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[Météo] Le gel sera encore très grave cette année pour l’agriculture

Comme en 2021, le gel frappe depuis plusieurs jours des productions agricoles au développement végétal avancé après les températures élevées de février et mars. Après la nuit la plus froide d'un mois d'avril depuis 1947, l’arboriculture est la première touchée ainsi que certains cépages précoces pour les vignes.

De nombreux arboriculteurs et viticulteurs ont passé la nuit debout à tenter de protéger leurs cultures face au gel.
De nombreux arboriculteurs et viticulteurs ont passé la nuit debout à tenter de protéger leurs cultures face au gel.
© Compte twitter de Julien Denormandie

[Mis à jour à 12h25

Serge Zaka, agroclimatologue pour ITK, l’avait prévu sur reussir.fr dès lundi 28 mars : le cauchemar du gel de l’an dernier sur des cultures en avance après les températures très douces en février et mars est en train de se reproduire.

« Cela a tout d’une catastrophe agricole », a-t-il commenté ce matin sur BFM-TV évoquant des températures de -3 à -6°C sur la plupart des régions du Nord de la France, « ce qui correspond à des pertes de 50 à 100% de la production arboricole ou viticole ».

« Cette année, on va avoir des pertes extrêmement importantes, pour certains ce sera 70 à 80% de perte malgré le travail de précaution », a pour sa part avancé Christiane Lambert, présidente de la FNSEA sur Europe 1, poursuivant « ce sera encore très grave cette année ».

S’il est encore trop tôt pour faire un bilan, ITK fait part depuis trois jours des estimations de pertes dans un bulletin quotidien.

Les pertes estimées par ITK

  • Samedi 2 avril, ITK a annoncé des pertes de 20 à 35% pour la veille pour la production des fruits à noyau du Limousin nord dans les verges sans protection et de 0 à 15% dans le Centre-Ouest et le Centre Bretagne. Pour la viticulture, « à un stade de développement moins avancé que l’an dernier », ITK évoquait des risques de pertes « assez variables suivant l’altitude », de 20 à 70% si les vignes ne sont pas protégées, pour les cépages les plus précoces dans les régions du Beaujolais, du Dijonnais et de la Touraine.
     
  • Après une nouvelle nuit de gel, avec des records de froids observés pour le mois d’avril à Bergerac (-5,1°C), ITK annonçait le 3 avril pour les fruits à noyau : des pertes de 50 à 100% dans le Limousin, la région de Cognac, de Bordeaux et de Chablis pour les parcelles les plus exposées et des dégâts potentiellement importants sur les parcelles les plus exposées sur les Pays de la Loire et la Normandie.
    Pour la viticulture, ITK évoquait des pertes comprises entre 20 et 70% pour les cépages les plus précoces dans les régions de Chablis, du Pays de la Loire, du Cognaçais, du Sauternais, du Bordelais et du Minervois sur les parcelles les plus exposées et non protégées.
  • Pour la nuit du dimanche 3 au lundi 4 avril, Serge Zaka évoque sur twitter « une nuit dévastatrice », avec une nuit « plus froide que le cauchemar du 8 avril 2021 ». A ainsi par exemple été enregistré -4,6°C à Châteauroux, soit le record de froid depuis 121 années. Météo France parle même de la nuit la plus froide depuis 1947 pour un mois d’avril, avec des températures les plus basses enregistrées en Champagne, à -9°C. Dans son bulletin quotidien l'agroclimatologue estime les pertes à :
  • 50 à 100% : sur une large partie de la France avec de nombreux bassins de production (Cognac, Chablis, Pays de Loire, Centre, Bourgogne)
  • 20 à 50% : sur le Bordelais, la Normandie et le centre de la Bretagne.

Interrogé sur France inter, l’agroclimatologue a annoncé ce matin sur France inter, des dégâts potentiellement importants sur l’arboriculture et notamment les fruits à noyaux en Dordogne, dans le Cognaçais, au Nord de Bordeaux mais aussi en Touraine ou encore dans le Chablis. « En Dordogne et dans le Limousin, certaines parcelles ont tout perdu, avec un point noir sur la production de pêches, abricots, cerises, prunes et mirabelles, les pommes et les poires étant touchées dans une moindre mesure », a estimé Serge Zaka. Seul point positif par rapport au gel catastrophique de 2021 : « pour l’instant la vallée du Rhône est protégée par le vent. On croise les doigts pour la nuit qui vient », a-t-il poursuivi. Il rappelle comme l’an dernier que « ce n’est pas le gel qui est anormal mais les degrés excédentaires observés en février et mars, avec des températures relevées jusqu’à 20-25°C ».
 

La somme des pertes journalières importante

«  Contrairement à 2021 où les pertes ont été conséquentes en une seule nuit, les pertes journalières en 2022 sont disparates suivant les nuits. C’est la somme des pertes journalières qui en fera un évènement conséquent ! », note par ailleurs Serge Zaka.

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