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Quelle quantité optimum de lait entier pour les veaux laitiers ?

Les veaux recevant des quantités de lait élevées consomment moins de concentrés, pour des croissances identiques et un coût supérieur. Tel est le résultat d’un essai mené à Trévarez avec du lait fermenté.

Aucune différence de croissance n’a été observée à Trévarez entre les veaux ayant reçu 6 litres de lait par jour ou ceux à 7 litres.
Aucune différence de croissance n’a été observée à Trévarez entre les veaux ayant reçu 6 litres de lait par jour ou ceux à 7 litres.
© Chambre d'agriculture de Bretagne

Quel éleveur ne s’est pas un jour demandé si le plan lacté pour ses veaux était adapté ou pas ? D’un côté, il y a la crainte des diarrhées alimentaires si les quantités de lait entier sont trop importantes et donc des distributions parfois inférieures à 6 litres par jour. D’un autre côté, des communications faisant référence à des publications étrangères, font état de l’intérêt de quantités de lait de 8 litres ou plus pour améliorer les croissances et même la production laitière en première lactation.

Dans nos conditions françaises, les plans lactés soutenus en termes de quantité de lait ne sont pas indispensables pour assurer de bonnes croissances, mais à l’inverse, il convient de trouver le juste milieu par rapport à des quantités distribuées trop faibles.

Un essai a été mis en place à la station expérimentale de Trévarez dans le Finistère : les femelles de renouvellement de race prim’Holstein, nées à l’automne 2019 et au printemps 2020 ont été nourries dès la fin de leur première semaine, avec 6 ou 7 litres de lait « yaourt » en plan constant, et une distribution par jour. Les quantités ont ensuite été divisées par deux la semaine précédant le sevrage pour un sevrage progressif.

Les veaux ont à leur disposition du concentré et des fibres dès leur plus jeune âge. © Chambre d'agriculture de Bretagne

 

Le lait distribué a un TB moyen compris entre 42 et 46 grammes par litre selon les périodes de naissance. En complément, les veaux avaient à disposition de l’eau, du foin, et un mélange de 35 % de fèverole broyée et 65 % de granulés d’orge. Le concentré est proposé à volonté dès 15 jours d’âge puis plafonné à 3,5 kilos après sevrage. Les veaux sont logés en case collective et sevrés quand le veau le plus jeune de la case a 8 semaines.

Une économie de 14 euros par veau avec le plan 6 litres plutôt que 7 litres

Les croissances de la naissance au sevrage sont identiques quelles que soient les quantités de lait reçues, pour un âge moyen au sevrage de 70 jours et un poids au sevrage proche des 100 kilos. Les croissances après sevrage et les poids à 6 mois ne sont pas significativement différents, même si on observe une tendance en faveur des lots ayant reçu 6 litres. À 15 mois, les deux lots atteignent les 400 kilos. Ces animaux pourront être suivis lors de leur lactation, pour compléter ces résultats.

 

Les lots « 7 litres » ont consommé 93 litres de lait en plus mais moins de concentré (près de 5 kilos de moins entre la naissance et 3,2 mois). En moyenne, la semaine avant sevrage, ils consomment 1,1 kilo par jour par veau contre 1,4 kilo pour le lot « 6 litres ». La semaine qui suit le sevrage, ils consomment 1,9 kilo par jour contre 2,1 kilos pour le lot « 6 litres ».

À Trévarez, le lait distribué aux veaux est pour moitié du lait non commercialisable. Avec une hypothèse de prix du lait aux veaux de 160 euros la tonne et un prix de concentré de 244 euros la tonne, on économise 14 euros par veau avec le plan 6 litres par rapport au plan 7 litres.

Prendre en compte le taux de matière grasse du lait

Les veaux adaptent leur consommation de concentrés aux apports de lait en termes de quantité, mais peut-être aussi en fonction de la teneur en matière en grasse.

À l’automne 2019, les deux lots « 6 litres » ou « 7 litres » ont reçu un lait avec un TB quasiment identique (46,4 contre 45,8 g/l). L’écart de consommation de concentré entre la naissance et le sevrage est de 14 kilos par veau en plus pour le lot 6 litres, les veaux consommant 1,7 kilo par jour la semaine précédant le sevrage contre 1,2 kilo pour le lot 7 litres.

 

Au printemps 2020, la répartition des naissances a fait que le lot 6 litres a reçu un lait dosant en moyenne 44,4 g/l de TB contre 41,8 g/l pour le lot 7 litres. Les lots 7 litres ont alors consommé davantage de concentrés au total entre la naissance et le sevrage, contrairement à l’automne. En revanche, autour du sevrage, ils consomment autant de concentrés par veau et par jour.

Le concentré dès le plus jeune âge prépare le sevrage

Ces résultats indiquent que les veaux peuvent adapter leur consommation de concentrés aux apports de lait en termes de quantités mais peut-être aussi en fonction de la teneur en matière en grasse. On ne peut donc que recommander d’en mettre à disposition dès le plus jeune âge. Enfin, des variations de TB entre années ou entre saisons, doivent conduire à réviser les quantités de lait distribuées (- 0,5 l pour 4 points de TB en plus et inversement), ce qui milite évidemment pour la distribution de lait de mélange pour limiter les variations en cours de période lactée.

Des résultats convergents en France

Ces conclusions confirment celles d’un autre essai réalisé à la station expérimentale des Trinottières en 2019/2020 avec du lait entier distribué aux veaux. Deux plans lactés constants ont été comparés pour un sevrage à 8 semaines et un logement en case individuelle : le lot « économe » a reçu 216 litres de lait par veau avec 4 litres par jour à partir de l’âge de 3 semaines, en 6 repas par semaine contre 312 litres et 6 litres par jour, en 14 repas par semaine pour le second lot, avec dans les deux cas un TB de 48 g/l. Les résultats concluent à un gain de travail pour le lot économe, une économie de lait, une consommation supérieure de concentré (15 kilos entre la naissance et le sevrage), une réduction des problèmes sanitaires et un gain financier pour un poids à 6 mois équivalent.

Des pratiques très variables sur le terrain

Les pratiques de 220 éleveurs ont été recueillies lors des formations réalisées par la chambre d’agriculture de Bretagne, des Pays de la Loire et la station des Trinottières. Pour ces éleveurs, en majorité du Grand Ouest, le sevrage est réalisé en moyenne à 11 semaines avec une distribution de lait estimée à 366 litres par veau. Les quantités maximales distribuées au cours de la phase lactée sont en moyenne de 6 litres par veau par jour avec une variabilité très importante selon les élevages : 50 % des éleveurs distribuent au maximum 6 litres à 7 litres, 30 % de 4 à 6 litres et 20 % plus de 8 litres. Pour les deux tiers des élevages ayant participé, le lait est distribué deux fois par jour sur toute la phase lactée.

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