lumière, et enfin en évaluant l’influence de l’orientation des rangs dans la course du soleil pour minimiser les effets d’ombre portée. L’optimisation de l’abri doit également s’évaluer sur un plan économique. En effet, l’usage de plants frais (type fraisimotte) réduit les frais de mise en culture. Les étages inférieurs pourraient s’avérer rentables malgré la chute observée de rendement. Un test a été effectué avec trois niveaux de culture, une gouttière au sol et deux gouttières surélevées. « La fermeture totale des abris exclut l’entrée des abeilles. Pour pallier cette déficience, Xylocopa fenestrata, pollinisateur de la tomate indigène de l’île, également appelé mouche charbon qui butine en milieu fermé, a été testé avec des résultats probants sur fraise. Il conviendra de valider chez un producteur avec un essai comparatif, mouche charbon-abeille », précise Jean-Sébastien Cottineau.

Des fraises toute l’année

Signify Horticulture LED Solutions, fournisseur de matériel d’éclairage pour l’horticulture et Fragaria Innova, société de recherche et développement regroupant les plus grands producteurs et sélectionneurs de fraises du sud-est des Pays-Bas travaillent à la création d’un nouveau concept de culture pour la production éclairée de fraises. « L’usage des dernières technologies dans le domaine de l’éclairage LED va de pair avec la production, le goût, la qualité et la santé », mentionne un communiqué commun aux deux entreprises. Celles-ci viennent de signer un vaste programme de recherche de deux ans au sein d’Innoveins. Ce partenariat ambitionne la production de fraises toute l’année en Europe occidentale à l’aide des dernières solutions LED. Le programme de recherche devrait aboutir à un nouveau concept de culture pour une production lissée entre le 1er novembre et le 1er avril.

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