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Que faire si une vache est gonflée des deux côtés ?

Quand une vache est ballonnée des deux côtés, n’attendez pas le véto pour lui faire avaler un tuyau, éventuellement avec de l’huile. En cas de détresse respiratoire et de sondage inefficace, aucune autre solution que le trocardage.

En vert le trajet du tuyau, en rouge la zone de trocardage.
En vert le trajet du tuyau, en rouge la zone de trocardage.
© S. Joandel

« Bonjour, je ne sais pas si c’est urgent mais j’ai une vache gonflée. Qu’est-ce que je dois faire en vous attendant ? » , me demande cet éleveur au téléphone. La première question à se poser est : « Est-ce que la vache est gonflée d’un côté ou des deux ? »

En l’occurrence, la vache est debout, un peu moins vive que d’habitude, mais surtout elle est gonflée des deux côtés. Il y a urgence à intervenir, avant même l’arrivée du véto. En effet, lorsqu’une vache gonfle des deux côtés, la panse finit par appuyer sur le diaphragme et l’animal peut étouffer et en mourir. Tant que la vache est debout, le plus simple est de lui faire avaler un tuyau (une extrémité jusqu’au rumen et l’autre qu’on garde en main) pour que l’air superflu s’évacue.

Un tuyau et de l’huile

L’éleveur rappelle : « Cela ne suffit pas ! » Nous voilà probablement face à une météorisation spumeuse. Il faut faire avaler de l’huile avant de ré-enfiler le tuyau. À mon arrivée, la vache a complètement dégonflé à droite et partiellement à gauche, mais la panse est à l’arrêt.

Il faut toujours observer l’animal attentivement : le gonflement commence en principe à gauche, là où se trouve la panse, et efface le creux du flanc. Quand le gonflement commence à droite, il faut plutôt penser à un problème lié à la gestation, l’apparition est beaucoup plus progressive, même si l’issue n’est pas forcément meilleure. On n’oubliera pas de vérifier si la vache a des signes de coliques (couchage fréquent, elle se regarde les flancs, tape du pied…), si elle bave, si elle a de la température, si les bouses sont normales, sèches, noires, voire absentes…

Adapter le traitement

Le traitement dépendra de la cause et de l’état de l’animal. Il faut commencer par redresser la vache si elle est étendue et lui mettre plutôt la tête vers le haut. La présence d’une forte salivation fera penser à la présence d’un bouchon œsophagien. On le mettra en évidence lors du passage du tuyau, qui va buter dessus avant d’arriver dans la panse. Il faut alors parfois une bonne dose de patience pour repousser l’obstacle ou le déliter, toujours en douceur pour éviter de créer une blessure de l’œsophage.

Si le tuyau passe jusqu’à la panse, l’expulsion de gaz est le plus souvent rapide et odorante. Si le tuyau est suffisamment enfoncé et qu’aucun gaz n’est expulsé, il faut vérifier que l’on est bien dans le rumen (on sent le tuyau passer dans l’œsophage sur le côté gauche de l’encolure de la vache) et administrer de l’huile. Elle permettra de « casser » la mousse en une partie plus liquide et une partie gazeuse. Cela peut être de l’huile de cuisine ou de paraffine. On peut administrer sans problème 0,5 à 1 litre d’huile. L’acétyltributyl (produit vétérinaire) a les mêmes propriétés.

Si l’animal est vraiment trop mal, qu’il n’y a pas de tuyau, ou que la météorisation revient rapidement, il peut parfois être nécessaire de mettre un trocard : une sorte de vis qui permet la vidange directe du gaz du rumen à l’extérieur. Dans l’extrême urgence, une très grosse aiguille dans le rumen, voire un couteau peuvent être utilisés. Il faut toujours faire attention au lieu de ponction, car les repères sont très difficiles à trouver avec l’extrême ballonnement.

À retenir

Vache gonflée

- à gauche : début de météorisation ou panse à l’arrêt

- à droite : la panse n’est pas en cause

- des deux côtés : urgence !

 

Les nombreuses causes de météorisation

- excès d’azote (trèfles, luzerne…), surtout dans la jeune herbe mouillée de printemps ou d’automne : la flore ruminale va décomposer cette herbe et en libérer des protéines solubles et des chloroplastes, favorisant la formation d’une mousse. De plus l’ingestion très rapide de grosses quantités limite la production de salive, alors qu’elle a un effet anti-moussant. Seule prévention : laisser accès à du fourrage grossier avant le lâcher. La présence de plantes riches en tanins (lotier, plantain, chicorée…) limite le risque de météorisation ;

- morceau de bâche ou amas de ficelle obstruant l’entrée du rumen ;

- corps étranger créant un bouchon œsophagien (pomme, patate, betterave…) ;

- dysfonctionnement ruminal (syndrome d’Hoflund) souvent en lien avec un traumatisme et/ou un corps étranger.

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