Nouvelle-Aquitaine : des pistes de rationalisation se dessinent pour les caves coopératives de vinification
Les caves coopératives de Nouvelle-Aquitaine ont été auditées par des cabinets indépendants en 2025. Plusieurs pistes d’optimisation en sont ressorties pour faciliter la sortie de crise. Entretien avec Stéphane Héraud, président de la section vitivinicole de la Coopération agricole de Nouvelle-Aquitaine.
Les caves coopératives de Nouvelle-Aquitaine ont été auditées par des cabinets indépendants en 2025. Plusieurs pistes d’optimisation en sont ressorties pour faciliter la sortie de crise. Entretien avec Stéphane Héraud, président de la section vitivinicole de la Coopération agricole de Nouvelle-Aquitaine.
« D’ici les vendanges 2026, on devrait voir la mise en place d’actions concrètes », annonce Stéphane Héraud, président de la section vitivinicole de la Coopération agricole de Nouvelle-Aquitaine. Par actions concrètes, il entend des rapprochements ou fusions de coopératives, des fermetures de sites, des optimisations des centres d’embouteillage, ou encore des rationalisations des outils commerciaux.
80 % des surfaces couvertes par les caves de Gironde et Dordogne auditées
Ces pistes sont ressorties d’un audit régional réalisé courant 2025, en parallèle de l’audit national, par 4 cabinets d’expertise comptable et d’audit et piloté par Hervé Durand, membre du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) et ancien de la Draaf Nouvelle-Aquitaine. « Il s’agissait de réaliser une analyse financière des coopératives ayant accepté de participer à l’enquête », décrypte Stéphane Héraud. Et ce, dans le but de trouver des solutions face à la crise. Surface d’apport actuelle, surface arrachée, projections en termes de volume d’apport à moyen terme, rentabilité ou encore coûts de production ont ainsi été passés au crible pour plus d'une vingtaine de coopératives de Gironde et Dordogne. « Ce qui représente 80 % des surfaces et volumes des deux départements », pointe le président de la section vitivinicole. Cet audit a été financé à 70 % par la Région Nouvelle-Aquitaine et par la Direction régionale de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (Dreets), et à 30 % par les caves auditées. « Soit un montant de 1 500 à 3 000 euros par cave, selon la taille », note-t-il
Une piste intermédiaire se dessine
À l’issue de cet audit, des groupes de travail géographiques ont été mis en place, afin d’imaginer des plans d’action, présentés en janvier à la Préfecture. Dorénavant, la balle est dans le camp des coopératives, qui poursuivent leur travail de réflexion jusqu’à cet été. « Le but est de trouver des pistes intermédiaires entre le statu quo actuel qui est intenable, et le big bang qui consisterait à ne conserver que 3 coopératives et 2 centres d’embouteillage », poursuit Stéphane Héraud. La profession s’orienterait vers 7 à 8 fusions de caves, qui ont déjà débuté avec le rapprochement de la cave Les Marmandais et de celle de Gironde-sur-Dropt, le regroupement d’outils commerciaux et la fermeture de certains centres d’embouteillage. « Mais cela aura des coûts, prévient-il. Il faudra chercher des aides et des fonds de l’État. La ministre de l’Agriculture nous a demandé de présenter notre projet, en vue de voir si un financement serait possible. »
L’Occitanie pourrait emboîter le pas de la Nouvelle-Aquitaine, et obtenir la prolongation régionale du mandat d’Anne Sanders, membre du CGAAER ayant réalisé l’audit national.