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Le programme agricole africain du G7 ne séduit plus la France

© Albert Gonzalez Farran / ONU

La Nasan est-elle la voie de la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique ? La France en doute et est prête à quitter l’alliance.

Nasan. Ce sigle en 5 lettres désigne la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition. Le programme de développement agricole a été lancé en 2012 par les membres du G7 et l’Union européenne avec un objectif louable : améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition et sortir 50 millions de personnes d’Afrique subsaharienne de la pauvreté d’ici 2022. Mais sur le terrain, le chant des sirènes laisse place à la contestation et des voix s’élèvent pour dénoncer les pratiques de la Nasan. En juin 2016, une résolution est votée par le Parlement européen à Strasbourg qui dresse un bilan sévère. Le texte reproche à la Nasan de chercher à « libérer le pouvoir du secteur privé », tout en poussant le Etats africains à mettre en œuvre des mesures de dérégulation destinées à créer un « environnement favorable » aux investissements des multinationales de l’agrobusiness.

Pas de cohérence avec le positionnement historique de la France

Ce 8 février, la France a annoncé sa volonté de quitter l’alliance. Une décision saluée par les associations Oxfam France, CCFD–Terre solidaire, Action contre la faim et l’association Agriculteurs français et développement international (Afdi). « Cette initiative favorisant les investissements de grands groupes privés dans la production agricole dans dix pays d’Afrique n’est pas cohérente avec le positionnement historique de la France en faveur du développement de l’agriculture familiale africaine », communique l’Afdi, en lien avec la confédération paysanne du Faso (CPF).

Tout est question de conception du développement agricole. Celle du G7 ou celle d’un autre regard sur l’Afrique ? La France est peut-être favorable à une autre idée de la modernité, enseignée en son temps par Léopold Sédar Senghor : « Penser et agir par nous-mêmes et pour nous-mêmes, en Nègres…, accéder à la modernité sans piétiner notre authenticité. »

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