Aller au contenu principal

Le cadre du développement de l’agrivoltaïsme se met en place

Résolution des sénateurs visant à lever les freins à l’agrivoltaïsme, grandes lignes de la doctrine gouvernementale sur le sujet et référentiel d’un premier label : l’agrivoltaïsme semble se préparer à un développement prochain.

Un label sur l’agrivoltaïsme a été défini pour des projets photovoltaïques sur des cultures agricoles. Ce premier label pourrait être suivi d’un autre référentiel dédié à l'élevage.
© RemTEC

L’agrivoltaïsme est-il appelé à se développer ? Les contours de son cadre réglementaire se dessinent peu à peu. Le 4 janvier, au Sénat, le ministre de l’Agriculture a précisé la position gouvernementale sur ce sujet. Par ailleurs, l’Afnor a mis en ligne récemment le référentiel du premier label sur l’agrivoltaïsme.

Julien Denormandie veut préciser le droit de l’urbanisme

Intervenant le 4 janvier au Sénat à l’occasion de l’adoption d’une résolution des sénateurs visant à lever les freins à l’agrivoltaïsme, le ministre de l’Agriculture a évoqué les grandes lignes de ce que devrait être la doctrine gouvernementale sur le sujet. Il a insisté sur la notion de synergie entre la performance agricole et la production d’électricité. « Celle-ci doit rendre un service à celle-là et ne pas s’y substituer », a-t-il résumé. Premiers principes à respecter pour qu’une installation puisse prétendre être agrivoltaïque : être réalisée sur des surfaces déjà artificialisées et que l’activité agricole soit « significative » et cela dans la durée. Julien Denormandie a aussi déclaré que le droit de l’urbanisme dans ce domaine sera précisé : « Les projets au sol sont déjà soumis à autorisations d’urbanisme, mais cette règlementation fait appel à des notions qui sont mal définies ». En effet, les autorisations d’urbanisme spécifient certes que le projet agrivoltaïque doit être nécessaire ou compatible avec l’activité agricole, « mais sans plus de précisions ». Conséquence : « Cela donne lieu à des interprétations très différentes selon les territoires ». Un principe important énoncé par le ministre est celui de la pérennité du respect des conditions. Pour cela, un suivi de l’activité agricole pourrait être assuré « par des mécanismes de contrôles, et de sanctions en cas de non-respect ».

 

Un premier label pour les projets sur cultures

L’Afnor (Association française de normalisation) vient de mettre en ligne le référentiel du premier label sur l’agrivoltaïsme, destiné aux projets photovoltaïques sur des cultures agricoles, a-t-on appris auprès d’elle le 5 janvier. Pour décrocher ce label, les agriculteurs et développeurs photovoltaïques doivent pouvoir certifier qu'ils respectent un certain nombre de critères liés aux services apportés et au degré d'artificialisation. Par exemple, le taux de couverture de la surface agrivoltaïque doit être inférieur à 50 % de la surface cultivée. L'occupation du sol induite par l'installation d'une structure agrivoltaïque doit être limitée à 10 % de la surface sous structure agrivoltaïque. Par ailleurs, les projets doivent procurer un service à l’exploitation agricole, comme la protection face aux aléas climatiques, et le démontrer. Ainsi, tout projet labellisé doit être accompagné d'une zone témoin, qui a pour but de continuer d'accumuler un retour d'expérience, et d'apporter des preuves des bénéfices apportés par la structure agrivoltaïque. Si des dégâts (brûlures, gel, grêle) ont été constatés en zone témoin, ils doivent être moindres sous la structure agrivoltaïque. Un autre label dédié à l'élevage pourrait bientôt suivre.

Voir aussi dossier de Réussir Pâtre « En élevage ovin, tout à gagner avec l’agrivoltaïsme »

Les plus lus

Aurélien Masson, agriyoutubeur dans la Meuse dans un champ
Aurélien Masson, YouTubeur et agriculteur dans la Meuse : « Je veux montrer qu’il y a encore des fermes à taille humaine »

Cet été, Réussir.fr vous propose des échanges avec celles et ceux qui communiquent sur le monde agricole et leur métier.…

Carte des restrictions d'eaux superficielles arrêtées au 17 août.
Sécheresse 2026 : 74 départements en situation de crise, quelles conséquences sur les activités agricoles ?

Après le manque de précipitations en avril, les épisodes caniculaires fin mai, en juin et en juillet, la sécheresse s'accentue…

Hautes-Pyrénées : des descentes anticipées de troupeaux d’estive faute d’herbe suffisante

La sécheresse n’épargne pas les zones pastorales. La commission syndicale des 4 Véziaux d’Aure et la municipalité d’Aulon ont…

FDSEA du Jura  Vaches montbéliardes pâturant sur une prairie grillée par la sécheresse
Plan sécheresse : le ministère de l’Agriculture envisage un volet « fourrage » pour les éleveurs

Alors que l’inquiétude grandit chez les éleveurs obligés d’entamer les stocks de fourrage d’hiver, le ministère de l…

  Vaches sur une prairie touchée par la sécheresse
« Prairies grillées » : les éleveurs de ruminants demandent le lancement d’urgence d’expertises terrain pour une indemnisation à la hauteur des dégâts

La FNB, la FNPL, la FNO et la Fnec interpellent le ministère de l’Agriculture pour obtenir une réponse d’urgence à leur…

Nappes phréatiques au 15 juillet : la vidange continue avec 94 % des niveaux en baisse selon le BRGM

Alors que la vidange des nappes phréatiques continue avec 94 % des niveaux en baisse, la situation générale se dégrade avec 60…

Publicité