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Les voies d’amélioration de la pulvérisation de demain

Parmi les segments de recherche et développement pouvant faire évoluer la pulvérisation vers encore plus d’efficience, figurent la robotique et de nouvelles technologies de buses.

L’automatisation

Les robots pourraient être un levier pour optimiser la pulvérisation. L’entreprise Vitibot a créé la surprise au dernier Sitevi en présentant sur son stand un de ses automates Bakus équipé d’un système de pulvérisation confinée. « Pour nous, il est évident que la pulvé sur les robots doit être à la pointe de la technologie en termes de qualité d’application, mais aussi en ce qui concerne l’environnement », expose Valentin Colomb, en charge du développement chez Vitibot. Aussi les concepteurs sont partis sur un système à jets portés avec flux d’air tangentiel, créant un vortex au centre de la végétation. Les premiers tests semblent montrer une bonne couverture et une dépose homogène. Mais les possibilités que laisse entrevoir la robotique sont immenses. « À terme on espère par exemple, grâce à des capteurs, prendre connaissance de la végétation et de son état pour moduler la quantité de produit en fonction », illustre le chargé de projet. L’équipe de Roland Lenain, à l’Inrae de Clermont-Ferrand, mise aussi sur la robotique. Depuis 2014, elle travaille sur le projet Adap2e et s’affaire à concevoir un automate capable de s’adapter à son environnement et à sa mission, dont la pulvérisation de précision. L’an dernier, elle a notamment présenté deux prototypes capables d’évoluer ensemble de part et d’autre d’une rangée pour effectuer un traitement face par face. Pour l’efficacité des traitements, l’intérêt des robots réside aussi dans le fait de pouvoir intervenir de façon beaucoup plus agile. Ils apportent une liberté de travail concernant aussi bien les horaires, les jours de la semaine que les cadences de traitement. Or, on sait que le déclenchement précis de l’opération est un facteur clé de la réussite, et que les nouvelles solutions de biocontrôle nécessitent généralement davantage de passages pour être efficaces.

De nouvelles buses

L’innovation pourrait bien venir encore une fois des grandes cultures. Depuis quelques années les buses à pulsation électrique, dites PMW (Pulse Width Modulation), déjà développées aux États-Unis, font leur apparition en France. Le principe est le suivant : les buses s’ouvrent et se ferment à très haute fréquence (10 à 30 fois par seconde), et l’on peut jouer sur la durée d’ouverture et de fermeture pour faire varier le débit indépendamment des autres paramètres. Cette technologie permet en clair de s’affranchir de la relation entre vitesse, débit et pression. L’adoption de telles buses en viticulture pourrait dans un premier temps permettre plus de précision dans l’application. Par exemple en conservant une pression optimale d’utilisation tout en travaillant à des vitesses différentes. Mais aussi d’appliquer la même dose lors des phases d’accélération et de décélération en début et fin de rang. C’est de plus une voie qui s’ouvre pour la modulation de dose buse à buse, dans le cadre d’une pulvérisation intelligente qui s’adapte à la végétation. Soit en direct grâce à des capteurs optiques ou ultrasons embarqués, soit grâce à des cartes de végétation préalablement réalisées par un robot, par exemple. L’institut du végétal Arvalis a testé ce type de buses fin 2016 et a indiqué avoir eu des résultats satisfaisants. À vitesse stabilisée (10 km/h), les chercheurs ont réussi à moduler le volume de 50 à 200 l/ha avec une précision de +/- 5 %, le tout de façon quasi instantanée. À volume constant (100 l/ha) ils ont pu rouler de 6 à 18 km/h avec différents paliers, le volume/hectare moyen a été respecté.

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