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Invitation à la ferme : Un réseau d'éleveurs qui grandit

Invitation à la ferme est la marque d'une trentaine d'élevages en bio qui transforment leur lait en yaourts, desserts et fromages.

Le réseau Invitation à la ferme a célébré sa trentième ferme adhérente en novembre dernier. Créé fin 2014 par cinq éleveurs, le premier réseau français de produits laitiers fermiers biologiques continue de se développer. En 2018, il a accueilli dix nouvelles fermes. En 2019, des élevages de chèvres et brebis le rejoindront. Les produits laitiers sont vendus dans plus de 800 points de vente : GMS, magasins de producteurs, un peu de restauration collective...

Invitation à la ferme est une marque collective appartenant à 100 % aux éleveurs adhérents du réseau. Une équipe de cinq salariés accompagne les éleveurs. L'effort est mutualisé : création des recettes, de la marque et des packagings, site internet, supports pour les animations en magasin. " Ils sont très pros ; c'est sécurisant, note Thierry Loiseau, un des associés de la Ferme du terrier, en Vendée (4 associés, 3 salariés, 70 vaches montbéliardes, 135 ha, volaille de chair). Les ingénieurs du réseau nous ont fait les plans du local de transformation et nous ont conseillé pour le matériel. Nous avons bénéficié d'un achat groupé pour certains matériels. Ils ont formé deux associées à la fabrication des yaourts, aux mesures d'hygiène et de traçabilité. Ils m'ont formé à la partie commerciale. Un ingénieur nous a accompagné à la transformation les deux premières semaines de fabrication. Puis ils assurent un suivi régulier. " Les achats groupés de matières premières et d'emballages permettent de réaliser une économie d'environ 20 % par rapport à des achats réalisés individuellement.

Une bonne rémunération des éleveurs

" Sans le réseau, nous n'aurions sans doute pas osé franchir le pas, lance Thierry Loiseau. On vendait déjà du lait cru et on songeait à la transformation. Un jour, un voisin, adhérent Invitation à la ferme, nous a dit que presque tout son lait était maintenant transformé, et qu'il cherchait à faire entrer un nouvel éleveur dans le réseau. Nous avons saisi cette opportunité et signé en novembre 2017. En avril 2018, nous fabriquions nos premiers yaourts sous dix références. Début novembre, nous valorisions déjà près de 75 000 litres. " Aujourd'hui, la ferme fabrique aussi deux riz au lait. En janvier, elle produira deux crèmes desserts. " Si nous avions investi seuls, jamais nous n'aurions démarré si fort. "

Chaque adhérent paye au réseau un droit d'entrée et un pourcentage sur ses ventes. Grâce au réseau, il dégage une valeur ajoutée qui permet de tirer un bénéfice de la transformation et de rémunérer son lait à 530 €/1 000 l en 2018(1). En 2019, ce sera 550 €. Tous les membres du réseau s'engagent à proposer le même tarif à tous ses clients quelle que soit leur taille. Une autre marque a été créée, " Les petits fermiers " pour accompagner des conversions bio. Ces éleveurs vendent leurs produits au prix du bio. 

(1) En filière longue, le lait bio est payé environ 465 €/1 000 l en prix de base.
 

Des engagements au-delà du bio

Pour capter de la valeur ajoutée, " la marque a misé sur un ensemble : un produit sain de qualité ; un emballage attractif ; un cahier des charges ambitieux ", énumère Corinne Charote, responsable commerciale et marketing d'Invitation à la ferme. Et les éleveurs invitent les consommateurs à venir assister à la traite une fois par mois. La règle est qu'une ferme fournit les magasins sur 80 km autour d'elle.

" Le cahier des charges va au-delà du réglement européen bio : plus de 70 % d'herbe dans la ration, un pâturage d'au moins sept mois sur 30 ares accessibles par vache. Le lait n'est pas homogénéisé, pas standardisé en ultrafrais. Le fromage est au lait cru. Le robot de traite est interdit... ", détaille Corinne Charote.

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