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Sécheresse : manquera-t-on de lait cet été ?

Alors que la dynamique laitière française est déjà en berne depuis plusieurs mois, la sécheresse fait poindre un risque de manque de lait cet été.

1997, 2003 ou 2012 ont été des années encore plus chaudes et plus sèches. La situation actuelle est « loin d’être inédite », assure FranceAgriMer.
1997, 2003 ou 2012 ont été des années encore plus chaudes et plus sèches. La situation actuelle est « loin d’être inédite », assure FranceAgriMer.
© Vienne rurale - Archives

Les laiteries sont inquiètes. La baisse de la production laitière française se poursuit : -1,2 % au premier trimestre 2022-2021 selon FranceAgriMer. À cause de la sécheresse qui sévit sur l’Hexagone, elles redoutent « une pénurie de lait en juillet et août », fait savoir Éric Forin, président de Syndilait (fabricants de lait de consommation liquide).

Depuis quatre mois déjà, le niveau de pluie est déficitaire à l’échelle nationale : -41 % en janvier, -38 % en février, -38 % en mars et -25 % en avril, selon Météo France. Les sols sont aussi secs qu’un mois de juin (indice d’humidité des sols de 0,63).

Le niveau des nappes phréatiques est également inquiétant. Selon le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM), après une période de recharge « courte et peu active », la phase de vidange des nappes a commencé « avec deux à trois mois d’avance ». Au total, « entre septembre 2021 et mars 2022, la recharge des nappes est en déficit d’environ 20 % », explique le ministère de l’Écologie.

Herbe et céréales attendent le retour de la pluie

Malgré un manque d’eau localement important, les températures élevées du début de printemps ont favorisé un bon démarrage de la pousse de l’herbe. Mais elle commence à être largement ralentie dans certaines régions.

Côté céréales, des pluies fin mai pourront sauver la mise. En maïs, en Bretagne notamment, les conditions sèches empêchent les semis de se dérouler correctement. À l’échelle nationale, l’impact sur les récoltes pourrait malgré tout être limité. « 84 % des semis étaient effectués à la date du 2 mai à l’échelle nationale, avec des levées rapides et homogènes dans la plupart des régions », indique FranceAgriMer à la mi-mai. Le colza ne sera pas non plus la culture la plus touchée par la sécheresse.

En revanche, sans pluies dans les jours à venir, le potentiel de rendement des céréales pourrait être affecté de façon irréversible, notamment pour le blé tendre qui entre dans une période de croissance critique.

L’État tente d’anticiper

Pour faire face, outre un doublement (+20 millions d’euros) des aides à l’achat d’équipements innovants pour économiser l’eau, le gouvernement a annoncé la mise à disposition des agriculteurs des surfaces en herbe d’établissements publics, de foncier de l’État, d’aéroports, de réseaux ferroviaires ou encore de camps militaires pour fournir du fourrage pour le bétail. Le potentiel est de quelques centaines de milliers d’hectares. « Dans certains cas, il existe déjà des conventions avec les agriculteurs, l’idée est que ces démarches soient optimisées », précise le cabinet du ministre de l’Agriculture.

Alizée Juanchich

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