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"Nous nous adaptons par petits pas"

Chez Philippe Marie et Thomas Pelletier, l'objectif n'est pas de produire plus à tout prix, mais de trouver le bon équilibre pour bien vivre de son métier. Ils s'informent sur les changements économiques et les nouvelles attentes sociétales, et guettent les réelles opportunités pour réaliser des investissements rentables.

Etre chef d'entreprise, c'est s'adapter à son environnement

"En 2005, on commençait à entendre parler de volatilité des prix. Nous avons commencé à faire de l'épargne de précaution et nous avons accentué la diversification de la ferme. Nous avons un atelier taurillons et une activité de transformation et vente directe de produits cidricoles", indiquent les deux éleveurs. À l'approche de la fin des quotas, ils se demandent s'il faut prendre des volumes. "J'ai été convaincu par l'économiste Vincent Chatellier qu'il fallait d'abord que nous améliorions nos coûts de production", expose Philippe.

Parmi les points clés de la gestion d'entreprise, "il faut, quand on a le choix, investir dans une activité productive et potentiellement rentable. Chez nous, ce fut le cas pour les taurillons. Nous avions les bâtiments, du blé. L'investissement n'a pas été lourd et cet atelier génère des recettes régulières." Philippe et Thomas limitent au maximum les investissements lourds et non productifs. "Nos vieux bâtiments ont 100 ans ; nous ne faisons que les réaménager." Ils ont une stratégie prudente de petits pas pour réduire les risques techniques, économiques et d'organisation du travail. "La production est passée progressivement de 420 000 à 700 000 litres en 14 ans." Pour l'activité cidricole, les éleveurs ont limité les investissements personnels en profitant de l'essor de la transformation à la ferme des pommes à cidre. "Nous avons investi en Cuma pour le pressage, embouteillage, entretien du verger..." Et les investissements personnels dans les cuves ont été progressifs.

"Un boulot bien organisé est à moitié fait"

Autre point clé, la qualité des relations humaines. "Quand s'est posée la question du robot de traite, nous avons préféré investir dans l'humain. C'est le même 'coût', mais nos deux salariés nous simplifient l'organisation du travail. Nous avons des responsabilités à l'extérieur et prenons 3 semaines de vacances par an et 3 week-end sur 4. Nous estimons que c'est un investissement plus productif qu'une automatisation, à tous points de vue. Les échanges que nous avons avec eux participent à l'efficacité de la ferme. De bonnes relations humaines, cela contribue à la solidité de l'exploitation." Les éleveurs se sont faits accompagner pour créer le Gaec, avec un juriste du Cerfrance. "Il nous a posé plein de questions pour définir notre objectif et il nous a fait prévoir et écrire les règles de fonctionnement : organisation des congés, les horaires, la répartition des responsabilités, les règles de rémunération et de gestion des comptes associés..."

Aujourd'hui, faut-il s'adapter aux nouvelles attentes sociétales ? Les éleveurs se posent encore des questions et attendent des opportunités réelles. "En lait, le bio impliquerait de gros changements sur notre ferme et surtout ne pourrait plus faire vivre 4 actifs. Le sans OGM, sans pesticide, etc., une partie seulement des consommateurs est prête à payer plus. Nous réfléchissons pas mal à la méthanisation mais l'investissement est lourd. Nous cherchons des solutions légères."

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