Aller au contenu principal

Guerre en Ukraine : la Tunisie s’inquiète pour ses approvisionnements en céréales

Un Think Tank tunisien vient d’évaluer l’impact que pourrait avoir la guerre en Ukraine sur l’économie du pays. Les conséquences de la hausse des céréales s’annoncent très fortes.

Port d'Odessa en Ukraine
Port céréalier d'Odessa en Ukraine avant la guerre.
© Pixabay

La guerre en Ukraine, commencée il y a plus de deux semaines, aura des impacts majeurs sur de nombreux pays d’Europe mais aussi d’Afrique du Nord. Cette semaine un think-tank tunisien IACE (fondé en 1984 et œuvrant pour la promotion du secteur privé) a publié une note dans laquelle il s’inquiète des conséquences économiques qu’aura la guerre sur la Tunisie.

« Les impacts commencent déjà à se faire sentir un peu partout dans le monde et il ne faudrait pas négliger les effets à moyen terme car quelle que soit l’issue de cette guerre, il faudra compter avec la probable destruction de nombreuses infrastructures en Ukraine et l’effet prolongé des sanctions contre la Russie », peut-on lire dans la note.

Selon l’IACE, la Tunisie fait partie des pays vulnérables face aux conséquences de cette guerre « du fait des faibles capacités de stockage et des difficultés budgétaires qu’elle traverse, sans compter que le pays fait face à une vague de sécheresse qui se prolonge depuis 3 ans et qui affecte sa production agricole ».

Forte dépendance à l’importation

Alors que le blé tendre a bondi à 345 euros la tonne et le blé dur à 400 euros la tonne cette semaine, le think-tank rappelle que « la Tunisie est fortement dépendante en matière de céréales, important 84% de ses besoins en blé tendre, environ 40% pour le blé dur et 50 % pour l’orge ». « L’Ukraine était jusque-là un fournisseur privilégié de la Tunisie avec le Canada et l’Union européenne, et il faudra nécessairement revoir notre politique d’approvisionnement, d’autant que le pays souffre d’une insuffisance chronique au niveau des capacités de stockage, limitées à 3 mois », poursuit la note.
 

Le prix des pâtes devrait augmenter de 20%

Le think tank évalue à 1,3 milliard de dinars le surcoût pour la Tunisie (environ 400 millions d’euros), à mettre en relation avec le budget de 2,2 milliards de dinars pour l’achat des produits de première nécessité (680 millions d’euros). Le prix des pâtes alimentaires devrait augmenter de 20% par rapport aux prix actuels.

IACE évoque aussi un impact sur les prix des aliments pour bétail qui risque de mettre à mal les filières d’élevage, déjà en difficulté, qu’elles soient avicoles, ovines, ou bovines.
 

Une inflation à deux chiffres

En conséquence, le pouvoir d’achat des Tunisiens devrait être fortement touché par une inflation qui pourrait atteindre un taux à deux chiffres, sachant que la Banque centrale de Tunisie tablait sur une inflation de 6,8% en 2022 avant le déclenchement de la guerre.


Quelles mesures d'urgence ?

Pour amortir les effets de la crise, le think tank propose entre autres de :

  • Mettre en place d’urgence une cellule de crise pour identifier les alternatives en termes d’approvisionnement
  • Exhorter la population à changer ses habitudes alimentaires (notamment en évitant le gaspillage)
  • Orienter les ressources hydriques exclusivement vers les cultures céréalières
  • Augmenter la production du phosphate en vue de relancer la production d’engrais

 

Lire l’ensemble de la note

Les plus lus

Carte des zones réglementées, vaccinales I et vaccinales II pour la DNC dans le Sud-Ouest de la France au 27 janvier 2026.
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : une première partie de zone réglementée levée dans le Sud-Ouest

Aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) n'a été découvert depuis le 4 janvier 2026 en Ariège. Après la levée…

Paysage agricole vu d’une montgolfière
Succession d’une exploitation agricole : l’attribution préférentielle de terres au coassocié d’une SCEA en détenant le bail n’entraine pas sa disparition

La Cour de cassation a rendu le 10 décembre dernier un arrêt intéressant dans le cadre de la succession d’une exploitation…

 Tracteur sur une route de campagne entourée de champs de colza avec l’inscription 2026 sur la route.
Qu’est-ce qui change au 1er janvier 2026 pour les agriculteurs ?

Tour d’horizon des nouvelles dispositions sociales, fiscales et nouveaux règlements qui s’imposent aux agriculteurs, ou tout…

Agriculteurs rassemblés devant le Parlement européen à l’appel de la FNSEA, et des Jeunes agriculteurs et soutenu par le Copa-Cogeca ce 20 janvier.
Mercosur : « L’Europe ne peut pas être dure avec ses agriculteurs à l’intérieur et faible quand il s’agit de l’extérieur »

Près de 6000 agriculteurs, provenant de 15 Etats membres de l’Union européenne, sont rassemblés à l’appel de la FNSEA et des…

Cartes des foyers de FC03 et FCO8 depuis le 1er juin 2025
Les cas de FCO 3 et 8 se poursuivent sur le territoire

Selon les derniers chiffres du ministère de l’Agriculture en date du 22 janvier, 7496 foyers de FCO de sérotype 3 et 3316…

Publicité