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Les commerces alimentaires résistent en zone rurale

En zone rurale, la moitié de la population dispose d'une boucherie ou une charcuterie à moins de 3,8 km.
© Patrick Cronenberger

L'Insee a publié début novembre "Les entreprises en France. Édition 2017". Avec un dossier sur les commerces en ville et à la campagne. Selon l’étude, en cinq ans, le nombre de communes rurales sans commerce augmente très légèrement mais en 2015, 36 % des communes rurales disposent d'au moins un commerce.

La question de l'accès aux commerces de la vie quotidienne se pose avec acuité dans les communes rurales. En effet, ces communes couvrent 78 % de la superficie de la France métropolitaine, mais seulement 23 % de la population française y réside en 2013 et 12 % des points de vente y sont implantés (soit 28 magasins pour 10 000 habitants). À une densité de la population basse s'ajoute donc un nombre de magasins, rapporté à la population, sensiblement plus faible. Ces points de vente sont aussi bien plus petits : ils occupent en moyenne 3,5 personnes, contre 5,7 dans les communes urbaines.

L'écart rural-urbain est moins prononcé dans certains secteurs de l'alimentaire. "Les boulangeries, les petites surfaces alimentaires, les boucheries et charcuteries sont aussi nombreuses à la campagne qu'en ville, au prorata de la population. Dans le secteur non alimentaire, l'écart rural-urbain est contenu pour les pharmacies (2,4 contre 3,8 magasins pour 10 000 habitants), dont l'implantation est réglementée en fonction de la population communale, ainsi que pour les magasins d'articles de sport et dans deux secteurs plus rares, les stations-service et les quincailleries. Dans tous les autres secteurs, au regard de la population, les points de vente sont faiblement représentés dans les communes rurales".

Les communes rurales périurbaines regroupent plus des quatre cinquièmes de la population rurale. Elles sont aussi les moins bien équipées en commerces avec 22 points de vente pour 10 000 habitants, contre 55 dans les communes rurales hors de l'influence d'une ville. À l'exception des équipements de la personne, le nombre de points de vente par habitant est similaire dans les communes urbaines et dans ces communes rurales les plus éloignées des villes. À l'inverse, dans les communes rurales périurbaines, le nombre de magasins par habitant est très inférieur à celui des communes urbaines, à l'exception des boulangeries, des supérettes, des boucheries-charcuteries et des stations-service.

Les commerces alimentaires, les mieux représentés en commune rurale, sont aussi les plus proches de la population. "La moitié de la population a ainsi au moins une boulangerie (ou une boulangerie-pâtisserie) à moins de 2,2 km à vol d'oiseau de son domicile, une supérette ou un commerce d'alimentation générale à moins de 3,4 km et une boucherie ou une charcuterie à moins de 3,8 km".

Dans le commerce non alimentaire, un habitant sur deux des communes rurales réside à moins de 3,2 km d'une officine. Viennent ensuite les commerces de fleurs ou les jardineries, les supermarchés, les marchands de journaux, les magasins d'habillement et d'optique. Bien que moins fréquents qu'en ville, ces commerces restent ainsi parmi les plus accessibles aux résidents des communes rurales (plus de la moitié des habitants sont à moins de 6 km à vol d'oiseau de tous ces types de commerces).

"Pour les habitants des communes rurales hors influence des villes, la distance au supermarché, à la supérette et à la pharmacie les plus proches est inférieure d'au moins 10 %, comparée aux habitants des communes rurales périurbaines". La distance à vol d'oiseau au commerce le plus proche y est aussi légèrement inférieure pour les boulangeries, les boucheries et charcuteries, les magasins de journaux et papeteries, les fleuristes et jardineries, les quincailleries et les magasins de vêtements. En revanche, pour tous les autres commerces, la proximité d'un pôle urbain est un facteur d'amélioration de l'accessibilité.

Un commerce dans la commune pour 69 % des ruraux

L'accessibilité aux commerces est fortement corrélée à la présence ou non de magasins dans la commune de résidence, constate l’Institut national de la statistique et des études économiques. À titre d'exemple, quand une commune rurale compte au moins une boulangerie (ou une boulangerie-pâtisserie), la moitié des habitants de ces communes résident à moins de 600 mètres d'un tel commerce. À l'inverse, dans les communes rurales sans boulangerie, la moitié des résidents doivent parcourir plus de 3,4 km pour acheter leur pain.

" En 2015 comme en 2010, 36 % des communes disposent d'au moins un commerce, tandis que 5 % ont un commerce en 2015 mais pas en 2010 et 6 % n'en ont plus, analyse l’Insee.  Les premières sont plus peuplées et regroupent 65 % de la population, contre 4 % pour les deuxièmes et 5 % pour les troisièmes. Les ruraux ayant un commerce dans leur commune de résidence sont donc un peu moins nombreux en 2015 qu'en 2010 (69 % contre 70 %)."

Enfin, à ces trois types de communes rurales s'ajoutent les 53 % restantes n'ayant de commerce ni en 2010, ni en 2015. " Elles sont majoritaires en nombre mais pas en population : elles regroupent seulement 26 % des ruraux. Toutes choses égales par ailleurs, la disparition de l'implantation commerciale est plus fréquente dans les communes rurales peu peuplées, proches des pôles urbains, à la population relativement jeune et à la démographie déclinante ".

Entre 2010 et 2015, la part de la population rurale disposant d'un magasin dans sa commune diminue légèrement pour les boulangeries, les petites surfaces alimentaires, les boucheries-charcuteries, les magasins d'habillement, les commerces de journaux et papeterie, les fleuristes et jardineries et les pharmacies. Elle augmente en revanche pour les supermarchés et les points de vente d'optique.

Ceci étant d’ailleurs sans doute corrélé à cela. Car même si les statistiques de l’Insee ne le disent pas, il faut être complètement miro pour ne pas remarquer que les premiers magasins à fleurir dans les galeries commerciales sont souvent des lunetiers.

 

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