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Mycoplasma hyopneumoniae, un diagnostic à élargir

Le laboratoire Boehringer Ingelheim souligne que la seule prévention vaccinale ne suffit pas pour combattre le Mycoplasma hyopneumoniae.

Le constat sur l’impact de la vaccination sur le Mycoplasma hyopneumoniae (M.hyo) et les agents viraux du complexe respiratoire porcin de Roselyne Fleury, vétérinaire et responsable technique porc Boehringer Ingelheim France, est sans équivoque : « Malgré un large usage de la prévention vaccinale contre le M.hyo, les lésions de pneumonie ont diminué, mais n’ont pas disparu de nos élevages. Il ne peut donc pas y avoir de plan de contrôle uniquement basé sur le vaccin », affirmait-elle, lors d’un symposium organisé par le laboratoire pharmaceutique à Rennes en novembre dernier. Il faut donc aller plus loin dans le diagnostic afin de mieux comprendre quels agents pathogènes sont impliqués dans les lésions pulmonaires et leur dynamique d’infection. Car la pneumonie enzootique sur le porc a un impact économique, qu’elle soit subclinique ou chronique. « Le contrôle abattoir qui n’évalue que les lésions pulmonaires récentes (deux derniers mois d’engraissement), sans voir les cicatrices, n’est pas suffisant. Des examens complémentaires doivent être réalisés afin d’en définir l’étiologie et ainsi mettre en relation les notes de pneumonie observées à l’abattoir avec la présence, ou la trace de passage d’agents pathogènes. » Même discours de la part de l’Américain Eduardo Fano, vétérinaire et responsable technique chez Boehringer Ingelheim, qui insiste sur la nécessité de penser chaîne d’infection pour prévenir la pathologie M.hyo. D’autant que Ioannis Arsenakis, vétérinaire et chercheur à l’université belge de Gand, a démontré lors d’une étude que l’efficacité de la vaccination contre le mycoplasme dépend du contrôle des autres pathogènes primaires du complexe respiratoire porcin. Eduardo Fano rappelle aussi qu’il ne faut pas oublier de penser chaîne de prévention : « Une cochette infectée M.hyo à son arrivée dans l’élevage, excrète le germe pendant 250 jours. Elle peut donc contaminer ses porcelets à la mise bas ».

L’histologie : l’outil qui décortique les lésions

Pour un meilleur diagnostic, la vétérinaire française préconise des outils d’analyse de laboratoire tels que la PCR associée à l’histologie, sous-utilisée en France. « Ce sont deux bons outils complémentaires dans le cas de lésions pulmonaires à l’abattoir. » La firme a d’ailleurs vérifié leur pertinence en contrôlant 7 774 poumons sur deux saisons (été et hiver). Résultat de l’étude : 90 % des échantillons présentaient bien des lésions histologiques compatibles avec le M.hyo. Mais seulement 30 % d’entre elles étaient causés par cet agent pathogène seul. Dans 70 % des cas, les lésions étaient dues à une association de germes (entre autres : M.hyo-SDRP : 24 % ; M.hyo-SDRP-PCV2 : 24 % ; M.hyo-PCV2 : 17 %), avec le constat que « plus il y a de germes associés aux lésions histologiques, plus la note moyenne de pneumonie augmente de manière significative statistiquement ». Ainsi, en associant le contrôle abattoir des poumons plus les analyses de laboratoire (histologie et PCR) à l’investigation du complexe respiratoire porcin, le diagnostic sera plus précis. D’autant que ce protocole rentre dans la démarche « 5 steps » (littéralement 5 étapes) préconisée par la firme et développée dans un premier temps contre la pathologie SDRP.

Méthode 5 steps : le combat par étapes

Cette méthode scientifique, développée en industrie et transposée à l’élevage, vise une amélioration continue du contrôle du M.hyo par étapes. La première est de se fixer des objectifs réalistes et mesurables entre le contrôle ou l’éradication du M.hyo. Ensuite, il s’agit de définir le statut actuel de l’élevage par un diagnostic afin de confirmer la cause de la pathologie respiratoire. Cela commence par l’observation clinique en élevage. « D’ailleurs, nous avons développé une application mobile standardisée pour comptabiliser la toux dans une salle et indiquer s’il y a une maladie respiratoire pouvant être causée par M.hyo », commente Ingrid Messager vétérinaire et responsable technique production porc Boehringer Ingelheim France. Puis, viennent les outils d’analyse (histologie et PCR) décrits plus haut. Concernant la PCR, en plus des tissus pulmonaires, les fluides oraux chez le porc en croissance et le mucus trachéo-bronchique chez les truies et les porcelets sont les autres matrices de prélèvement possibles. Les ganglions, les écouvillons nasaux, les chiffonnettes de nez et le sang-sérum ne semblent avoir aucun intérêt dans le cas du M.hyo. La troisième étape consiste à comprendre et identifier les facteurs de risques dont la colonisation au sevrage. « Cette étape est cruciale. Elle sert à élaborer les stratégies de contrôle M.hyo (étape 4) et à définir les objectifs du plan de contrôle ou d’éradication (étape 5) », prévient la responsable technique. Et de poursuivre : « Elle suppose une approche individuelle pour chaque élevage à travers les six variables de l’hexagone de l’écosystème porcin élaboré par Jean Pierre Tillon, fondateur de la station de pathologie porcine de Ploufragan : l’éleveur, l’animal, le bâtiment, l’alimentation et l’eau, la conduite d’élevage et le microbisme ».

Des agents pathogènes qui coûtent cher

Grâce à ses données collectées en interne, Boehringer Ingelheim a réalisé un tableau estimatif de l’impact économique de différentes infections sur le porc en croissance (actualisé en fin août 2018). Au vu des chiffres, le SDRP apparaît la pathologie la plus coûteuse, notamment à cause d’un taux de mortalité plus élevé. La pneumonie enzootique pénalise surtout sur les croissances. Son impact sur le GMQ serait de -30 g/j pour un coût de 2,39 euros par porc si elle est reste subclinique, et de -70 g/j pour 5,58 €/porc si elle est devenue chronique. Ainsi, pour un élevage type de 200 truies naisseur engraisseur produisant 5 000 porcs charcutiers par an, le laboratoire pharmaceutique calcule un manque à gagner sur une année pouvant aller du simple au double : de 10 000 à 21 950 euros pour une pneumonie subclinique et de 24 400 à 52 300 euros si elle est chronique.

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