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Moisson 2026 : la qualité correcte des blés ne compense pas des rendements décevants voire très en retrait localement

Au 16 juillet, la récolte française de blé tendre est achevée ou en passe de l’être dans la plupart des régions. Les conditions sèches du printemps puis les canicules de mai et juin ont provoqué une baisse de rendement malgré un bon potentiel de départ en sortie d’hiver. Dans la plupart des régions, la qualité s’avère correcte pour prétendre à l’export et au débouché meunerie.

carte rendement du blé tendre en 2026 et évolution par rapport à 2025, par département
La baisse de rendement sur un an toucherait la plupart des principaux départements de production, tout particulièrement la Vendée et ceux de Poitou-Charentes (- 17 %), du Grand Est (- 9 %) et de Bourgogne-Franche-Comté (- 10 %), régions où les conditions de cultures ont été les plus défavorables, avec l’Occitanie.
© Agreste

Avec Christian Gloria

D’après les premières estimations d’Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture, la production française de blé tendre s’établirait en 2026 à 32 millions de tonnes (Mt), soit un recul de 4 % par rapport à 2025. La campagne 2026 est marquée par une grande précocité de la récolte liée aux deux canicules de mai et juin. Au 8 juillet, 59 % des surfaces ont été récoltées à l’échelle du pays, contre 16 % en moyenne lors des campagnes 2021 à 2025.

Un rendement moyen en blé tendre inférieur à 70 quintaux par hectare mais une qualité au rendez-vous

Le rendement moyen est estimé au 15 juillet à 69,3 quintaux par hectare (q/ha), inférieur de 5 q/ha comparé à 2025. Malgré tout, Agreste constate que la légère progression des surfaces de blé tendre (+ 3 % sur un an) permet de maintenir la production à un niveau proche de celui de l’an dernier (32,6 Mt). Autre fait marquant : si les rendements sont en recul, la qualité est, elle, globalement au rendez-vous. La nouvelle est bonne pour les organismes stockeurs mais ne changera malheureusement pas grand-chose aux résultats économiques qui s’annoncent « catastrophiques dans les secteurs de zones intermédiaires aux sols superficiels », prévient Benoît Piétrement, qui s’exprimait en tant que représentant de la filière céréales lors d’une conférence de FranceAgrimer.

Dans toutes les régions, les conditions de culture durant la dernière partie du cycle ont dégradé le rendement du blé tendre. La situation est très marquée en Vendée et en ex-région Poitou-Charentes où la sécheresse du printemps a entraîné des baisses de rendement allant de - 8 à - 30 % en fonction des secteurs. En moyenne, le recul est de 17 % par rapport à 2025 dans ce secteur.

Des rendements inférieurs de 30 % par rapport à la moyenne quinquennale en Charente-Maritime et Deux-Sèvres

Christian Cordonnier, directeur de Terre Atlantique (Charente-Maritime, Deux-Sèvres), indique qu’en blé tendre, les rendements qui arrivent à peine à 50 q/ha en moyenne, sont inférieurs de 30 % à ceux de 2025 et de 20 % à la moyenne quinquennale. Les grains sont petits, les PMG sont faibles. Par contre, en termes de qualité, « tout va bien ». Les teneurs en protéines sont hautes, supérieures à 12 %, les poids spécifiques (PS) sont bons, le taux d’humidité autour de 11 %.

Une récolte très précoce qui a souffert des deux canicules de mai et juin dans le Nord

Dans les régions plus tardives du Nord de la France, les canicules de mai et juin ne sont pas sans conséquences. Avec 10 à 15 jours d’avance, la récolte du blé tendre dans les Hauts-de-France va bon train avec plus de 60 % de surfaces moissonnées au 15 juillet. « Nous sommes un peu déçus, avec une moyenne de rendement autour de 90 q/ha contre 92 q/ha habituellement », explique Maxime Thuillier, directeur céréales de la coopérative Unéal (Nord, Pas-de-Calais, une partie de la Somme et de l’Aisne).

Les fortes chaleurs de fin mai ont nui au remplissage des grains, tandis que la deuxième vague de juin a achevé de les sécher. « Nous sommes en moyenne entre 11 et 12 % d’humidité, ce qui est exceptionnel dans notre région où l’on sèche le grain une année sur deux », rapporte le responsable. En lien avec les problèmes lors de la phase de remplissage, les PMG sont bas. La note est en revanche plus positive du côté de la qualité avec un taux moyen de protéines de 11,6 % et un PS à 80 pour la coopérative Unéal.

Des bons PS et bon taux de protéines dans le Calvados

Dans le Calvados, le second épisode de canicule courant juin a eu plus d’impact que le premier de fin mai. « Les variétés tardives qui étaient sur des grains encore au stade laiteux ont été impactées sur le remplissage des grains. Nous avons perdu en PMG, observe Vincent Marque, responsable agronomique de la coopérative de Creully (Calvados). La première canicule, arrivée au moment de la floraison, a eu un peu de conséquences sur le nombre de grains par épi. » Les récoltes se sont terminées à la mi-juillet dans le secteur alors, qu’habituellement, elle se prolonge jusqu’à début août. « Nous aurons 10 % de moins en rendement qu’en année moyenne, mais avec des bons PS et taux de protéines », précise Vincent Marque.

Les teneurs en protéines pêchent dans certains secteurs du Nord-Est

En Haute-Saône, sur cinquante exploitations suivies par la chambre d’agriculture départementale, le rendement moyen se situait à 66,6 q/ha. « Ce rendement correspond en gros à la moyenne de ces vingt dernières années et le situe entre 2024 (57 q/ha) et 2025 (71 q/ha) », précise Émeric Courbet, conseiller à la chambre. Les PS sont très bons, supérieurs à 80, mais les teneurs en protéines pêchent un peu (10,5 % en moyenne) à cause de périodes de sec assez longues au printemps qui n’ont pas favorisé l’assimilation de l’azote par les plantes.

Sur le territoire de la coopérative Cérésia (Aisne, Marne, Seine-et-Marne), Baptiste Blanche, son responsable collecte, indiquait au 8 juillet que la récolte était avancée à 45 %. « Nous avons de bons PS, en moyenne de 79. Mais il y a une grande disparité au niveau des protéines allant de 9 jusqu’à 12,5 %, voire un peu plus. Les rendements ne sont pas homogènes partout, mais ils sont globalement bons », assure le responsable.

Sur la collecte des blés de la Scara (Aube), la récolte a été hétérogène en rendement mais les résultats devraient être supérieurs à la moyenne 5 ans, avec un rendement moyen proche des 90 q/ha. « Nous avons des PS importants sur les blés, supérieurs à 80. En revanche, nous constatons des niveaux de protéines faibles à 11 % en moyenne, correspondant à la norme commerciale des blés », avance la coopérative dans un communiqué.

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