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Salariés agricoles : « La semaine de quatre jours a permis de réduire le turn-over », en Seine-Maritime

Depuis septembre 2024, Aurélie Dumesnil, éleveuse en Seine-Maritime a instauré la semaine de quatre jours pour les cinq salariés de l’atelier de transformation fromagère. Cette nouvelle organisation a amélioré le turn over, mais aussi l’ambiance de travail. 

<em class="placeholder">Aurélie Dumesnil, éleveuse en Seine-Maritime.</em>
Aurélie Dumesnil a mis en place des entretiens annuels avec son équipe : « Nous faisons un point sur l’année, s’il y a des aspects qu’ils ont bien ou mal vécus ».
© Chambre d’agriculture de Bretagne

Les associés de la ferme Dumesnil, en Seine-Maritime emploient sept salariés : cinq en production fromagère et deux sur l’élevage bovin laitier. Face aux défis de recrutement et de fidélisation des équipes, Aurélie Dumesnil, une des quatre associés, a instauré la semaine de quatre jours à la fromagerie, avec une rotation systématique des tâches. Ce système est en place depuis septembre 2024.

En pratique, Aurélie Dumesnil élabore un planning, par trimestre, qu’elle partage avec ses salariés via une application de messagerie instantanée. « Cela offre de la visibilité et permet à chacun de pouvoir s’organiser. Je demande également toujours aux salariés s’ils ont des contraintes » explique-t-elle.

L’organisation s’appuie sur une rotation hebdomadaire des tâches de la fromagerie entre trois ateliers : pâte molle, pâte pressée et produits frais. « Je veux casser la routine, parce que moi, je déteste faire toujours la même chose ». Chaque salarié de la fromagerie travaille désormais neuf heures par jour sur quatre jours. Ils travaillent en binôme, qui changent aussi régulièrement pour renforcer la polyvalence et la cohésion. « Je souhaite que tout le monde travaille avec tout le monde. Je veux vraiment créer du dynamisme. Et je pense que cela contribue à la bonne ambiance », estime l’éleveuse.

Une meilleure répartition des tâches

Cette organisation a permis de résoudre un problème récurrent dans la répartition des tâches : « cela ne me convenait pas que les meneurs fassent le bon boulot et les suiveurs les corvées », explique Aurélie Dumesnil. Les effets se mesurent d’ailleurs sur l’ambiance de travail : « Depuis que nous avons changé l'organisation, tout le monde est satisfait, tout le monde se parle ».

L’éleveuse valorise également la communication avec son équipe. Des échanges quotidiens aux entretiens annuels formalisés, la parole des salariés structure l'évolution des pratiques. « Je pense qu'ils apprécient. Cela permet aussi de positionner les choses. Nous faisons un point sur l’année, ce qu’il s’est passé, les avantages, s’il y a des aspects qu’ils ont bien ou mal vécus ».

La semaine de quatre jours a déjà permis d’améliorer le turn-over, malgré les contraintes du métier. « Nous travaillons à 28°C dans l’humidité, à 4°C, nous portons des sacs de 25 kg, des grilles avec 20 fromages de 200 g dessus. Il y a beaucoup de nettoyage. Je ne veux pas dévaloriser notre métier, il est passionnant, mais c’est tout de même un métier dur ». Alors, dès le recrutement, l’éleveuse mise sur la transparence, avec une vidéo qui présente tous les aspects du poste : les missions (moulage des fromages, vente…), les avantages (semaine de quatre jours, moins 20% sur la production laitière) mais aussi la réalité du métier (port de charge, travail en milieu humide). Les associés essaient également de réduire la pénibilité au quotidien. Ils ont par exemple investi dans une machine à emballer les fromages « Nous avons gagné en confort sur cette étape. Nous n’avons plus qu’à porter le fromage, la machine l’emballe toute seule », confie l’éleveuse.

Fiche élevage

150 vaches laitières

30 000 litres de lait produits par semaine dont 12 000 litres transformés 

188 ha de grandes cultures

4 associés et 7 salariés

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