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« Face à la crise du bio, la Drôme est plus résiliente »

La consommation de produits bio est, dans la Drôme, quatre fois supérieure, par ménage, à celle de la moyenne française. Comment le département pionnier du bio traverse-t-il la crise du bio, qui secoue toute une filière ? Réussir Bio échange avec Adrien Petit, directeur du Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes.

Adrien Petit
Adrien Petit, directeur du Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes.
© Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes.

Réussir Bio : Quels sont les chiffres clés de la bio dans la Drôme ?

Adrien Petit : 31 % de la surface agricole drômoise est bio, selon les données 2024 de l’Agence Bio. Et dans notre département, plus d’une ferme sur trois est bio, soit 1830 exploitations. Mais c’est aussi toute une filière, puisqu’il y a 200 transformateurs bio dans le département. Et cela se traduit jusqu’en bout de chaîne puisque 16% des produits alimentaires achetés par les Drômois sont des produits bio, selon l'étude de la CCI de la Drôme ; alors que le chiffre est de 5,6% au niveau national. 

Lire aussi : Bio : là où l’offre revient, les ventes augmentent

Réussir Bio : Pourquoi la bio est-elle si bien implantée dans la Drôme ? 

Adrien Petit : C’est historique. Dans les années 70, il y a eu une vague d’arrivée dans le Vercors, le Val de Drôme, de pionniers qui prônaient une agriculture différente. L’émulation collective a permis de structurer une filière, transformateurs, distributeurs et entreprises. Sanoflore, le précurseur de la cosmétique bio, est dans le Vercors, Saint-Jean, le spécialiste des ravioles, a développé une gamme bio bien plus tôt que les autres industriels agroalimentaires plus conventionnels. Pendant longtemps, la Drôme a été le premier département bio en termes de surfaces. Il reste dans le top 3. .

Lire aussi :Baisse des achats de bio : la GMS a une « part de responsabilité » pour la FNH

Réussir Bio : La Drôme échappe-t-elle à la crise du bio ?

Adrien Petit : Les entreprises implantées dans le département mais qui travaillent à l’échelle nationale subissent bien sûr la même crise que tout le monde. Mais les magasins bio résistent mieux dans la Drôme. 

On est loin de la boboïsation du bio

Car la crise du bio est liée à celle du pouvoir d’achat et ici, on a une population qui sait consommer bio, des produits bruts que l’on cuisine, et qui arbitre sur ses loisirs. Face à la crise du bio, la Drôme est plus résiliente. On est loin de la boboïsation du bio, nous sommes en zone rurale, le bio n’a jamais été un phénomène de mode. 

Ici, on a une population qui sait consommer bio

Réussir Bio : Quelles sont les spécificités de la consommation bio dans la Drome ? 

Adrien Petit : La consommation est aussi liée à l’offre, qui est ici plus forte avec beaucoup de circuits courts, des gens qui ont l’habitude du bio local. Ce n’est pas une bio de grande surface, mais celle des territoires. Sur l’ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes, 34 % des ventes se font en magasins bio spécialisés contre 29 % au niveau national. En moyenne, un habitant de la région Aura dépense 217 € en produits bio, c’est 18 % de plus qu’au niveau national.

Ce n’est pas une bio de grande surface, mais celle des territoires.

Réussir Bio : Quel rôle à le département ?

Adrien Petit : Le sujet est bien sûr politique. Notre département a été précurseur sur la bio, notamment dans la communication. Aujourd’hui encore, il y a 51 % de produits bio dans les cantines des collèges, et 9 collèges sont certifiés au niveau 3 Ecocert (plus de 60 % de produits bio). 

Réussir Bio : Quelle est l’actualité du Cluster Bio Aura ? 

Adrien Petit : Nous préparons le salon Tech&Bio à Bourg-lès-Valence les 24 et 25 septembre prochains. C’est la dixième édition de ce salon agricole international.  Le 1er octobre, aura lieu le salon Biolocal Drôme à Montélimar, un lieu de rencontre entre fournisseur bio et acheteurs. Le 13 novembre, nous organisons une journée dédiée à la question de l’adaptation au changement climatique, notamment pour les grandes cultures et fruits bio. 

 

Rédaction Réussir

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