Aller au contenu principal

L’allaitement artificiel, une charge à maîtriser

L’allaitement artificiel garantit un apport de lait suffisant aux agneaux surnuméraires. Certains fondamentaux sont à respecter pour limiter le coût de cette pratique de plus en plus onéreuse.

<em class="placeholder">Des agneaux en case d&#039;allaitement à la louve</em>
Les agneaux à la louve sont en lot d'âge homogène.
© D. Séailles

« L’allaitement artificiel concerne les agneaux surnuméraires, au-delà de deux agneaux par portée », rappelle Laurent Solas, conseiller ovin à la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire, lors d’un webinaire du Ciirpo. « En aucun cas l’atelier d’allaitement ne doit pallier un manque de lait des brebis, qui doivent être capables d’élever deux agneaux»

L’allaitement artificiel est une pratique qui peut vite s’avérer coûteuse si elle est mal maîtrisée. « Pour un allaitement réussi, j’estime la marge nette par agneau à environ 37 euros », témoigne Stéphane Pype, conseiller ovin à la chambre d’agriculture de l’Oise. « Le coût total de la poudre de lait est de 37 euros par agneau sevré à 35 jours… mais grimpe à 75 euros par agneau sevré à 60 jours. » Il convient donc de sevrer les agneaux tôt, à partir de 12 kilos et 35 jours.

Colostrum obligatoire

« Que ce soit en allaitement maternel ou artificiel, il est capital d’assurer une bonne prise du colostrum, à hauteur de 10 % du poids vif dans les six heures suivant la naissance », martèle Laurent Solas. Pour les portées multiples, le colostrum peut faire défaut. Pour pallier ce manque, prévoir une réserve de colostrum congelé. Quant aux colostrums en sachet, ils peuvent ne pas contenir assez d’immunoglobulines. Or, les agneaux doivent en consommer entre 12 et 24 grammes pour acquérir l’immunité.

L’idéal est de laisser deux agneaux similaires à la mère : deux petits ou deux gros. L’agneau qui tète le mieux peut être choisi pour être mis à la louve. « Certains laissent les agneaux surnuméraires téter du colostrum plus de douze heures, constate Stéphane Pype. Je suis plutôt partisan de les retirer tôt. Ils démarrent mieux à la louve. » Les agneaux doivent être allotés de manière homogène, par âge.

Un lait bien dilué et un bâtiment propre

Pour la dilution du lait en poudre, pas de secret : il faut suivre rigoureusement la notice. « Mieux vaut surconcentrer, en cas de doute », conseille Laurent Solas. Pour garantir une concentration en poudre de lait constante, la pression de l’eau doit être régulière. « Dans tous les cas, ne jamais changer de poudre de lait pour un lot. » En plus du lait, du concentré, du fourrage, de l’eau et de l’argile sont mis à disposition. Ainsi, les agneaux apprennent à boire de l’eau, qui est indispensable pour digérer le concentré. Les abreuvoirs à niveau constant sont à privilégier.

L’hygiène du bâtiment doit être irréprochable, avec un nettoyage quotidien des supports de tétines et un paillage régulier. Entre chaque lot, un vide sanitaire, avec curage et désinfection, doit être réalisé. « Au lycée agricole de Charolles, nous avons installé un mètre de caillebotis le long des tétines et de l’abreuvoir, pour écouler les pertes de lait et d’eau. Le reste de l’espace a été construit avec un pendage, ce qui permet de drainer la litière et de laver à grande eau », témoigne Laurent Solas.

D’autres solutions existent

L’adoption peut aussi être une solution en cas d’agneaux surnuméraires. « C’est la solution la plus économique, mais pas la plus facile à mettre en place », reconnaît Laurent Solas. Et en bergerie, trois agneaux peuvent être gardés sous la mère, à condition qu’elle soit très laitière et bien alimentée, et de sevrer précocement le premier agneau atteignant 12 kilos.

Chiffres clés

 

  • Densité maximum 4 agneaux par mètre carré
  • Effectif maximum 30 agneaux par lot
  • Allaitement au seau 1 tétine par agneau
  • Allaitement à la louve 1 tétine pour 8 à 10 agneaux
  • Dilution 200 g de poudre par litre d’eau
  • Température de dilution 55 à 65 °C
  • Température de distribution 40 à 45 °C

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Outil multifonction intégré au parc de contention permettant de parer une brebis sur le dos</em>
Bien choisir sa cage de retournement
Parer les onglons peut être éprouvant physiquement. Une cage de retournement est une solution pour soulager l’éleveur. Il en…
Un chiot de protection dans une case refuge dans une bergerie avec ovins.
Introduire un chiot de protection dans un troupeau ovin, une étape clé
Le chien de protection est un atout des troupeaux face à la prédation. Le choix du chien et son introduction dans le troupeau…
Un éleveur se tient dans une bergerie.
Des agneaux vendus en direct au Gaec Frémon
En Loire-Atlantique, le Gaec Frémon produit des agneaux pour approvisionner en direct des bouchers nantais. Il mise sur des races…
<em class="placeholder">Photo d&#039;ouverture</em>
Brebis et vaches font la paire
La complémentarité entre élevage ovin et bovin offre de nombreuses synergies, en matière de pâturage, d’équipement ou de conduite…
Maxime Mechin dans sa bergerie, au milieu de ses brebis BMC.
Loire : « J’ai trouvé un compromis entre héritage et modernisation de l’exploitation familiale »
Reprendre une exploitation, c’est faire des choix techniques, mais aussi organiser un système cohérent et durable. Maxime Mechin,…
<em class="placeholder">Brebis et agneau pâturant un sous-bois.</em>
Le pastoralisme résiste et gagne du terrain hors de ses bastions historiques
En vingt ans, les élevages pastoraux ont mieux résisté que l'ensemble des systèmes herbivores. Derrière une grande diversité de…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre