Qualité du lait : quatre idées reçues qui peuvent ruiner votre projet robot
Pour Mathilde Chauvat, spécialisée en qualité du lait à Seenovia, il est impératif d’assainir le troupeau avant d’installer un robot de traite. Et il convient de tordre le cou à quelques fausses croyances. Le mot d'ordre est d'anticiper le passage au robot plutôt que de le subir.
Pour Mathilde Chauvat, spécialisée en qualité du lait à Seenovia, il est impératif d’assainir le troupeau avant d’installer un robot de traite. Et il convient de tordre le cou à quelques fausses croyances. Le mot d'ordre est d'anticiper le passage au robot plutôt que de le subir.
« Les éleveurs sollicitent généralement un audit qualité du lait dans les trois à six mois qui suivent la mise en route du robot lorsqu’un problème survient, alors qu’ils auraient tout à gagner à anticiper cette intervention trois à six mois en amont du démarrage », expose Mathilde Chauvat de Seenovia.
1 "Je n'ai pas de mauvais résultats en cellules en salle de traite, tout va donc forcément bien se passer au robot"
FAUX Le passage au robot est une source de stress pour les vaches, qui engendre une baisse de l’immunité naturelle des animaux. À risque égal, un élevage aura davantage de probabilité de voir ses résultats se dégrader, avec la survenue de nouvelles infections et l’augmentation du capital infectieux, source de contamination pour le troupeau. Sur les trois mois qui précédent l’arrivée d’un robot, il faut veiller à ne pas dépasser 100 000 cellules de moyenne.
Et attention aussi au staphylocoque doré. Plus les éleveurs sont rigoureux sur l’hygiène de traite, et plus ce point mérite d’être pris en compte. En effet, cette bactérie se montre très discrète et ne provoque quasiment pas de mammite clinique. Seuls les comptages cellulaires fluctuent sans changement de pratique. Si bien que les exploitants ignorent souvent que le staphylocoque doré est présent sur leur élevage. Par leur hygiène de traite exemplaire, ils parviennent à le contenir. Mais une fois en robot, l’hygiène peut se montrer plus aléatoire et la moindre panne, la moindre défaillance ou le moindre oubli peut entraîner de nouvelles infections. C'est d'autant plus essentiel que cette bactérie se montre la plus contaminante de vache à vache à la traite et la plus résistante aussi.
2 "Je ne peux rien faire pour anticiper les problèmes de cellules avec mon futur robot"
FAUX La priorité est de ne pas avoir d’animaux infectés au démarrage du robot. Pour anticiper les problèmes, il est bon d’effectuer des analyses pour trier les vaches en amont : une analyse Bacteriodetect (190 €) sur lait de tank est vivement recommandée pour connaître les germes présents dans le troupeau et détecter la présence éventuelle du staphylocoque doré. Les analyses individuelles faciliteront quant à elles la détection des vaches porteuses. Et il sera possible de prendre les mesures nécessaires sur les vaches infectées. Il est impératif d'assainir la situation du troupeau avant l'installation du robot.
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3 "Le robot dispose d'un système de désinfection automatique, je peux m'y fier les yeux fermés"
FAUX Malgré son efficacité, un système de désinfection peut tomber en panne, surtout lors du démarrage, lors de l'adaptation du troupeau où la casse est fréquente. Une journée de panne du dispositif peut potentiellement suffire pour que quinze vaches se retrouvent infectées. Avec à la clé, une vraie menace d'explosion des problèmes.
4 "Inutile de poursuivre l'entretien de la machine à traire, vu que dans quelques mois, je n'en aurai plus besoin"
FAUX Même si la tentation est grande d’arrêter l’entretien de la machine à traire qui ne servira plus dans quelques mois, cela n’est pas une bonne idée. L’économie du contrôle Opti’Traite ou du renouvellement des manchons trayeurs peut fortement dégrader la santé mammaire avant le passage au robot et pénaliser le démarrage de celui-ci. C’est une erreur qui peut coûter cher, vu les problèmes que cela peut générer derrière.