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Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

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Trois autres solutions pour épauler vos yeux

Acceptation du chevauchement, chute du taux de progestérone… sont d’autres indicateurs permettant de compléter l’observation visuelle des chaleurs.

Les outils de monitoring décrits dans l’article précédent permettent d’aller au-delà de la « simple » détection des chaleurs mais représentent aussi un niveau d’investissement certain. Aussi, en fonction de vos attentes, il sera possible d’opter pour des solutions moins high-tech mais tout aussi adaptées à votre élevage.

Les détecteurs de chevauchement mécaniques

Type Kamar, Oetruflash et les capteurs électroniques de pression collés sur la croupe des vaches au moins huit à dix jours avant les chaleurs présumées ainsi que la peinture sont plutôt efficaces pour détecter les chaleurs à condition que la femelle en chaleurs accepte le chevauchement. Ils sont par conséquent très efficaces au pâturage notamment pour les génisses. « La peinture se voit moins bien que les détecteurs de chevauchement mécaniques ou électroniques », souligne Catherine Disenhaus, d’Agrocampus-Ouest. Il faut par ailleurs renouveler le marquage tous les un à trois jours.

Reste qu’en stabulation à logettes, « une chaleur sur deux n’est pas accompagnée d’acceptation du chevauchement et le phénomène s’accentue avec le niveau de production des vaches », prévient Catherine Disenhaus. En revanche, en système très pâturant ou en stabulation libre, si le niveau de production par vache n’est pas très élevé, l’expression des chaleurs est généralement très bonne. « L’utilisation de détecteur de chevauchement est donc possible et coûte moins cher que les outils de monitoring. » Les dispositifs mécaniques collés sur la croupe des femelles « coûtent également moins cher que les capteurs électroniques de pression. » Côté plus, on notera un prix attractif (1,50 à 2 euros pour un dispositif non électronique) et la facilité d’emploi. Côté bémols, le dispositif peut se décoller (attention aux brosses) et s’avère inefficace en cas de non-acceptation de chevauchement.

Le dosage de progestérone dans le lait à la ferme

La progestérone permet de cibler le moment de l’ovulation et par conséquent le moment optimal pour l’insémination. Une chute du taux de cette hormone dans le lait signifie que la vache va venir en chaleurs puis ovuler. Son dosage en élevage peut se faire avec le minilaboratoire Herd Navigator proposé par DeLaval (lire p. 29) ou des bandelettes (test effectué19 jours après l’IA). Ces dernières apportent une réponse rapide. « Elles permettent de valider de façon occasionnelle des observations visuelles, mais elles ont des limites », souligne Marylise Le Guénic de la chambre d’agriculture de Bretagne. Marthaimée Laurier d’Alysé-élevage confirme certaines difficultés pour valoriser les résultats du test. « Nous avons lancé ce produit il y a près de deux ans mais les éleveurs ne l’ont pas vraiment utilisé parce que la lecture et l’interprétation des résultats étaient un peu compliqués. Ils avaient parfois tendance à conclure qu’une vache qui n’était pas considérée en chaleurs par le test était pleine. Aujourd’hui, ils utilisent plutôt Acti-Gest pour détecter les vaches gestantes. »

Les traitements de synchronisation des chaleurs

Les injections, implants ou spirales pour synchroniser les chaleurs ou traiter des anoestrus, kystes ovariens… " sont de bons outils à condition de l’utiliser à bon escient, c’est-à-dire après avoir réalisé un diagnostic sur l’état des ovaires, la cyclicité de la femelle…", insiste Jérôme Défachelles, vétérinaire. Par exemple, après un traitement d’une synchronisation, il vérifie la présence d’un corps jaune actif sur un ovaire lors du retrait du dispositif (spirale ou implant). Il conseille également d’inséminer seulement lors de la deuxième chaleur lorsque le traitement concerne un anoestrus.

Des salariés payés pour détecter des chaleurs !

En Écosse, dans certains très grands troupeaux « des personnes sont employées pour détecter les chaleurs », rapporte Catherine Disenhaus. « Cette solution pourrait s’envisager dans certaines régions en France. » Clément Allain de l’Institut de l’élevage précise que cette solution a le mérite « de valoriser le savoir humain » et qu’elle est d’autant plus facile à appliquer en Écosse que « les chaleurs sont groupées et les troupeaux de taille importante ». Dans les grands troupeaux d’Amérique du Nord, « il y a peu de recherches sur l’amélioration de la détection des chaleurs. Les éleveurs utilisent beaucoup la synchronisation des chaleurs parce que les hormones coûtent quatre fois moins cher qu’en Europe et font moins débat ».

« Nous utilisons le Kamar sur nos génisses »

Au Gaec des Estives dans le Puy-de-Dôme, en dehors de la saison de pâturage, les génisses sont élevées sur un site distant d’une quinzaine de kilomètres de l’exploitation. « Nous allons voir les génisses une fois par jour. Mais, quand nous arrivons, elles ne pensent qu’à manger. C’est pour cette raison que nous utilisons un détecteur de chevauchement », explique Sébastien Ramade, un des deux associés. Le Gaec transforme le lait produit par ses 45 Montbéliardes en saint-nectaire fermier. Une douzaine de génisses sont inséminées en hiver pour assurer le renouvellement. « Une dizaine sont généralement pleines grâce au Kamar. Avec ce système, la détection des chaleurs est en effet très bonne. Et si on le pose correctement, en bloquant les génisses dans un couloir de contention, elles ne le perdent pas », souligne l’éleveur. Lequel apprécie également la simplicité pour poser le dispositif. « Il n’y a pas besoin de couper les poils. »

Le détecteur de chevauchement est posé sur toutes les génisses à mettre à la Repro à partir de mi-décembre. « Après l’insémination, nous attendons une dizaine de jours. En général, le Kamar se décolle tout seul et nous en remettons un autre pour confirmer l’absence de retours en chaleurs. Puis nous échographions toutes les génisses au printemps avant de les sortir. » Il n’y a plus d’inséminations après le 15 mars. Les quelques rattrapages sont assurés par un taureau pendant l’été. Pour les vaches, l’observation visuelle suffit. « La pose de Kamar ne serait de toute façon pas envisageable parce qu’il y a des brosses dans la stabulation. »

F. M.

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