Maraîchage : « Avec le robot OZ, c’est comme si on était deux à temps plein »
Florian Lemercier, maraîcher en agriculture biologique, a acquis un robot OZ de Naïo dès son installation. Un choix qui le libère en grande partie du désherbage.
Florian Lemercier, maraîcher en agriculture biologique, a acquis un robot OZ de Naïo dès son installation. Un choix qui le libère en grande partie du désherbage.
« Je ne reviendrai pas en arrière », lance Florian Lemercier, maraîcher en agriculture biologique, à propos du robot électrique OZ de Naïo. Installé dans la Sarthe, au Grand-Lucé, en tant que paysan-maraîcher, il a créé la Ferme de la petite Lucette en mars 2023, dans le cadre d’une reconversion. Il cultive 1 hectare de légumes en plein champ et 1 200 m2 sous tunnel. Il commercialise ses légumes à 90 % en vente directe, sur les marchés et un peu à la ferme. Il fournit aussi sept à huit cantines scolaires.
« J’ai vu le robot OZ en action chez le maraîcher Denis Besson où j’étais en stage et ça m’a convaincu », retrace Florian Lemercier. Ce maraîcher partant à la retraite, il lui a proposé de racheter le robot. Un investissement de 15 000 euros hors taxes, moitié moins cher que du neuf. S’y ajoute un abonnement de 200 euros par mois couvrant le RTK, la connectivité de la machine via une application et un accès à distance, une licence de cartographie ainsi qu’une hotline dédiée au support technique.
Une force de travail à disposition
Sa première motivation était de se libérer du temps. « J’ai deux enfants en bas-âge, je voulais pouvoir m’en occuper, avoir du temps pour moi et ma famille », confie-t-il. Il peut ainsi notamment être actif dans l’association des parents d’élèves.
Autre préoccupation, la pénibilité. « À 40 ans, il faut s’économiser », plaisante-t-il. En discutant avec des maraîchers en bio proches, il est conforté dans son choix. « Sur une saison, je dois faire au maximum 50 heures les grosses semaines mais j’ai des collègues en bio qui ont les mêmes surfaces que moi et vont faire 70 à 80 heures, compare-t-il. Lorsque je travaille sur une parcelle, le robot désherbe à côté. C’est comme si on était deux à temps plein. » Le robot est autonome pour travailler pendant 7 à 8 heures. Un équivalent de main-d’œuvre que le maraîcher n’aurait pas pu recruter et surtout financer. « Je n’aurais jamais pu embaucher quelqu’un. Je ne pourrais pas me payer dans ce cas », insiste-t-il. Un autre atout souligné par le maraîcher est qu’à la différence du tracteur, OZ travaille en silence.
Le désherbage, sa mission numéro 1
Grâce au guidage GPS RTK, OZ intervient dès la plantation pour tracer des rangs et des sillons impeccablement droits, sur le terrain préparé par le tracteur. Florian Lemercier ne l’utilise pas pour semer car, comme il fait de petites séries, ce n’est pas une tâche chronophage. Le robot passe ensuite pour recouvrir le sillon de plantation. Florian Lemercier ne paille pas ses cultures.
Le maraîcher a requis la précision de traçage d’OZ pour installer ses tunnels, dessiner les haies fruitières qu’il a déployées entre certaines parcelles (80 arbres plantés l’an dernier, 50 cette année), ou encore pour installer l’irrigation. « Ce sont des petites choses que l’on fait en cinq minutes avec OZ et qui sinon prennent beaucoup plus de temps », apprécie-t-il.
Chez Florian Lemercier, le désherbage représente 80 % du temps de travail d’OZ. Il peut intervenir en prélevée car il sait exactement où sont les graines mais aussi quand le légume est développé car un parefeuille sur le côté pousse le feuillage. « Attendre pour le faire passer, c’est le piège la première année, prévient le maraîcher. Lorsque les adventices sont trop levées, on doit passer à la main. »
Tristan Dubreuil, référent technique chez Naïo, a aidé Florian Lemercier, maraîcher au Grand-Lucé, à prendre en main le robot OZ.
Prendre en compte les contraintes du robot
L’autonomie d’OZ se base sur la cartographie. Pour créer un parcours de travail, on enregistre le point de départ et le point d’arrivée. OZ trace la ligne et la reproduit selon l’écartement souhaité. Il est au minimum de 70 cm mais Naïo conseille 80 cm sachant que le robot est large de 68 cm. « On laisse six centimètres de chaque côté en marge de manoeuvre. Chez certains utilisateurs on va travailler à trente-trois centimètres d’inter-rang, ce qui permet de repasser roue dans roue en enjambant une culture. C’est possible lorsque la culture peut plier sans risque », commente Tristan Dubreuil, référent technique chez Naïo.
Florian Lemercier a discuté de l’implantation de ses parcelles dès son installation avec Tristan Dubreuil. « On a dessiné l’implantation des parcelles pour que ça convienne à Florian et au robot », résume le conseiller. Le maraîcher a opté pour la simplicité et a standardisé l’écartement des rangs. Il a mis en place des blocs de 25 m sur 50 m, sachant qu’il dispose d’un terrain bien plat de 5 ha. Chaque bloc est composé de 32 rangs distants de 80 cm. « Les poireaux sont implantés à 80 cm alors que les rangs pourraient être distants de 30 cm », détaille-t-il. Il a sans problème pu intégrer les tournières de 3 mètres nécessaires pour les demi-tours. Tristan Dubreuil signale que des demi-tours sur un espace restreint forcent la mécanique. « Les réducteurs des moteurs seraient trop sollicités et ça pourrait générer de la casse sur le long terme », détaille-t-il.
Certains utilisateurs ont leur système de cartes déjà en place et le réutilisent d’une année sur l’autre. C’est le cas de Florian Lemercier. Pour d’autres, des modifications doivent être effectuées tous les ans. « Ce service peut être fourni par le concessionnaire ou Naïo au travers de l’abonnement, sinon l’utilisateur averti peut, après formation, être aux commandes de son parcellaire », précise Tristan Dubreuil.
Comprendre sa logique pour maximiser son usage
Les missions confiées à OZ se gèrent via l’application Naïo Companion installée sur smartphone. On choisit la tâche à réaliser, on indique l’outil utilisé dont le réglage est enregistré, si OZ doit tourner à droite ou à gauche en bout de rang, on surveille son avancement… « C’est intuitif », rassure Florian Lemercier. On peut enregistrer le trajet d’OZ de son lieu de stockage aux parcelles ou le guider jusqu’à son lieu de travail. « Le robot avance de 0,1 à 1,8 km/h en désherbage », annonce Tristan Dubreuil. Florian Lemercier le fait évoluer en moyenne à 1 km/h. En trois heures, OZ désherbe les 32 rangs d’un bloc de 25 x 50 m.
Le maraîcher n’a pas eu de difficultés à appréhender OZ, que ce soit la fixation des outils ou la compréhension de l’appli. Pour le prendre en main, il avait contacté Naïo sur le stand du Sival. Rendez-vous a été pris pour mettre en place l’utilisation. Progressivement, chaque utilisateur appréhende le potentiel de la machine pour l’utiliser au mieux. Pour inspirer ses clients, l’équipe de Naïo s’efforce de partager des usages développés par les utilisateurs. Florian Lemercier estime avoir bien trouvé ses marques avec OZ. Il pense lui confier une mission supplémentaire, celle de tracter les caisses lors des récoltes en l’équipant d’une remorque.
Il constate qu’OZ ne nécessite pas d’entretien particulier. La pièce la plus fragile est le câble qui relie la précieuse antenne GPS à la machine. « Il ne faut pas vouloir enlever l’antenne pour la stocker ailleurs », insiste Tristan Dubreuil. La connectivité risque de s’altérer. Il arrive qu’OZ cale sur un cailloux ou un sol trop humide dans lequel il va patiner. Si la machine n’arrive pas à se sortir de cette situation au bout de 20 minutes, une alerte d’arrêt est envoyée via une notification téléphonique. L’équipe de Naïo peut identifier une panne à distance.
Florian Lemercier aurait-il acheté un robot neuf s’il n’avait pas eu accès à une occasion ? Il répond par l’affirmative. Il aurait augmenté le prêt global qu’il a contracté pour s’installer.
Investir dans du neuf ou de l’occasion ?
Tristan Dubreuil souligne que si la version du robot est ancienne, il faudra investir en plus pour le remettre à niveau (intégration de l’appli, batteries, roues jumelées, masses adaptées, outillage…). Ce n’est donc pas forcément intéressant financièrement. « Un rééquipement peut dépasser 5 000 euros et les deux batteries de plus de huit ou dix ans seront à remplacer », expose-t-il. En deux ans d’utilisation, la batterie est d’ailleurs le problème principal qu’a connu l’OZ de Florian Lemercier. Les deux batteries 12 V étaient d’origine. Il leur a trouvé des remplaçantes sur internet pour 500 euros. Cette panne l’a conduit à être dépassé par le désherbage sur trois rangs de poireaux. En faveur du neuf, l’opportunité de décrocher des aides à l’investissement, par exemple dans le cadre du PCAE. Actuellement, 250 OZ sont en service. Neuf, un robot OZ est vendu 35 000 euros HT.
Caractéristiques
4 roues motrices
2 batteries 12 V, capacité 2,4 kwh
Autonomie de 8 h, charge en 6 h
Largeur 0,44 m, 0,62 m si roues jumelées
Longueur 1,30 m
Hauteur 0,83 m
Masse hors outils 160 kg
Avancement 0,1 à 1,8 km/h
Capacité de relevage 60 kg
Nombre d’outils possibles : plus de 35