Météo de Serge Zaka - Sécheresse hivernale : la pousse des céréales et prairies sévèrement ralentie dans le Sud
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Quels sont les impacts de cette sécheresse hivernale sur le début de la saison culturale ? A quoi s’attendre pour la suite ?
En janvier, un anticyclone persistant concerne le Maghreb, la Péninsule Ibérique et la France (voir la carte de la pression moyenne ci-dessous). Il n’est tombé aucune goutte de pluie sur de nombreuses régions du sud-est de la France. Février, le ciel reste désespérément bleu. La situation semble continuer jusqu’à début mars. Les perturbations passent sur le nord de la France (et plus largement sur le nord de l’Europe). A part le 14 février, il n’a pas ou très peu plu depuis fin décembre sur l’ensemble du sud-est de la France.
Cette sécheresse hivernale est remarquable voire exceptionnelle par sa durée. D’après Météo-France, elle n’est cependant pas inédite, même si quelques records de longueurs sont battus. Depuis 1958, ce type de sécheresse hivernale s’est produite (par exemples) : 4 fois à Toulon (40 jours en max en 2005) jusqu’à 7 fois à Marseille (54 jours en 1982-1983). La date de retour est d’en moyenne une fois tous les 10 ou 20 ans. Seules janvier 1993, 1983 et 2000 sont plus sèches que janvier 2022. Cette sécheresse hivernale deviendra inédite s’il ne pleut pas d’ici le 20 mars.
Depuis le 1er janvier, les déficits sont importants :
La cartographie des précipitations depuis le 1er décembre est parlante pour identifier la zone en sécheresse de surface.
Menace sur la production de fourrageCette sécheresse hivernale a - pour le moment - très peu d’impact sur l’agriculture puisque nous ne sommes pas encore dans le cœur de la saison culturale. Elle occasionne actuellement un retard du calendrier cultural (fertilisations, fauches, éventuellement semis si la durée s’allonge etc.) dans les zones indiquées par la cartographie ITK ci-dessous. Le niveau de la réserve utile du sol est assez faible pour une fin d’hiver : autour de 70% de remplissage à Montpellier par exemple pour une norme autour de 85% à 100%. Ce retard peut se rattraper, sans dégâts sur l’agriculture, s’il pleut suffisamment la première quinzaine de mars (au minimum 20 millimètres répartis).
Cependant, si la pluie ne revient pas d’ici la mi-mars, nous passerons d’un décalage du calendrier cultural à des pertes potentielles notamment sur la production de fourrages. D’autant plus qu’avec le réveil de la végétation et la hausse des températures, l’évapotranspiration va augmenter. Les dernières réserves du sol vont diminuer plus rapidement au mois de mars.
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Les précipitations sont également légèrement déficitaires sur le nord-ouest de la France. Mais ce déficit devrait, à priori dans l’immédiat, ne pas poser de problèmes pour la production agricole.
Si cette sécheresse continue de s’étendre en mars, elle aura de nombreux impacts :
Le niveau des nappes phréatiques était plutôt bon au 1er janvier sur le dernier rapport du BRGM. Mais, la sécheresse ne s’était pas encore installée. Nous n’avons pas d’informations quant aux évolutions depuis ; les données n’étant malheureusement pas actualisées.
Etant donnée la situation hydrique en surface, on peut s’attendre à une baisse du niveau des nappes phréatiques. Cette baisse devrait fortement s’accélérée à partir de la mi-mars si la pluie ne refait pas son apparition.
Dans les 8 prochains jours : il n’est pas prévu de pluies conséquentes sur les régions concernées. A partir du 3 mars, des situations plus favorables à la pluie se dessinent sur le sud-est mais la prévisibilité reste mauvaise et mal cernée.
Les scénarios majoritaires de prévisions saisonnières s’orientent vers le sec et doux. Mais il faut les considérer avec précaution. Ce n’est qu’une tendance. Pour l’été, rien n’est joué. Tout dépendra des précipitations printanières, la situation agroclimatique est encore rattrapable.
Carte des cumuls de pluie prévus jusqu’au 4 mars (modèle européen de l’ECMWF) :
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