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« Mon troupeau de blondes d’Aquitaine est homogène sur tous les postes d’indexation » : Éric Geoffroy, éleveur dans l’Eure-et-Loir

Lauréat du Sabot d’or pour la race blonde d’Aquitaine en 2025, Éric Geoffroy a choisi pour son troupeau de 40 vaches une conduite simple et tournée vers la rentabilité en engraissement. Arrivant en fin de carrière, il n’a plus de vaches indexées en dessous de 105 en IVMat.

« Je ne veux pas de vaches qui ne soient pas indexées à minimum 100 sur tous les postes. Il ne faut pas de point faible, et je me suis toujours basé uniquement sur les chiffres », résume simplement Éric Geoffroy, éleveur de blondes d’Aquitaine dans le Perche à Vieuvicq, en Eure-et-Loir, quand on lui demande comment il conduit la sélection de son troupeau. Il se montre quand même un peu indulgent sur la facilité de naissance, car ses vaches vêlent très bien de par leur gabarit et leur morphologie. Aujourd’hui, l’éleveur n’a plus de vache indexée en dessous de 105 en IVMat. Lait, qualités de race, docilité… tous les postes sont au niveau de l'élite de la race. « Je pourrais juste aller chercher un peu de progrès sur la couleur de la robe. »

L’éleveur a décroché le Sabot d’or de la race blonde d'Aquitaine en 2025 pour la deuxième fois, après un premier titre en 2021. « Partant d’un troupeau « moyen » acheté, j’ai bâti le mien en vingt ans en visant 70 à 80 % de veaux issus d’IA chaque année pour progresser plus vite. » Éric Geoffroy a aussi acheté pendant un temps quelques embryons tous les ans à Midatest à l’époque, puis à Auriva et à Gènes diffusion. Ils ont été posés sur des normandes. Les veaux femelles étaient élevés, et les veaux mâles engraissés. « J’ai gardé un seul mâle issu d’embryon. Son IVMat était de 125. Il a fait le rattrapage des IA et a aussi sailli quelques-unes des meilleures vaches. »

Jeunes bovins de 475 kg C à 13 mois

Le déclencheur de son choix pour la blonde d’Aquitaine, en 1995, est un travail de réflexion en groupe après la réforme de la PAC avec des agriculteurs de son département de toutes productions, animé par la chambre d’agriculture. « J’avais besoin de me remotiver, de fixer une nouvelle stratégie pour mon exploitation de polyculture-élevage. »

Les naissances se déroulent de septembre à novembre. Éric Geoffroy utilise un détecteur de vêlages et surveille toutes les naissances, même les très faciles sur vaches. Cette année a défié la statistique avec trois torsions de matrice, chose qui n’était pas arrivée une seule fois en trente ans. Pour la reproduction, le plan d’accouplement est concocté avec Origenplus et quelquefois l’éleveur fait des modifications. Les chaleurs sont détectées à l’œil, notamment le matin en arrivant. L’IVMat moyen sur ascendance paternelle a beaucoup progressé en passant de 106 à 119 entre 2020 et 2024. « Je peux utiliser des taureaux qui donnent des veaux assez gros et mes génisses vêlent toutes seules. »

Éric Geoffroy reste producteur de viande bovine. « Je vends juste quelques mâles pour la reproduction que je fais génotyper. Au printemps dernier, j’ai aussi commercialisé quelques génisses d’élevage, car je vais arrêter mon activité bientôt. » Les performances en engraissement sont excellentes. Les jeunes bovins partent à l’âge de 13 mois et ont donné des poids de carcasse de 475 kg de moyenne l’an dernier. Ils montent à 2,3 ou 2,4 kg/j de croissance. Avec des vêlages d’automne, ils ne sortent pas et commencent à être complémentés à l’âge de 2,5 mois. Les femelles sont toutes élevées jusqu’au vêlage. Les vaches de réforme sont engraissées pendant cinq mois et atteignent très couramment 700 kg C (moyenne 2024 toutes femelles : 657 kgC à un âge moyen de 5,1 ans). « Je fais aussi de la vente directe. Je faisais cinq bêtes par an il y a quelques années, maintenant deux suffisent. »

Les blondes d’Éric Geoffroy sont aussi très productives, avec un IVV moyen régulier comme un métronome : 363 jours en 2025, 378 jours en 2024, 379 jours en 2023 et 366 jours en 2022. « Les vêlages sont quand même étalés de quelques semaines cette année, probablement à cause d’un passage de FCO. J’ai vacciné et désinsectisé pour limiter les risques. » Le premier vêlage intervient à 3 ans. « En vêlage à 2 ans, je perdais du poids de carcasse sur les réformes, et je ne veux pas compliquer la conduite avec deux périodes de vêlage en faisant vêler à 30 mois », explique Éric Geoffroy.

Enrubannage de luzerne et RGI pour les vaches

Pour l’alimentation aussi, la simplicité est de mise. La ration des vaches est composée de 60 % d’enrubannage de luzerne et 40 % d’enrubannage de RGI, cette année complémentée avec 80 g de tourteau de soja. Pour les catégories d’animaux qui ont besoin de concentrés, Éric Geoffroy distribue à toutes le même mélange maison composé de 1/3 d'orge, 1/3 de blé et 1/3 de maïs grain passé au lamineur. Il achète un aliment complémentaire contenant du lin pour les jeunes bovins. « Je fais une bonne paille et mes animaux en mangent une certaine quantité. » Au pâturage, sur prairies naturelles, l’éleveur fait tourner deux lots de façon à toujours leur offrir une herbe jeune. « Je veux que mon troupeau soit rentable et simple à conduire », reprend Éric Geoffroy. Objectif plus qu’atteint, avec une production brute de viande vive qui était de 460 kg/UGB en 2024.

Fiche élevage

40 vêlages de blondes d’Aquitaine

20 ha de prairies pâturées et 12 ha de luzerne et RGI

120 ha de céréales

1,5 UMO dont 1 salarié

Camille Didiot, conseillère bovins allaitants et fourrages pour Copelva : « Le perfectionnisme a permis d'amener le troupeau à la pointe de la génétique »

<em class="placeholder">Camille Didiot, conseillère bovins allaitants et fourrages pour Copelva</em>

« Éric sélectionne ses animaux en se basant sur les chiffres et les résultats du contrôle de performance qui lui permet d’obtenir son BGTA (bilan génétique du troupeau allaitant) tous les ans. Toutes les femelles passent une fois à l’IA et son taux de renouvellement est élevé (44%) ce qui permet d’accélérer les performances génétiques. Les saillies naturelles sont faites à la main : chaque vache est amenée au taureau, ce qui permet de connaître la date exacte du vêlage. Pendant les vêlages, chaque vache est suivie de près. En plus des caméras et du détecteur de vêlage, les températures sont prises régulièrement, ce qui permet d’anticiper chaque vêlage afin d’y être présent. Cela permet d’avoir très peu de mortalité : pas plus d’un veau par an.

Éric ne jure que par l’enrubannage pour l’alimentation de ses vaches. Comme il aime le dire « je nourris mes vaches comme des laitières, il faut que ça fasse le lait ». Cette stratégie est payante puisqu’il arrive à des GMQ de 1,7kg sur les mâles et 1,5kg sur les femelles de la naissance au sevrage. » 

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