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Les journalistes, « venez à la ferme ! De belles histoires, on en a plein à raconter »

Les agriculteurs actifs sur les réseaux sociaux affirment entretenir de bonnes relations avec les journalistes, à l’exception de quelques émissions. Certains souhaiteraient même que la presse s’intéresse davantage à leur travail quotidien.

Agriculture-journaliste
© Réussir SA

« Pour une Elise Lucet, il y a cinquante journalistes qui travaillent bien », lâche Antoine Thibault, producteur laitier dans l’Eure, alias Agriskippy (23 500 abonnés sur twitter, 28 600 sur sa chaîne Youtube), quand on l’interroge sur les relations entre agriculteurs et journalistes. « Je ressens une vraie curiosité de la part des journalistes, c’est très positif ».

« Je ne supporte pas le terme d’agribashing, parce que ça décrédibilise le boulot des journalistes qui pour beaucoup travaillent bien, poursuit-il. Je ne me crois pas victime du système médiatique. C’est vraiment une exception, les gens qui ne sont pas objectifs. J’ai eu énormément d’expériences super positives avec des journalistes ».

Lire : Découvrez les trois reportages que les agriculteurs ont préférés

« Honnêtement on dit toujours du mal des journalistes mais j’ai toujours eu de très bonnes relations lors de reportages sur ma ferme », déclare aussi pour sa part Etienne Fourmont, éleveur laitier de la Sarthe et youtubeur, alias Agrikol (21 100 abonnés sur twitter, 80 400 sur sa chaîne Youtube). « Il y a encore du boulot mais avec la communauté des agriculteurs sur twitter on a fait un gros travail de communication. Cela passe beaucoup mieux », témoigne-t-il. « Un Julian Bugier qui présente le 13h sur France 2 est bien plus ouvert qu’une Elise Lucet », poursuit-il. La communauté des Agritwittos contribuent à cette évolution, selon lui. « Les médias viennent plus chercher les agriculteurs directement sur les réseaux sociaux au lieu de passer par les interprofessions ».

Même constat chez Christophe Chaize, éleveur de charolais dans la Loire, « mes propos sont super bien repris par tous les journalistes qui passent sur la ferme. Le message, la passion sont transmis ».

« Aujourd’hui, l’agriculture a retrouvé de l’intérêt aux yeux du grand public. Car on a fait le lien entre alimentation et agriculture et entre santé et alimentation. Il y a une légitime question sur la transparence », explique pour sa part Philippe Dubief, président de Passion Céréales. « Oui il y a une amélioration mais il y a encore beaucoup de boulot », poursuit-il.

Evelyne Dhéliat parle désormais de la sécheresse

« Les agriculteurs ont pris les choses à bras le corps. Il y a une révolution positive de l’image de l’agriculteur car les youtubeurs ont pris conscience de l’intérêt de la communication. Et puis il y a eu tellement d’émissions à charge excessives que désormais les gens sont à l’écoute ». « Quand on va sur les plateaux TV on sent une attention différente d’il y a 4 ou 5 ans. Par exemple Evelyne Dheliat parle désormais de la sécheresse et des conséquences pour l’agriculture dans son bulletin météo ». La crise de la Covid-19 qui a remis l’alimentation sur le devant de la scène y est aussi pour quelque chose, selon lui.

Lire aussi : Découvrez les trois reportages que les agriculteurs ont détestés

Vincent Guyot, céréalier dans l’Aisne (13 700 abonnés sur twitter), souhaiterait pour sa part que les journalistes s’intéressent davantage au travail quotidien des agriculteurs. « Moi je dis à France 3 régional, venez quand vous voulez sur la ferme, pas seulement quand vous voulez parler du round up, de la sécheresse. Venez ! De belles histoires on en a plein à raconter. On a de la matière pour faire de l’info et pas seulement du pleurnichard », explique-t-il. Très présent sur twitter, il confie prendre 2-3 photos chaque jour sur sa ferme depuis 20 ans. « Je les poste ensuite entre 18 et 19h sur les réseaux, je raconte mon métier ». Il regrette un peu qu’il faille faire du buzz pour passer dans les médias. « On est obligés de faire la danse de la pluie, c’est bien ça fait rigoler tout le monde, mais on voudrait se retrouver dans le journal pour expliquer d’autres choses », ironise-t-il.

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