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Lentille verte du Puy AOP : les raisons d’espérer en 2022

Après deux campagnes passablement catastrophiques, la filière Lentille verte du Puy AOP reprend des couleurs cette année dans un marché intérieur porteur porté par la restauration commerciale. Si le consommateur s’intéresse aux qualités nutritionnelles du produit, communiquer sur sa praticité et sur les façons de la cuisiner (tout comme les autres légumineuses) est essentiel.

Comme dans un tour de plaine, Antoine Wassner, président de Sabarot (à gauche) en compagnie de Franck Rocher, producteur et président de l’ONG Lentilles vertes du Puy-en-Velay.
© Philippe Gautier-FLD

Emblématique pour le consommateur, la lentille verte du Puy n’en a pas moins connu deux années particulièrement difficiles. Les aléas de la météo ont très largement entamé les récoltes en 2020 et 2021, au point que certains producteurs se sont posé la question de la continuité de cette culture. Pourtant, des signaux – une consommation en progression, des aides – pourraient apporter un peu d’espoir.

 

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Un certain retour à la normale

Franck Rocher exploite 38 hectares de culture de lentilles vertes (sur 200 ha au total) à Siaugues-Sainte-Marie (Haute-Loire) : « Nous allons récolter en avance cette année. Ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose après les deux années que nous venons de vivre et avec les évolutions violentes du climat en ce moment. La lentille, c’est 120 jours de pousse, mais une dizaine de jours de stress pour la plante et c’est le rendement qui chute ».

Le président de l’ONG Lentilles vertes du Puy-en-Velay commercialise l’essentiel de sa production chez Sabarot (sauf un ou deux hectares en commercialisation directe). Les conditions de culture ayant été plutôt propices, il espère pouvoir atteindre un rendement 10 quintaux à l’hectare. Cette année, la filière espère atteindre les 30 000 tonnes. Pour mémoire, seulement 20 % des volumes habituels avaient été récoltés en 2021.

Légumineuses :  un marché porté par la lentille et le pois chiche

Avec une production multipliée par 2 en 5 ans (17 000 ha en 2015, 34 900 ha en 2021), la France est aujourd’hui quasi autosuffisante en culture de lentilles. Passée de quelques centaines d’hectares à la fin des années 90 à 19 100 ha en 2021 pour une production d’environ 30 000 tonnes, la production de pois chiche est aujourd’hui à même d’entretenir un flux à l’exportation (10 000 t à 15 000 t/an). D’autres catégories sont en devenir comme la famille du haricot : si les produits traditionnels (coco de Paimpol, lingot, flageolet) sont légèrement en baisse, certains autres, comme le coco noir ou le haricot japonais azuki profitent de l’engouement de la restauration. Source : Terres Univia.

Des aides à l’hectare

La production de lentilles vertes dans la région a été favorisée ces dernières années, en étant incluse dans les surfaces d'intérêt écologique (SIE) développées par l’Europe. Si ce n’est plus le cas en 2022, elle en a gardé une gestion raisonnée des cultures. De plus, la nouvelle PAC prévoit des aides de 100/ha pour le développement des légumineuses. « C’est une bonne chose, considérant que la lentille n’a pas été inscrite dans le « plan protéine » français, souligne Franck Rocher. De plus, la région Auvergne-Rhône-Alpes déploie à partir de cette année un plan de développement des productions sous signe de qualité sur trois ans : une aide de 200 €/ha est octroyée pour le maintien ou le développement des surfaces. La lentille verte du Puy et celle de Saint-Flour sont concernées ».

 

 

Contractualiser, une nécessité vitale

Sabarot est un opérateur de poids dans la commercialisation de la lentille verte du Puy. Son président, Antoine Wassner, considère que la lentille, comme les autres légumineuses, pourraient avoir plus de place : « Les Français méconnaissent les légumineuses. Beaucoup de personnes ne savent pas trop comment les cuisiner et en sous-estiment la diversité, comme les qualités nutritives et gustatives. Et pourtant, on voit bien que la tendance est favorable à ces produits, la restauration gastronomique s’en est emparée par exemple, explique-t-il. Nous aurions la possibilité de vendre plus, la France est loin derrière d’autre pays comme l’Italie ou le Royaume-Uni en termes de consommation ».

Pour Antoine Wassner, la contractualisation avec les producteurs est une nécessité vitale : « Nos contrats courent sur un an, à hauteur d’environ 2300 à 2400 € la tonne, mais dans une relation de proximité. Cela est nécessaire pour assurer le maintien de la production, l’approvisionnement du marché national mais aussi assurer des flux à l’exportation. »

Une campagne de promotion qui vise tous les publics

Terres Univia, l’interprofession des huiles et protéines végétales, la FNLS, Fédération nationale des légumes secs, la FIAC et Interfel ont lancé une grande campagne de promotion des légumineuses auprès des jeunes. Ayant démarré le 10 février, lors de la Journée internationale des légumineuses, elle est co-financée via des fonds France Relance dans le cadre de la Stratégie nationale en faveur des protéines végétales et du programme national pour l’alimentation 2019-2023. Le principal message est de consommer des légumineuses au moins deux fois par semaine, comme établi par le Plan National Nutrition Santé.

Les professionnels de la restauration collective sont visés par cette campagne : selon l’étude menée en 2019 par Marie-Benoît Magrini et Hugo Fernandez-Inigo, chercheurs au laboratoire Agroécologie Innovation et Territoires (INRAE Occitanie-Toulouse), 59 % des établissement les proposent moins de deux fois par semaine. Et pourtant, 79 % des professionnels interrogés voient les légumineuses comme des produits intéressants et innovants.

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