Méthanisation : que propose Solagro pour rendre l’activité « durable » ?
Solagro vient de publier une brochure présentant le rôle de la méthanisation pour la France hexagonale à l’horizon 2050, selon les scénarios Afterres2050 et négaWatt, et avance 17 propositions pour rendre l’activité « durable ».
Solagro vient de publier une brochure présentant le rôle de la méthanisation pour la France hexagonale à l’horizon 2050, selon les scénarios Afterres2050 et négaWatt, et avance 17 propositions pour rendre l’activité « durable ».
Dans une brochure qu’elle vient de publier, l’association Solagro présente le rôle de la méthanisation dans son scénario Afterres2050 et négaWatt. Selon Afterres, le parc de méthaniseurs en France pourrait atteindre le nombre de 8 000 unités d’ici 2050, avec un maillage réparti sur l’ensemble du territoire, de manière à permettre à 90 % des agriculteurs d’accéder à un méthaniseur à moins de 8 km de chez lui. Pour atteindre ce potentiel d’ici 2050, Solagro explique que le rythme de nouvelles installations devra s’accélérer en atteignant un rythme de 500 unités par an en France à partir de 2030, avant de diminuer à partir de 2040, au fur et à mesure que le réseau de méthaniseurs se complète. « La construction de 500 nouvelles unités par an n’est pas un enjeu majeur sur le plan industriel, si l’on se réfère au retour d’expérience de l’Allemagne » fait remarquer l’association.
Etablir une prime différenciée selon les intrants
Afin de rendre l’activité méthanisation « durable », soit compatible avec la notion d’agroécologie, tout en sécurisant la rentabilité financière des projets, Solagro émet 17 mesures parmi lesquelles une prime différenciée selon les catégories d’intrants, en fonction de leur intérêt et de leurs contraintes : effluents d’élevage, résidus de culture, CIVE, herbes de fauche, biodéchets. La prime pour les cultures dédiées reste nulle. Il est également proposé d’ajouter une prime au tarif d’achat du biométhane sous condition de financement participatif, avec preuve annuelle d’un maintien au capital social de la société.
Autre proposition : réserver le régime de la « déclaration » aux seuls projets de petite méthanisation, avec un de seuil de 10 t/jour, contre 30 t/jour actuellement et basculer en « enregistrement » les projets de méthanisation supérieurs à 10 t/jour. En parallèle, travailler avec l’administration pour optimiser l’instruction des dossiers « Enregistrement ».
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Aides régionales modulées
Solagro avance par ailleurs l’idée de conserver un cadre national commun pour l’accès aux aides à l’investissement, complété par des aides régionales modulées grâce à un système de notation prenant en compte des critères écologiques et sociaux. Il est à noter que pour garantir la solvabilité des projets auprès des banques, l’association propose un tarif d’achat garanti pour des sites inférieurs à 25 GWh/an et de moduler les CPB (certificats de production de biogaz) selon la taille des installations.
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