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Maraîchage et arboriculture : sensibiliser ses salariés au secourisme

Des formations et sensibilisations au secourisme au travail peuvent être organisées sur les exploitations maraîchères et arboricoles, comme celles de Cap’Avenir dans le Nord et le Pas-de-Calais.

<em class="placeholder">Lors d&#039;une formation au secourisme organisée par l&#039;association Cap Avenir, deux personnes pratiquent un massage cardiaque sur un mannequin. </em>
Identifier un arrêt cardiaque, faire un massage cardiaque et utiliser un défibrillateur font partie des bases abordées lors des formations et sensibilisations au secourisme dans les exploitations maraîchères et arboricoles.
© Cap'Avenir

Dans le Nord et le Pas-de-Calais, l’association Cap’Avenir, créée il y a plus de vingt ans par des administrateurs de la MSA, propose aux agriculteurs deux types d’animations sur le secourisme au travail : une sensibilisation d’une demi-journée et une formation certifiante sur deux jours de Sauveteur secouriste du travail (SST).

De manière générale, il s’agit de donner les bases du secourisme. « Sécuriser la victime avant l’arrivée des secours et passer l’alerte de manière claire, liste Nicolas Lièvre, responsable de l’association, reconnaître un arrêt cardiaque, réaliser un massage cardiaque, utiliser et désacraliser les défibrillateurs (DAE), mettre une personne en position latérale de sécurité (PLS) ou encore arrêter une hémorragie. »

Une sensibilisation pour toute l’équipe

La sensibilisation est une animation non certifiante proposée sur 3 h 30. « C’est un module pratique, sans théorie, décrit Nicolas Lièvre. On y parle beaucoup de l’utilisation du défibrillateur, de massage cardiaque, de PLS… On peut la faire dans le verger ou dans un hangar, sans le formalisme de la formation professionnelle. » Elle coûte 590 euros pour le groupe, sans aide mobilisable.

Emmanuel Dalle, qui exploite 27 hectares de poiriers et pommiers à Saulty dans le Pas-de-Calais, a organisé une telle formation via Cap’Avenir pour ses équipes, l’an dernier. « Cela dédramatise tout ce qui peut arriver dans l’exploitation, décrit l’arboriculteur, que ce soient des chutes, arrêts cardiaques, grosses plaies… » Il a également demandé au formateur d’aborder ce qui peut toucher ses salariés dans leur vie personnelle et familiale, « par exemple un bébé qui s’étrangle ».

Résultat : des apprenants très satisfaits. Le groupe accueillait quelques salariés d’autres fermes. « C’est l’occasion d’échanger sur ce que chacun a mis en place, pour s’inspirer », se félicite-t-il. Parmi les bonnes pratiques qui gagneraient à se déployer ? Investir dans un défibrillateur automatisé externe (DAE). « Ce n’était pas obligatoire mais j’en ai acheté un, pour 1 500 ou 2 000 euros, à une époque où ma commune n’en avait pas, se souvient-il. Des achats groupés permettent sans doute des prix moindres. » Et dans le verger, ses salariés sont toujours en binôme, jamais seuls, « au cas où il arriverait quelque chose ». À noter qu’une sensibilisation similaire est proposée par Cap’Avenir dans les Esat agricoles auprès de salariés en situation de handicap.

En plus des salariés sensibilisés, les Vergers de Saulty comptent deux salariés dits « SST », c’est-à-dire certifiés Sauveteur secouriste du travail (voir encadré). « Étant labellisés Global Gap, nous devons avoir un salarié SST, explique Emmanuel Dalle. Mais il ne faut pas voir cela comme une contrainte, c’est un atout ! »

La formation SST de 14 heures

La certification nationale de Sauveteur secouriste du travail (SST) s’obtient à l’issue d’une formation de 14 heures, valable 24 mois. Elle n’est pas spécifique au monde agricole, mais les formateurs s’adaptent à leur public, avec des cas concrets. « En fruits et légumes, les mises en situation peuvent par exemple porter sur les hémorragies, avec du faux sang et des fausses plaies, car les salariés utilisent souvent des objets coupants », détaille Nicolas Lièvre. La formation se déroule sur l’exploitation, par groupe de quatre à dix personnes. D’un coût de 1 310 euros pour le groupe (tarif plus élevé en cas de groupe interentreprises), elle peut, pour les salariés, être cofinancée à 50 % par l’opérateur de compétences Ocapiat, via le dispositif Boost Compétences. Reste à payer le salaire habituel de chaque salarié pendant la formation. Pour les chefs d’exploitation, elle peut être financée à 100 % par Vivéa, le fonds d’assurance formation des actifs non-salariés agricoles. Tous les deux ans s’ajoute la journée (7 heures) de maintien et actualisation des compétences (MAC), nécessaire pour conserver la certification, à 810 euros. La formation SST est dans certains cas obligatoire (ex. : article R4224-15 du code du Travail relatif aux « travaux dangereux »). La liste des organismes de formation habilités, par région, est téléchargeable sur le site de l’INRS, l’institut national dédié à la sécurité et santé au travail.

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