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Laitue dans le Nord : « Sans le Movento, on est vraiment dans l’impasse »

Jean-Christophe Saingier, producteur de laitues Iceberg à Verlinghem dans le Nord, témoigne de sa difficulté à lutter contre les pucerons sans le Movento, insecticide à base de spirotétramate, retiré du marché à l'échelle de l'Union européenne. Le maraîcher parvient à maintenir certains créneaux grâce à une dérogation 120 jours obtenue du 19 mars au 17 juillet.

<em class="placeholder">laitue iceberg nord plein champ protection phytosanitaire puceron Movento perte économique</em>
Sans Movento, Jean-Christophe Saingier n'a pu récolter que 25% de sa production habituelle pour ses premiers créneaux de plantation, avant le début de la dérogation.
© J.-C. Saingier
<em class="placeholder">Jean-Christophe Saingier, producteur de laitues Iceberg à Verlinghem dans le Nord.</em>
Jean-Christophe Saingier

« Notre production ne tient plus que grâce à la dérogation du Movento en cours contre les pucerons. Malheureusement, celle-ci n’est pas arrivée assez tôt pour protéger nos premiers créneaux de plantation : ceux du printemps et ceux plantés de mi-juillet jusqu’à la mi-août. Dès les deux premières semaines de récolte au printemps, nous avons rencontré d’importants problèmes. Nous avions réalisé une application de Decis Protech à la plantation. Quand nous avons retiré la bâche quinze jours après, les salades étaient déjà infestées de pucerons.

Les conséquences économiques sont lourdes. Habituellement, nous récoltons huit palettes sur ce créneau. Cette année, je n’en ai récolté que deux, soit seulement 25 % du volume habituel.

Nous avons testé quelques alternatives. On a essayé la mise en place d’une bande fleurie, mais ça n’a pas donné satisfaction car sa gestion est compliquée vis-à-vis des adventices, et elle ne favorise pas uniquement les auxiliaires : elle peut également attirer certains ravageurs. On a aussi testé la mise en place d’un filet anti-insectes sur chou chinois contre l’altise. Cela n’a fonctionné qu’à 50 %. Je pense donc que le puceron parviendrait malgré tout à coloniser la salade. En plus, on ne peut pas couvrir toute la culture de salade comme on le fait en chou chinois, sinon nous observons de la pourriture.

Pour les prochains créneaux, à la fin de la dérogation, nous tenterons l’application de Flipper [produit de biocontrôle à base de savon noir homologué contre ce ravageur sur un grand nombre de cultures légumières]. Si cela ne fonctionne pas, nous augmenterons peut-être nos surfaces de chou chinois, qui est notre seule culture d’été en plein champ. Ce n’est pas une culture simple à conduire, mais on ne la traite pas, à part un désherbant en début de culture.

Nous restons quand même à l’écoute de ce qui se fait chez le voisin, en station d’expérimentation ou chez les obtenteurs. Plusieurs organismes nous accompagnent, notamment les techniciens de la coopérative Marché de Phalempin et ceux du Pôle Légumes Région Nord qui suivent régulièrement nos parcelles. On participe à des tours de plaine et à des formations avec d’autres producteurs. Nous travaillons également avec plusieurs obtenteurs sur la résistance variétale au puceron. Pour l’instant, il n’y a vraiment rien de prometteur de ce côté-là. »

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