Le terret noir, un cépage ancestral méridional pour des vins rouges légers
Le terret noir est un cépage rare du Languedoc et de la vallée du Rhône, qui supporte bien la sécheresse modérée. En assemblage, cette variété apporte fraîcheur et finesse.
Le terret noir est un cépage rare du Languedoc et de la vallée du Rhône, qui supporte bien la sécheresse modérée. En assemblage, cette variété apporte fraîcheur et finesse.
Origine et sensibilité aux maladies
Un cépage méridional délaissé
Le terret noir est un cépage originaire du Languedoc. Inscrit au Catalogue officiel des variétés de vigne liste A1, il n’est pratiquement plus multiplié aujourd’hui mais connaît un regain d’intérêt en vallée du Rhône. Le terret noir fait partie des treize cépages autorisés pour l’appellation châteauneuf-du-pape mais ne représente plus que quelques hectares dans cette appellation. On le trouve également sur des surfaces limitées dans les côtes-du-rhône et en languedoc.
Le terret noir est principalement utilisé en assemblage en très faible proportion dans des cuvées traditionnelles. Exception pour le Domaine Ampelhus dans l’Hérault qui réalise une cuvée 100 % terret noir, avec l’ambition de faire redécouvrir des cépages rares du Languedoc pour leur caractère et leur singularité. « Nous l’avons planté sur des coteaux de galets roulés, un terroir siliceux qui apporte fraîcheur et finesse à nos vins », observe Thibaud Vermillard, vigneron de ce domaine.
Le terret noir n’est pas particulièrement sensible à l’oïdium et au mildiou, sauf si les conditions sont très favorables. Il est sensible, en revanche, aux maladies du bois.
Phénologie et caractéristiques agronomiques
Maturité tardive et production soutenue
Le débourrement du terret noir se situe quelques jours après le grenache et la syrah, et sa maturité est de troisième époque, un peu plus d’une semaine après la syrah, plus proche du grenache. « C’est un cépage qui a du mal à mûrir et à se colorer en noir », note Viviane Becart de l’Institut Rhodanien. De son côté, Thibaud Vermillard le récolte à maturité début octobre, à 13-14 % vol., alors que Pascal Chalon du Domaine de la Grande Ourse, à Tulette dans la Drôme, le récolte vers la mi-septembre en même temps que d’autres cépages. Le terret noir est un cépage vigoureux et productif qui nécessite une conduite adaptée pour maîtriser les rendements. « Son port érigé facilite sa culture », remarque Thomas Gautier, consultant à l’ICV. Ses grappes sont de taille moyenne et peu compactes, avec des baies à la peau fine et peu colorée.
Le terret noir est un cépage qui supporte relativement bien des épisodes de sécheresse modérée, un atout dans le cadre du réchauffement climatique.
Potentialités œnologiques
Des vins fins, avec des arômes de garrigue
Dans les vins rouges de châteauneuf-du-pape et des côtes-du-rhône, le terret noir est toujours assemblé à d’autres cépages, comme le grenache, la syrah ou le mourvèdre. « C’est un cépage qui amène de la complexité, de la finesse, de la fraîcheur et de la longueur en bouche », estime Pascal Chalon, qui l’emploie à hauteur de 5 % dans l’assemblage de sa cuvée Grande Ourse rouge. En version 100 % terret noir au Domaine Ampelhus, Thibaud Vermillard souligne « un rouge léger avec des arômes de garrigue, un profil bouqueté, des tanins fins et soyeux et une fraîcheur surprenante ».
carte d’identité
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