Aller au contenu principal

Santé animale
L’attrait pour les médecines alternatives rend nécessaire une évolution du cadre réglementaire

Les médecines alternatives en santé animale séduisent de plus en plus vétérinaires et éleveurs. Les formations se développent. Mais pour aller plus loin dans les pratiques, il faut que la réglementation évolue.

© Franck Mechekour

On les appelle les médecines alternatives. Homéopathie, phytothérapie, aromathérapie, ostéopathie, acupuncture… Toutes ces médecines dites douces se développent en santé humaine mais également en santé animale. « Dans un contexte de réduction des antibiotiques », constate L’Action agricole picarde, elles « ont trouvé leur place dans les fermes ».

Elodie Stoléar, vétérinaire libérale dans les Pyrénées-Atlantique, témoigne de son expérience dans le journal. Après avoir exercé deux ans de façon classique en Belgique, elle a souhaité ne pas limiter ses compétences à une approche allopathique. « Très rapidement, j’ai eu envie de développer mes connaissances, » explique-t-elle. Elle a donc suivi des formations et est aujourd’hui diplômée en ostéopathie, acupuncture, homéopathie et phytothérapie.

Formation des vétérinaires et des éleveurs

Les médecines douces séduisent les vétérinaires et parallèlement, la demande de formation est  croissante chez les éleveurs. C’est ce que constate le GDS du Rhône « depuis un peu plus de trois ans » rapporte l’Action agricole picarde. « Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait un réel besoin d’informations et de compétences », affirme Perrine Matrat, vétérinaire conseil au GDS 69. D’où la mise en place de formations en médecines alternatives. Claudine Fouquet, une des deux vétérinaires spécialisées qui dispense la formation, explique comment elle procède. « Lors d’une session de formation, je prévois un gros module sur le volet délicat de la réglementation, une partie sur les précautions à prendre, notamment en aromathérapie où l’on est exposé à des doses très concentrées d’huiles essentielles. On regarde ensuite pathologie par pathologie quelle est la meilleure méthode pour la prévenir et la guérir. Je ne prêche pas uniquement pour ces médecines alternatives. » Les deux peuvent être complémentaires. Elle prône l’approche globale, qui prend en compte tous les symptômes. « L’important, c’est de mettre le doigt sur l’origine du problème ».

Seule ombre au tableau soulevée par le journal : les médecines alternatives sont aujourd’hui « dans la controverse réglementaire ». L’homéopathie est « aujourd’hui menacée de déremboursement ». Par ailleurs, « dès lors qu’une plante ou une huile essentielle est destinée à avoir un effet curatif ou préventif », précise le journal, « elle tombe sous le coup de la médecine ». Ce qui veut dire : autorisation de mise sur le marché (AMM) et prescription de la part du vétérinaire obligatoires.  « Cela pose, d’une part, la question de l’automédication, mais aussi la possibilité pour les vétérinaires de prescrire une plus large gamme de plantes légalement », commente Alison Pelotier dans son article. Car peu de médicaments à base de plantes sont autorisés aujourd’hui. C’est pourquoi « la réglementation doit évoluer », estime Claudine Fouquet. L’Itab, l’institut technique de l’agriculture biologique, prône l’utilisation de certaines plantes « sans AMM ou temps d’attente et en automédication ». L’institut a élaboré une liste de deux-cent-vingt-trois plantes à usage thérapeutique en élevage.

 

Lire aussi  Phytothérapie : que dit la réglementation ? ,

Comment utiliser les huiles essentielles ?,

Encore beaucoup de travaux à mener en aromathérapie,

" Nous utilisons des huiles essentielles en diffusion dans la nurserie ",

" Les résultats que nous obtenons avec les huiles essentielles nous encouragent à continuer ",

l'ostéopathie n'est pas réservée aux chevaux . 

Les plus lus

Bovin de profil présentant des nodules sur la peau, signe clinique de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC).
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : trois nouveaux cas détectés en Sardaigne, un cheptel non vacciné concerné

Trois foyers supplémentaires de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) ont été détectés le 28 et le 29 avril en…

Agriculteur remplissant de GNR le réservoir de son tracteur
Crise du GNR agricole : comment bénéficier de l’aide de 15 centimes d’euros par litre pour le mois de mai ?

Le gouvernement vient de préciser les modalités pour bénéficier des différents dispositifs de soutien aux agriculteurs pour l’…

Machine agricole d’une ETA en pleine recharge de GNR
ETA : « Le coût du GNR représente 13 à 20% de notre chiffre d’affaires, on ne peut pas amortir une hausse du prix du gazole de 90% »

La hausse du prix du gazole non routier touche très fortement les entreprises de travaux agricoles qui se voient contraintes…

Unité de méthanisation en bâche souple au milieu d'un champ.
Incorporation du biométhane : le gouvernement présente ses objectifs pour les certificats de production de biogaz après 2028

Le gouvernement vient enfin de présenter ses objectifs pour les certificats de production de biogaz (CPB). Une trajectoire qui…

Drapeaux européens devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles.
Prix des engrais : la Commission européenne ne compte pas suspendre le MACF, mais prévoit des aides directes

La Commission européenne ne compte pas suspendre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) face à l’augmentation…

  Bâtiment d’élevages de volailles dans les Côtes d’Armor
Projets de bâtiments d’élevage (ICPE), d’irrigation (IOTA) et de méthanisation : un décret pour accélérer les contentieux en matière environnementale

Un décret publié ce matin au journal officiel vise à accélérer les contentieux contre certains projets agricoles et notamment…

Publicité