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Programme et enjeux du Varenne agricole de l'eau

Vendredi 28 mai après-midi s’ouvre le Varenne de l’eau annoncé par Emmanuel Macron et Julien Denormandie. Il vise à engager une réflexion collective et construire des politiques durables pour « la résilience du modèle agricole face aux aléas climatiques », selon le gouvernement. Avec au cœur des discussions : le dossier des retenues d’eau.

Sécheresse
© A.C.

Annoncé par Emmanuel Macron, un « Varenne de l'eau et du changement climatique » sera lancé ce vendredi 28 mai après-midi par le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie et la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité Bérangère Abba. Cette « réflexion » qui doit aboutir d’ici début 2022, vise à permettre de « débloquer », selon les termes du président Emmanuel Macron, les projets de retenues d'eau en gestation sur le territoire, qui suscitent régulièrement des tensions entre les associations environnementales et le monde agricole.

Lire aussi : Souveraineté alimentaire : Emmanuel Macron répond aux agriculteurs

« Le projet de ce Varenne de l'eau va être de regarder tous les blocages qu'on a sur le territoire et de réussir à définir une méthodologie beaucoup plus rapide et faire sortir en particulier tous ces petits projets en quelques mois et pas en 18, 24 ou parfois plus de 36 mois », a déclaré le chef de l'État en clôture d'un colloque sur la souveraineté alimentaire, le 18 mai dernier.

La réunion de demain sera l’occasion de dresser un point de situation, d’exposer les perspectives et de présenter la méthode entourant le Varenne agricole de l’eau et du changement climatique, indique le gouvernement. La méthode reposera sur trois principes directeurs :« la science, l’innovation et l’écoute », assure-t-on rue de Varenne. Elle permettra, ensuite, d’introduire les principales thématiques et les groupes de travail associés qui réuniront les parties concernées. Le climatologue Jean Jouzel, Thierry Caquet, directeur scientifique environnement de l’Inrae et Nadège Petit, agricultrice dans l’Eure, doivent intervenir en début d’après-midi.

Lire aussi : Un Varenne de l’agriculture et du climat, pour quoi faire ?

Seront ensuite lancés trois groupes de travail. Le premier présenté par Frédéric Descrozaille, député du Val de Marne et auteur du rapport sur la gestion des risques agricoles et Hervé Lejeune, membre du CGAAER, visera à trouver des solutions pour « anticiper les effets de la sécheresse sur l’agriculture en optimisant la gestion agricole des crises ». Au programme de ce groupe de travail : réformer l’assurance récolte, revoir la gouvernance du Comité national de gestion des risques en agriculture (CNGRA) ou encore installer un protocole de gestion de risque.

Lire aussi : La réforme du risque en agriculture passe par un regain de solidarité nationale

Le deuxième groupe de travail présenté par Anne-Claire Vial, présidente de l’Acta et François Champanhet, membre du CGAER, planchera sur la thématique « renforcer la résilience de l’agriculture en agissant notamment, sur les sols, les variétés, les pratiques culturales et d’élevage, les infrastructures agroécologiques et l’efficience de l’eau d’irrigation ». Une enveloppe devrait être annoncée sur ce sujet à destination de la recherche et de l’innovation, selon le cabinet du ministère de l’Agriculture.

Ce groupe devra faire un diagnostic sur l’impact des changements climatiques à l’horizon 2035 sur les filières agricoles et identifier les leviers d’action à l’échelle des territoires.

Lire aussi : Une cellule interministérielle pour faire le point sur les projets de territoire pour la gestion de l'eau

Cartographie des territoires avec risque de sécheresse

Le troisième groupe de travail aura pour épineux objectif d’ « accéder à une vision partagée et raisonnée aux ressources en eau mobilisables pour l’agriculture sur le long terme » en faisant le point sur les réalisations, les avancées et perspectives. A sa tête sont annoncés : Jean Launay, président de la Confédération nationale de l’élevage, Luc Servant, président de la Chambre régionale d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine et Hugues Ayphassorho, membre du conseil général de l’environnement et du développement durable.

Ce groupe de travail aura pour mission de faire le point sur les projets de territoires pour la gestion de l’eau (PTGE) dans l’objectif d’en faire aboutir au moins 50 d’ici 2022 et 100 d’ici 2027. Les filières agricoles se plaignent des délais encore trop longs pour faire aboutir ces PTGE alors que comme vient de le souligner le ministère de la transition écologique en publiant la cartographie d’anticipation de la sécheresse, l’été 2021 s’annonce très sec.

L’objectif du gouvernement : identifier les leviers pour passer outre les désaccords entre les différents usagers de l’eau. Au cabinet du ministère de l’agriculture on se félicite par exemple que le PTGE de Puiseau-Vernisson, dans le Loiret, ait enfin été adopté, les travaux ayant pu commencer. Il y a quelques jours la FNSEA se réjouissait de son côté que les agriculteurs irrigants du bassin de l’Adour aient pu obtenir gain de cause sur l’autorisation unique de prélèvements (AUI), le syndicat agricole y voyant un signal positif avant le lancement du Varenne de l’eau.

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