Aller au contenu principal

« L’autovaccin ORT est une forme d’assurance pour l’éleveur»

En élevage de dinde, les autovaccins visent à réduire les infections articulaires dues à la bactérie Ornithobacterium (ORT). L'avis de Joël Bertin, vétérinaire Selas Le Gouessant sur cette pratique.

Qu’est-ce qu’un autovaccin ?

"Il s’agit d’un vaccin inactivé constitué à partir d’une ou plusieurs souches de bactéries prélevées dans un élevage et utilisables uniquement dans cet élevage. Les prélèvements sont réalisés par le vétérinaire prescripteur. L’autovaccin est fabriqué dans un laboratoire agréé."

Pourquoi vacciner contre la ténosynovite ?

" La bactérie Ornithobacterium rhinotracheale est un pathogène majeur chez la dinde. Ce germe très résistant s’incruste dans l’environnement. On le retrouve dans des endroits difficiles à décontaminer (jupes, lanterneaux). La bactérie s’exprime au moment d’un problème respiratoire, lié soit à un passage viral, soit à un défaut de ventilation. Il commence par de la toux avec un risque de complications locomotrices et de lésions de ténosynovites (infection des tendons). Leur impact économique atteint jusqu’à 7 €/m2, du fait du coût des traitements, de la baisse des performances et des retraits à l’abattage (jusqu’à 6%). La saisie est totale en cas de lésions bilatérales. L’autovaccin ORT permet d’éviter les signes cliniques de ténosynovite ainsi que les taux de saisies qui lui sont associés.

On n’a pas encore la preuve qu’il agit sur la pathologie respiratoire. Il réduit les signes de toux mais il peut arriver qu’un lot vacciné tousse. L’autovaccin est une forme d’assurance pour l’éleveur. Il n’a plus l’angoisse qu’une simple toux dégénère avec l’apparition de troubles locomoteurs. Cela laisse le temps d’essayer des solutions alternatives à l’antibiothérapie : phytothérapie, réglages de ventilation."

Quel est le retour sur investissement ?

" L’autovaccin ORT rentre dans une démarche de démédication mise en œuvre depuis deux ans, au sein de la coopérative Le Gouessant. Le plan d’actions « ténosynovites » est aussi une réponse apportée aux abattoirs en termes de qualité de carcasse. Trente-cinq éleveurs vaccinent régulièrement, soit uniquement les femelles ou les mâles, soit les deux. Cela dépend de l’historique de l’élevage et de l’âge d’apparition des symptômes associés à ORT. S’ils sont tardifs, on ne vaccine que les mâles. L’injection a lieu entre 3 et 5 semaines. Dans l’hypothèse d’un passage ORT à dix semaines, le gain permis par l’autovaccin est de 700 à 1500 euros par lot (le double à 14 semaines). Le coût de la vaccination (2000 € pour un 1000 m2, intervention comprise) est largement compensé par la baisse des traitements antibiotiques et du taux de saisie. Une souche de colibacilles est parfois associée à la souche ORT, ce qui permet de valoriser l’intervention encore plus."

Les plus lus

Bovin de profil présentant des nodules sur la peau, signe clinique de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC).
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : un nouveau foyer détecté en Sardaigne

Un foyer supplémentaire de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) a été détecté le 8 juillet en Sardaigne, dans le…

Carte des restrictions d'eaux superficielles au 14 août 2026.
Sécheresse 2026 : Plus de 70 départements en situation de crise, quelles conséquences sur les activités agricoles ?

Après le manque de précipitations en avril, les épisodes caniculaires fin mai, en juin et en juillet, la sécheresse s'accentue…

Aurélien Masson, agriyoutubeur dans la Meuse dans un champ
Aurélien Masson, YouTubeur et agriculteur dans la Meuse : « Je veux montrer qu’il y a encore des fermes à taille humaine »

Cet été, Réussir.fr vous propose des échanges avec celles et ceux qui communiquent sur le monde agricole et leur métier.…

Carte de France des départements soumis à un arrêté de restriction des travaux agricoles comme la moisson pendant la période forte sécheresse.
Moisson 2026 et risque d’incendie : quelles interdictions de récolter l’après-midi durant la canicule ?

Avec la troisième vague de chaleur, de nouvelles restrictions des plages horaires pour effectuer les travaux agricoles ont été…

Hautes-Pyrénées : des descentes anticipées de troupeaux d’estive faute d’herbe suffisante

La sécheresse n’épargne pas les zones pastorales. La commission syndicale des 4 Véziaux d’Aure et la municipalité d’Aulon ont…

FDSEA du Jura  Vaches montbéliardes pâturant sur une prairie grillée par la sécheresse
Plan sécheresse : le ministère de l’Agriculture envisage un volet « fourrage » pour les éleveurs

Alors que l’inquiétude grandit chez les éleveurs obligés d’entamer les stocks de fourrage d’hiver, le ministère de l…

Publicité