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Travail en élevage laitier : « Une bonne organisation soulage la charge mentale », en Ille-et-Vilaine

En Ille-et-Vilaine, Nathalie et Fabrice Macé, ont toujours placé l’efficience du travail comme fil conducteur de l’évolution de leur exploitation.

« Trop souvent, on a le nez dans le guidon et on ne voit pas ce que l’on pourrait améliorer dans son organisation : avoir le retour de ses collègues est précieux pour avancer », estime Nathalie Macé. Installée avec son mari Fabrice, l’éleveuse a suivi en 2017-2018 une formation sur l’organisation du travail, proposée par le Ceta 35 « avec pour objectif de gagner du temps mais aussi de la sérénité ».

Avec une centaine de vaches, 200 hectares, trois enfants, des engagements professionnels et associatifs, la gestion du temps a toujours été une priorité pour Nathalie et Fabrice. « Lors de la formation, on se rendait à tour de rôle sur chacune de nos exploitations pour observer le travail d’astreinte, retrace l’éleveuse. Ensuite, les uns et les autres partageaient leurs observations en positif comme en négatif. À partir de ce constat, on échangeait pour trouver des pistes damélioration, les prioriser et établir un plan d’action ». Cette approche s’inspire du lean management, issue de l’industrie pour rationaliser le travail, qui entend faire la chasse à tout ce qui complique le travail, trouver des façons de mieux s’organiser et fluidifier chaque tâche.

Gagner du temps sur l’alimentation

« La première chose que les collègues ont remarquée est le temps passé pour l’alimentation, se souvient Nathalie Macé. Une partie des aliments était stockée dans l’ancienne partie de l’exploitation, qui est à quelques centaines de mètres de la stabulation. Ça faisait beaucoup d’allers-retours, il fallait être deux, un pour la mélangeuse traînée, l’autre avec le télescopique ». Pour gérer plus efficacement la distribution, Nathalie et Fabrice ont décidé d’investir dans une mélangeuse automotrice d’occasion.

Mais gagner du temps ne passe pas nécessairement par des investissements : une réorganisation des tâches s’envisage aussi. « Pour le travail d’astreinte du matin, nous avons réfléchi à une organisation pour avancer sans se gêner. Par exemple, je fais d’abord le tri des vaches en retard, puis Fabrice distribue. Alors je nettoie les logettes. C’est plus fluide, ça avance mieux », apprécie l’éleveuse.

Chasse au gaspillage de temps

Parfois ce sont des détails – des outils qui ne sont pas au bon endroit, des consignes à répéter sans cesse – qui font perdre du temps. « Pour les consignes, je fais des fiches, explique l’exploitante. Cela sert aux stagiaires ou à nos enfants quand ils viennent donner un coup de main. »

Pour éviter de perdre du temps à retrouver une fourche ou le balai, Nathalie et Fabrice ont délimité sur l’exploitation quatre zones où ils avaient besoin des mêmes outils : autour du robot, des petits veaux, des veaux sevrés et à la fumière. Chaque zone s’est vu attribuer une couleur de scotch que l’on retrouve sur les manches. « Dans chaque zone, nous avons installé un porte-outils. Rassembler tout au même endroit évite de perdre du temps à chercher l’outil dont on a besoin », souligne Nathalie. Pour plus de cohérence, les feuilles de consignes reprennent le même code couleur.

<em class="placeholder">Sur un tableau, toutes les informations pour chaque veau sont centralisées. Un code couleur permet d’associer toujours le même seau à chaque veau.</em>

Les deux éleveurs ont également regroupé les médicaments avec les fiches de protocoles de soin. Dans la nurserie, ils ont installé un meuble à tiroirs dont chacun contient tout ce qu’il faut pour une mission : faire un drenchage dans l’un, tout ce qui concerne l’écornage dans un autre… « Avoir tout sous la main fait gagner du temps et évite des pas inutiles », apprécie Nathalie Macé. Cela répond aussi à ses exigences de biosécurité. Ainsi, chaque veau a son seau : « Là aussi, j’utilise des scotchs de couleur pour associer facilement le seau à la bonne case. Sur le tableau, on retrouve la couleur, avec les consignes de buvée et toutes les informations nécessaires. »

Fiche Élevage

2 UTH

100 vaches

900 000 litres produits

200 hectares

Alléger sa charge mentale

En réfléchissant à son organisation, Nathalie Macé s’est rendu compte que, pour le travail administratif, elle était « plus efficace en bloquant une demi-journée par semaine plutôt que de faire quelques trucs par-ci par-là ». Mieux organiser son travail, c’est aussi éviter de s’encombrer la tête en créant des routines. « Pour les actions répétitives, les choses planifiées, j’ai créé une to-do list sur le téléphone qui m’affiche les choses à faire dans la journée, détaille l’éleveuse. Tout est centralisé ». C’est aussi le smartphone qui sert à enregistrer les informations essentielles.

« Avec Fabrice​​​​, nous avons un groupe WhatsApp sur lequel nous notons ce que nous avons fait, ce que chacun a remarqué. Par exemple, si Fabrice voit une vache qui boite, il note l’info pour que je l’ajoute sur la liste des vaches à parer. Si je vois une vache en chaleur, je le lui indique. Nous avons même un autre groupe WhatsApp dédié spécifiquement aux cultures. Fabrice réalise tous les travaux des champs et moi, les enregistrements. Comme cela, toutes les informations sont centralisées. L’idée est aussi de dissocier ce qui se passe sur l’exploitation de la vie privée, d’éviter de reparler boulot à table », partage Nathalie.

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