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Œnotourisme : six leviers pour augmenter son chiffre d’affaires dans les domaines viticoles

Comment améliorer encore l’impact économique de l’œnotourisme dans les domaines viticoles français ? Voici six pistes essentielles pour y parvenir, mises en lumière lors des rencontres nationales des Vignerons indépendants 2026 dans le Gard.

<em class="placeholder">tourisme viticole / oenotourisme / promenade familiale dans les vignes / randonneurs pédestres / parents / enfants</em>
Proposer des activités pour les enfants élargit l'offre et peut augmenter le panier moyen.
© P. Cronenberger

1. Élargir l’offre

Si le cadre et la beauté architecturale du domaine sont la première motivation à venir dans une exploitation viticole, proposer une formule « tout compris » (hébergement, activité, repas) arrive juste après. « Il est important de dépasser la visite du domaine seul, commente Bruno Jeanbart, vice-président d’OpinionWay. Associer dégustation et produits du terroir, par exemple, est très apprécié », poursuit-il, d’après les résultats de l’étude qu’il a conduite auprès de 1 052 personnes représentatives de la population française, à la demande des Vignerons indépendants de France.

« Plus l’offre est large, plus il y aura de ventes », rappelle Jean-Marie Cardebat, professeur d’économie à l’université de Bordeaux, qui conseille de proposer une gamme de plusieurs cuvées, mais également des produits pour les personnes qui ne boivent pas d’alcool ou même des services, des activités pour les enfants… Autant de propositions qui vont augmenter le panier moyen. Attention malgré tout, à rester dans l’optimum économique car élargir la gamme génère des coûts.

2. Calculer les marges

C’est le corollaire immédiat du point 1. Il ne suffit pas d’augmenter les gains, encore faut-il connaître les coûts pour ne pas trop dépenser : quelles compétences seront nécessaires à votre projet ? Quels investissements ? Combien d’heures par jour cela va-t-il occuper ? « Il est absolument nécessaire de commencer toute activité œnotouristique par le côté comptable », prévient l’économiste, qui cite en exemple un domaine italien situé sur le lac de Garde qui a investi plusieurs millions d’euros dans une activité réceptive, mais qui sait qu’il va capter une partie des 15 millions de visiteurs suisses, autrichiens et allemands attirés par ce haut lieu touristique.

3. Attirer davantage de monde

Comment ? En répondant aux cinq critères de choix prioritaires des touristes : le rapport contenu/prix de l’offre totale du domaine (durée du séjour, activités), la période (outre l’été, le printemps apparaît de plus en plus comme une période très favorable, tout comme l’automne, l’hiver semble peu envisagé), la réputation du domaine (ce qui se dit de vous, les avis), la localisation (une région où il y a autre chose à faire que la visite d’un domaine, une facilité d’accès), la taille du groupe (pas plus de 8 à 10 personnes).

Deux leviers peuvent être mobilisés pour atteindre cet objectif. Proposer une offre claire va constituer un élément de réassurance : « les clients potentiels ont besoin de savoir précisément ce qu’ils vont faire », souligne Bruno Jeanbart. L’usage de contenus « preuve », comme des retours de clients précédents, des vidéos, va renforcer cet effet rassurant.

4. Investir dans un CRM

Un logiciel de gestion de la clientèle (customer relationship management) est indispensable pour récolter les données, travailler la personnalisation et la fidélisation. « La filière est à la préhistoire par rapport à d’autres sur ce sujet », insiste Jean-Marie Cardebat. Ce logiciel peut même être connecté à des applications qui rendent la dégustation plus ludique. Deux intérêts : créer une ambiance moins intimidante et récupérer automatiquement des données.

5. Créer des expériences mémorables qui incitent au rachat

Selon une étude d’Hélène Méral et Benoît Faye de l’Inseec Bordeaux auprès de 1 485 œnotouristes, trois éléments concourent à la mémorisation de la visite et à la fidélisation : l’expérience liée au produit, le lieu et l’humain. L’autrice en tire plusieurs recommandations : créer de l’apprentissage, de la pédagogie autour de la dégustation, faire manipuler, comparer les vins dans un atelier interactif, montrer d’où vient le vin avec une visite des vignes…

Pour le lieu, elle préconise de soigner les points de vue et de créer un effet « wow », par exemple avec une table d’orientation dans les vignes. Enfin, générer des interactions humaines satisfaisantes peut passer par une personnalisation de l’accueil en mémorisant les prénoms des visiteurs, en facilitant les échanges entre les visiteurs, en privilégiant les petits groupes ou, pour ceux qui emploient les services d’une autre personne, en faisant une apparition, même courte.

6. Rester soi-même… ou trouver quelqu’un qui peut porter votre discours

La rencontre avec le vigneron ou la vigneronne figure dans le top 3 des motivations des œnotouristes. Il ou elle est la clé de voûte qui va déclencher l’émotion, la satisfaction, la fidélisation… et l’envie de racheter.

Avis d'expert

« Pour attirer une clientèle haut de gamme, construisez des partenariats »

Les clients haut de gamme veulent une expérience personnalisée, rare, avec une authenticité émotionnelle. Comment les attirer ? Les conseils de Jérôme Villaret, fondateur de l’agence Les pépites du Sud.

« Si vous n’êtes pas situé dans un terroir où viennent naturellement les visiteurs haut de gamme, les attirer va passer par la construction de partenariats avec des agences réceptives premium (comme la mienne !) ou les conciergeries des grands hôtels de la ville la plus proche, ou d’autres acteurs qui sont en contact avec cette clientèle.

<em class="placeholder">Jérôme Villaret, Les pépites du Sud</em>
Jérôme Villaret organise visites et séjours dans les vignobles du Sud de la France. © I. Aubert
La connexion peut aussi se faire grâce à votre visibilité sur les réseaux professionnels spécialisés. En Méditerranée, il existe de nombreux « petits » bateaux de croisières privées, dont les touristes peuvent être intéressés par une excursion. Nous avons, par exemple, emmené un petit groupe au-dessus de Collioure à vélo et déjeuné au milieu des vignes. Notre hôtesse vigneronne nous a parlé des orchidées locales qui étaient en fleur. Tout le monde était très satisfait par ce moment hors du commun.

Discrétion, sur-mesure et soin des détails

Ces expériences réussies permettent de cultiver le bouche-à-oreille, ce qui ne dispense pas de soigner sa réputation sur internet, en répondant en cas de mauvaise critique par exemple.

Attention, le haut de gamme a ses codes qu’il faut maîtriser : discrétion (pas de post sur les réseaux sociaux !), mais aussi sur-mesure, adaptabilité et soin des détails sont de rigueur. Accepter de personnaliser le programme sur demande, par exemple, peut ouvrir des portes. L’avantage est que lorsque l’on parle de personnalisation, on ne parle plus de prix, et la facturation peut récompenser les efforts réalisés. »

Retrouvez le témoignage de Jérémie Castor, vigneron au Château de Nabor à Cornillon dans le Gard

(lien à insérer)

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