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C’est quoi le « grand réveil alimentaire » annoncé lundi 8 décembre à Rungis ?

Le ministère de l’agriculture annonce ce lundi 8 décembre au cœur du marché de Rungis un évènement intitulé « Le Grand Réveil alimentaire ». Qu’est-ce qui se cache derrière ce slogan ?

Logo avec un tracteur et une assiette et le message "Le grand réveil alimentaire"
Logo affiché sur les communications du ministère de l’Agriculture sur l’évènement annoncé le 8 mars à Rungis.
© Ministère de l'Agriculture

Huit ans après le fameux discours d’Emmanuel Macron dans lequel le président de la République pressait les filières alimentaires de monter en gamme, le gouvernement réinvestit le marché de Rungis lundi 8 décembre pour un évènement intitulé « le grand réveil alimentaire ».

Relire : Emmanuel Macron presse les filières de monter en gamme

Nouveau discours de Rungis : du haut de gamme à la souveraineté alimentaire

Alors que depuis 2017 la balance commerciale agroalimentaire française s’est largement dégradée faisant émerger la nécessité de maintenir une souveraineté alimentaire en France et à l’heure où Emmanuel Macron est sollicité pour donner sa nouvelle vision de l’agriculture, c’est Annie Genevard qui est annoncée pour « un discours majeur » qui doit marquer le lancement des conférences de la souveraineté alimentaire. 

Mise à jour : « La guerre agricole nous menace » : que propose Annie Genevard pour réarmer l’agriculture française ?

Relire « Nous allons revenir à la balance commerciale agroalimentaire de 1978, la France n’était alors pas autosuffisante ! » alerte Sébastien Windsor

Lancement des conférences de la souveraineté alimentaire 

Prévues par la loi d’orientation agricole adoptées en mars 2025 ces conférences visent à réunir l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire « pour bâtir une stratégie commune et fixer, pour les dix prochaines années, des objectifs ambitieux de production et de transformation sur notre territoire », indique le ministère de l’Agriculture.

Relire : Conférences des filières, agricultrices, fermes familiales, bio : 10 points à retenir du début de l’examen de la Loi d’orientation agricole au Sénat

Quoi de plus que les plans de filières existants ?

Interpellé par Agra Presse sur le manque d'enthousiasme de certaines filières et syndicats agricoles (dont la FNSEA voyant dans cet évènement du 8 décembre une opération de communication), le ministère assure « le grand réveil alimentaire sera un chantier structurant ». Les plans sur lesquels aboutiront les Conférences seront une version actualisée et plus complète que les plans de filière avec la prise en compte de trois critères : les perspectives de demandes du consommateur à horizon 10 ans, l’impact du changement climatique et les nouvelles contraintes géopolitiques mondiales.

Lire aussi : Conférence de la souveraineté alimentaire : que demande Interbev au gouvernement ?

Quelle méthode annoncée par Annie Genevard ?

Au niveau méthodologique, sous le pilotage du coordinateur nationale Ludovic Spiers ancien directeur général de la coopérative Agrial (en retraite depuis fin juin 2025), et sous l’égide de FranceAgriMer, sept groupes nationaux animés par un référent (filières grandes cultures, fruits et légumes, viandes blanches, ruminants, viticulture, productions végétales spécialisées et pêche et aquaculture) doivent se réunir trois fois d’ici mars. L’objectif : présenter de « premières ambitions partagées » lors du salon de l’agriculture, annonce le ministère de l’Agriculture.

Ont été nommés comme référents de chaque grande filière : Christophe Büren, président de Vivescia pour les grandes cultures, Laurent Grandin, ex-président d’Interfel pour les fruits et légumes, Christiane Lambert ex-présidente de la FNSEA pour les viandes blanches, Damien Lacombe, ex-président de Sodiaal pour les ruminants, Bernard Angelras, président de l’Institut français de la vigne et du vin, pour la viticulture ou encore Arnaud Montebourg, ex-ministre et président de la Compagnie des amandes pour les productions végétales spécialisées.

 Les premiers groupes de travail ont déjà commencé en grandes cultures et productions végétales spécialisées, souligne-t-il.

En parallèle, la ministre de l’Agriculture a saisi les préfets de régions pour qu’ils fournissent d’ici mi-janvier 2026 « une contribution libre fondée sur le diagnostic existant » des filières agricoles et alimentaires dans chaque région. A partir de mars ils devront réfléchir à des déclinaisons opérationnelles sur le terrain des plans de filières nationaux et « identifier les projets structurants ».

« Le tout pour nourrir un rapport final présenté mi-2026 » indique le ministère de l’Agriculture.

Lire aussi : La FNSEA appelle Macron à livrer enfin sa « vision » pour l’agriculture  

Pourquoi la FNSEA refuse de participer au 8 décembre ?

La FNSEA a annoncé, dans un communiqué le 20 novembre, qu'elle participera « pleinement aux groupes de travail », mais qu'elle ne sera pas présente à l'évènement du 8 décembre, qu'elle qualifie « d'opération de communication ». Plusieurs griefs sont avancés : la FNSEA reproche au ministère de l'avoir organisé un lundi, alors que « les responsables agricoles sont sur leur exploitations ou mobilisés par leurs engagements locaux ». 

Elle estime aussi qu'« une telle séquence ne prendrait sens qu’à l’issue des travaux, si ceux-ci débouchaient sur des résultats tangibles pour l’agriculture française sur le plan législatif, réglementaire et budgétaire, en aucun cas avant leur ouverture ». Enfin les termes choisis ne plaisent pas ; le Grand réveil alimentaire « laisse entendre que le secteur se serait assoupi. C’est tout l’inverse : les agriculteurs n’ont jamais été endormis. Ils sont lucides, mobilisés, et parfois révoltés devant l’urgence de la situation. »

Relire :  Inauguration du salon de l’agriculture : « Nos agriculteurs ne peuvent pas être la variable d’ajustement » déclare Emmanuel Macron 

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