Maire et éleveur laitier : « Être maire, c’est comme gérer une ferme », dans le Pas-de-Calais
Jean-Noël Voiseux, polyculteur-éleveur, est aussi maire de sa commune de Fleury, dans le Pas-de-Calais. Deux activités dans lesquelles l’éleveur laitier trouve des points communs et où les compétences sont transposables.
Le 15 mars prochain, Jean-Noël Voiseux, polyculteur-éleveur, briguera un quatrième mandat de maire de la commune de Fleury, dans le Pas-de-Calais. Une aventure commencée en 2001 en tant que premier adjoint, suivi de trois mandats de maire de cette commune de 120 habitants. En 2026, il se lance pour son dernier mandat, au terme duquel, il prendra également sa retraite d’agriculteur : un métier qui lui a permis d’acquérir des compétences indispensables pour la gestion d’une commune, assure-t-il.
Un esprit d’entrepreneur en agriculture comme à la mairie
« Pour gérer une commune, comme en agriculture, il faut avoir un esprit d’entrepreneur », confie Jean-Noël Voiseux. Un point de convergence entre ses deux casquettes identifié par l’éleveur : porter des projets, mais aussi gérer la paperasse qui les accompagne. Le premier mandat a été marqué par la rénovation de l’église, fermée depuis plusieurs années ; le deuxième, par le renforcement des dispositifs de sécurité incendie ; et le troisième par la rénovation de la salle communale. Des projets de plusieurs centaines de millier d’euros nécessitant d’importants dossiers administratifs et de demandes de subventions. « Sur une exploitation, nous sommes amenés à réaliser ses procédures pour nos projets, détaille l’éleveur. Avoir ces compétences est un atout dans la gestion d’une commune ».
Mutualiser les compétences en Cuma ou au sein de la communauté de communes
Travailler ensemble : un autre point de convergence pour Jean-Noël Voiseux. « En agriculture, on mutualise le matériel au sein des Cuma et la main-d’œuvre pendant les périodes d’ensilage par exemple, illustre-t-il. Pour une commune comme la nôtre c’est pareil ». Fleury fait partie de la communauté de communes du Ternois. Elle bénéficie d’un secrétaire de mairie quelques heures par semaine ainsi qu’un service d’entretien des espaces verts. « Nous pouvons avoir des personnes compétentes et formées que nous ne pourrions pas nous offrir seul », conclut le maire de Fleury. Le regroupement avec d’autres communes, « enjeu majeur pour nos communes rurales », sera au cœur des discussions du prochain mandat.
Avoir de la patience
Sur une exploitation, les projets ne se font pas du jour au lendemain. « Dans une mairie, c’est pareil. On ne règle pas les problématiques ou les conflits en un claquement de doigts. Il faut être patient. » Une qualité importante pour mener à bien les fonctions de maire et d’agriculteur, au même titre que l’écoute.
Maintenir les terres agricoles
Pour une commune rurale comme Fleury, le revenu principal provient du foncier. Certaines installations comme des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques permettraient d’augmenter les revenus. Pour Jean-Noël Voiseux, avoir des personnes issues du milieu agricole dans le conseil des communes peut permettre de garantir le maintien des terres et des activités agricoles.
Surreprésentation des maires agriculteurs
Selon le répertoire national des élus (RNE), les agriculteurs représentent 11,6 % des maires élus en 2020. Un chiffre important quand on compare avec la part des agriculteurs dans la population active (0,8 %). Malgré cette présence des agriculteurs parmi les maires, leur nombre est en baisse ces dernières années : ils étaient 39,5 % en 1977 et 13,4 % en 2014. En prenant en compte les salariés agricoles et les agriculteurs retraités, le nombre de maires issus du monde agricole atteint 17,7 %. Cependant, ils ne représentent qu’une faible proportion de la population puisque la majorité d’entre eux sont à la tête de municipalités de moins de 500 habitants.