Aller au contenu principal

Les agriculteurs vont-ils disposer d’un droit à l’erreur ?

Anne-Laure Blin, députée du Maine-et-Loire et porte-parole du groupe LR à l'Assemblée nationale souhaite que les agriculteurs disposent d’un droit à l’erreur. Elle vient de déposer une proposition de loi dans ce sens.

proposition loi
La députée Anne-Laure souhaite que les agriculteurs disposent d'un vrai droit à l'erreur.
© Franck Mechekour

La loi ESSOC du 10 août 2018 reconnaît aux Français le droit à l’erreur. Mais Anne-Laure Blin fait remarquer que ce dernier ne s’applique pas en ce qui concerne le droit européen et en ce qui concerne la santé ou l’environnement. « De fait, une notion qui devait s’appliquer à tous les Français a exclu certaines professions et notamment les agriculteurs » souligne-t-elle. 

 

Quelques évolutions au niveau européen

La députée reconnait que quelques évolutions au niveau européen ont conduit dans la nouvelle PAC pour la période 2023-2027 à intégrer un droit à l’erreur donnant la possibilité aux exploitant agricoles de corriger leur déclaration, sans conséquence financière pour eux. Anne-Laure Blin met en avant que c’est en matière environnementale que le bât blesse. Elle estime que la réglementation applicable en ce domaine aux agriculteurs « renvoie à de nombreux cadres législatifs différents et parfois même contradictoires. Les législations et les réglementations ne poursuivant pas nécessairement les mêmes objectifs, ni ne fixant les mêmes impératifs ».

Lire aussi : PAC 2023 : quels enseignements tirer du droit à l’erreur ?

« Les agriculteurs sont sans cesse stigmatisés »

Pour elle, les agriculteurs sont sans cesse stigmatisés « comme des délinquants de l’environnement alors même qu’ils en sont les premiers protecteurs mais sont dans une véritable insécurité juridique ». C’est pourquoi la députée juge qu’il est impératif d’inverser la charge de la preuve et de reconnaître aux agriculteurs un véritable droit à l’erreur « dont le principe est clairement posé et la bonne foi s’impose aux services des administrations ».

 

La bonne foi de l’exploitant présumée

La proposition de loi comporte deux articles. Le premier stipule que « Lors d’un contrôle opéré dans les exploitations agricoles, la bonne foi de l’exploitant est présumée. Si un manquement est constaté pour la première fois, l’exploitant peut régulariser sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invité à le faire par l'administration dans le délai indiqué par celle-ci. Lorsqu’il est supposé un manquement reposant sur une norme qui entre en contradiction avec une autre norme, l’exploitant agricole ne peut être sanctionné ».

 

Dialogue entre l’exploitation agricole et les pouvoirs publics

Le second indique que « La mise aux normes des exploitations agricoles doit faire l’objet d’un dialogue entre l’exploitation agricole et les pouvoirs publics permettant d’établir un calendrier prévisionnel assurant la pérennité de l’activité. En matière agricole, le silence gardé pendant deux mois par l'administration vaut décision d'acceptation ».

« Arrêter les suspicions »

« Si ces derniers temps, on parle de simplification - qui est largement nécessaire -, c’est surtout un regard bienveillant sur nos agriculteurs qu’il faut avoir. Alléger la pression et arrêter les suspicions que l’on porte sans cesse sur eux, c’est cela la clé » indique Anne-Laure Blin.

Les plus lus

Taille de haies avec une faucheuse débrousailleuse.
Interdiction de la taille des haies à partir du 16 mars 2026 : quels départements accordent des dérogations ?

La loi d’orientation agricole prévoit que les dates d’interdiction de taille des haies soient désormais fixées par chaque…

  Moisson dans l’Indre de nuit le 7 juillet 2022
« Un agriculteur contraint d’avancer ses travaux en pleine nuit pour échapper à la canicule ne devrait pas se retrouver exposé à un contentieux de voisinage »

Le 26 mars, les députés ont adopté à l’unanimité une proposition de loi du député démocrate Hubert Ott qui vise à sécuriser…

Agriculteur dans son tracteur notant dans son carnet les traitements phyto réalisés.
Pesticides : le Conseil d’Etat refuse de donner l’accès aux registres d’épandage demandés par Générations futures en Nouvelle-Aquitaine

Le Conseil d’Etat vient de casser la décision du tribunal administratif de Bordeaux du 1er juillet qui imposait au…

Les drapeaux européens devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles.
PAC 2028-2034 : vers la fin de « l’exception agricole » dans le budget européen ?

Auditionné le 7 avril au Sénat, Agriculture Stratégies a présenté une note datant du 23 février sur la PAC 2028-2034, et en…

Femelle Ours, capture photo en Ariège
Ours : au moins 108 individus dans les Pyrénées, une population en croissance selon l’OFB

L’OFB a dénombré au moins 108 ours bruns dans les Pyrénées en 2025. Le nombre d’individus est toujours en croissance sur le…

intérieur d'une boulangerie avec à l'entrée un panneau agri-éthique
54 % des Français et 49 % des agriculteurs estiment que la production française ne suffit pas à nourrir la population

Pour la première fois, Agri-Éthique, avec Toluna Harris Interactive, a interrogé 1 058 Français et 305 agriculteurs afin…

Publicité