Aller au contenu principal

Salon de l’agriculture : la tentation du boycott fait débat

Faut-il boycotter ou non le salon de l’agriculture 2024 pour marquer les esprits ? Le débat agite actuellement les discussions au sein du monde agricole sur les réseaux sociaux. 

Pavillon 1 au salon de l'agriculture 2022
© Céline Kopp

Alors que la colère monte chez les agriculteurs en France, depuis quelques jours une idée fait débat au sein du monde agricole sur les réseaux sociaux : faut-il boycotter le salon de l’agriculture 2024 pour marquer les esprits ?

Lire aussi : Colère des agriculteurs : comment le gouvernement essaie d’éteindre l’incendie ?

« Il faut boycotter le salon, le retentissement serait énorme »

Sur X (ex-réseau twitter), plusieurs agriculteurs appellent à boycotter les allées du salon. Comme Cédric Viallemonteil, éleveur dans le Cantal, qui déclarait le 20 janvier « il faut boycotter le salon pas d’agriculteurs présent c’est la meilleure solution le retentissement serait énorme ». Message retweeté près de 900 fois et liké plus de 2000 fois.

Un message également véhiculé par Jérôme Bayle, éleveur et figure montante du blocus de l’autoroute A64 qui se dit être prêt à monter sur Paris, boycotter le salon de l’Agriculture et bloquer la capitale.

Lire aussi : Colère des agriculteurs : la pression va monter avant le salon de l’Agriculture

« Boycotter le salon reviendrait à se boycotter soi-même »

L’idée a été relayée par l’ex-maraîcher et syndicaliste agricole Jean-Paul Pelras qui a relancé l’idée du boycot de l’évènement « pour marquer les esprits » sur X. 

Une idée rejetée par Jérôme Despey, vice-président de la FNSEA, et candidat pour prendre la présidence du Ceneca, co-organisateur du salon de l’agriculture, à la suite de Jean-Luc Poulain. « Boycotter le salon reviendrait à se boycotter soi-même, à boycotter la chance de vendre des produits du terroir, de montrer les plus beaux animaux, de se serrer les coudes devant 600 000 personnes pour défendre nos filières et nos productions », répond le représentant syndical agricole sur X.

Une « fausse bonne idée qui sert à rien »

Etienne Fourmont, éleveur laitier, alias Agriyoutubeurre, sur les réseaux, estime aussi que « boycotter le salon de l’agriculture » est « une fausse bonne idée qui sert à rien ».

« Salon vide = ben salon vide, deux jours dans les médias et merci au revoir. Salon plein = 9 jours de couverture média, des centaines d’interviews d’agri qui pourront exprimer leur difficulté », argumente l’agriculteur influenceur.

La salon de l’Agriculture affiche sa solidarité aux agriculteurs mécontents

Le débat est tellement vif sur les réseaux sociaux que le Ceneca et Comexposium ont diffusé le 20 janvier un communiqué sur les réseaux sociaux pour afficher la solidarité du salon international de l’agriculteur avec les « paysans français » qui « disent leur trop plein de tout en manifestant ».

« Depuis 60 ans, dialogues et débat sont le lot de chaque édition. Dans une tradition bien ancrée, la parole se prend au salon et se rencontre l’ensemble des acteurs pour lesquels le salon est le bon endroit pour faire avancer idées, initiatives et autres causes nécessaires et vitales », poursuivent les organisateurs. « Depuis 60 ans, le salon reçoit des milliers d’exposants, agriculteurs ou structures, des milliers de visiteurs ; ce sont autant de chances de se faire comprendre ou de se comprendre », font-ils valoir.

Lire aussi : Salon de l’agriculture 2024 : mode d’emploi

Les plus lus

Bovin de profil présentant des nodules sur la peau, signe clinique de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC).
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : deux nouveaux foyers détectés en Sardaigne

Deux foyers supplémentaires de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) ont été détectés le 14 et le 15 avril en…

Les drapeaux européens devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles.
PAC 2028-2034 : vers la fin de « l’exception agricole » dans le budget européen ?

Auditionné le 7 avril au Sénat, Agriculture Stratégies a présenté une note datant du 23 février sur la PAC 2028-2034, et en…

Machine agricole d’une ETA en pleine recharge de GNR
ETA : « Le coût du GNR représente 13 à 20% de notre chiffre d’affaires, on ne peut pas amortir une hausse du prix du gazole de 90% »

La hausse du prix du gazole non routier touche très fortement les entreprises de travaux agricoles qui se voient contraintes…

Agriculteur remplissant de GNR le réservoir de son tracteur
Crise du GNR agricole : comment bénéficier de l’aide de 15 centimes d’euros par litre pour le mois de mai ?

Le gouvernement vient de préciser les modalités pour bénéficier des différents dispositifs de soutien aux agriculteurs pour l’…

unité de biométhanisation
Biométhane : la filière s’inquiète d’un report de la publication de la trajectoire CPB, un milliard d’euros d’investissement en souffrance

Face aux craintes d'un nouveau report de la publication de la trajectoire de restitution des certificats de production de…

  Bâtiment d’élevages de volailles dans les Côtes d’Armor
Projets de bâtiments d’élevage (ICPE), d’irrigation (IOTA) et de méthanisation : un décret pour accélérer les contentieux en matière environnementale

Un décret publié ce matin au journal officiel vise à accélérer les contentieux contre certains projets agricoles et notamment…

Publicité