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Europe : l’Areflh et Freshfel mettent en débat l’avenir des fruits et légumes

Politiques européennes, tendances de marché et attentes sociétales dans un contexte de crise sanitaire et économique, importance nutritionnelle des fruits et légumes…. Les deux associations ont organisé un événement commun pour débattre de ces sujets actuels.

Jon Wright, analyste de l'IGD a exposé une analyse de marché approfondie sur les perspectives des tendances du marché des produits frais dans un monde post-Covid. Il a notamment insisté sur la vague Healthy que les distributeurs ont su saisir malgré la crise.
© Julia Commandeur - FLD / IGD /captures d'écran

L’Areflh et Freshfel Europe ont tenu leur événement conjoint 2020 le 29 septembre, juste après leurs assemblées générales respectives, par web conférence, sur le thème “La route à suivre : un secteur adapté aux futurs défis”. L’occasion de revenir sur les nouvelles priorités politiques de l'UE et faire le point sur ce que l'avenir réserve au secteur des fruits et légumes frais, en termes politique mais aussi de conditions de marché, d’attentes sociétales et de consommation : Green Deal européen, nouvelle PAC, agenda politique de la stratégie “de la ferme à la l’assiette” pour le secteur agroalimentaire, Brexit, évolution des échanges commerciaux et nouvelles tendances du marché résultant de la pandémie Covid-19 ont ainsi été abordés.

Commerce : surfer sur la vague healthy

Jon Wright, analyste de l'IGD a exposé une analyse de marché approfondie sur les perspectives des tendances du marché des produits frais dans un monde post-COVID-19. Dans cette crise sanitaire puis économique, dont le retour de la croissance est attendu en 2022, le choc est économique mais aussi psychologique. Comment pousser les gens à consommer des produits plus durables et qualitatifs mais donc plus chers ? « Des actions plus efficaces sont donc à mettre en place. Post Covid, les consommateurs sont à la recherche d’une expérience shopping, ils utilisent leur temps différemment et sont à la recherche de nouveaux produits et en attente de produits healthy. Opérateurs de la filière fruits et légumes : vous avez donc une carte à jouer ! Communiquez ! Restez créatifs pour avoir un impact en magasin mais aussi au domicile du consommateur. Quant aux retailers, ils devront restés agiles : le e-commerce est le grand gagnant de la crise, mais notons aussi la réorientation vers des magasins plus petits ou la mise en place de nouveaux corners (Veggie chef, go natural) qui jouent sur la croissance healthy. »

Nutrition et lutte contre l’obésité : les  fruits et légumes ont toute leur place

Ouvrant la conférence, Janusz Wojciechowski, commissaire européen à l'agriculture, a rappelé entre autres que la lutte contre l’obésité était une priorité et qu’il était donc approprié de prendre des mesures pour pousser la consommation des fruits et légumes. « Les programmes scolaires de la Commission seront révisés en 2023 pour intégrer la nécessité d’une alimentation saine et durable. »

Selon Paolo De Castro, membre du Parlement européen : « Des études d’impact seront réalisées au printemps sur les régimes alimentaires, les apports nutritionnels sur plusieurs pays, afin d’arriver à une harmonisation européenne. Car la manière de cuisiner, les moments de consommation, la quantité ingérée, qui dépendent beaucoup des habitudes culturelles de chaque pays, jouent en bien ou en mal sur l’impact nutritionnel d’un aliment. »

Une politique européenne ambitieuse, mais à quel prix ?

Herbert Dorfmann, député européen, a regretté la difficulté à s’accorder entre groupes politiques au Parlement concernant la future Pac. Concernant le budget, « la situation n’est pas parfaite mais comparé à il y a deux ans, on n’est pas mal, avec une hausse de 10 %. La proposition est acceptable compte tenu de la situation et de la crise actuelle. » Il précise aussi : « Pour les fruits et légumes, nous allons maintenir dans les programmes opérationnels de manière substantielle. Le budget restera ouvert et il n’y a pas de baisse des dépenses prévues. »

Simona Caselli, présidente de l’Areflh : « Nous sommes très attentifs aux questions d’argent et je pense que les stratégies européennes mettent la barre trop haut -50% de pesticides, +50% de nutriments dans les assiettes, 25% de production en bio…. Les budgets seront-ils suffisants ? »

D’autant plus que Michael Scannell, directeur général adjoint à la DG Agri de la Commission européenne, le reconnait : « Les fruits et légumes, ça fait trop longtemps que vous êtes dans l’ombre des grands secteurs comme l’élevage ou les céréales mais dans les coulisses vous avez fait et faites un travail remarquable. Il faut que les consommateurs prennent conscience de ces efforts et de la qualité de vos produits. Et donc il faut des actions de promotion et de reconnaissance. »

Et Simona Caselli de conclure : « Tous ces sujets continueront de faire l’objet d’efforts les prochains mois. Notre secteur des fruits et légumes doit continuer à faire preuve de résilience et les autorités doivent faire preuve d’adaptation et d’écoute. »

Et aussi en projets...

Sur le règlement bio, Michael Scannell s’est aussi engagé devant les membres de Freshfel et de l’Areflh a lancé le débat quant à autoriser l’hydroponie en bio.

Claire Bury, directrice générale adjointe pour l'alimentation à la DG Santé de la Commission européenne : « Un rapport est en préparation sur le passeport phytosanitaire (électronique notamment) et devrait être présenté en décembre ».

 

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