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Piloter son atelier lait grâce à la marge alimentaire

Dans un environnement aussi fluctuant qu’incertain, piloter économiquement son atelier lait peut être déroutant. Adice propose une méthode basée sur la marge alimentaire. Explications.

Piloter son atelier lait grâce à la marge alimentaire
© Source : Fidocl

« La marge alimentaire est un très bon indicateur de la performance économique et technique d’une exploitation », plante Jean-Philippe Goron, conseiller chez Adice, Conseil élevage Ardèche Drôme et Isère, lors d'une conférence organisée pendant le sommet de l'élevage. Dans un contexte où les prix du lait sont haussiers et où les intrants ont très fortement augmenté, « il faut travailler sur sa marge alimentaire », assure le conseiller.

Côté méthode, il propose de commencer par calculer ses coûts de production hors alimentation. « Aujourd’hui, l’ammonitrate a fortement augmenté, le prix du GNR a doublé, tout comme l’électricité, si ce n’est plus. » S’y ajoutent la rémunération de l’éleveur et les cotisations MSA. De cela sont retranchés les aides et les autres produits. Reste les charges à couvrir par la marge alimentaire comme le montre le graphique.

L’objectif est ensuite d’évaluer si la marge alimentaire permet de couvrir ce montant. Si ce n’est pas le cas, il faut revoir sa stratégie.

Un manque de 10 000 € pour être à l’équilibre

Prenons le cas d’un Gaec en zone AOP saint marcelin dans l’Isère.

Piloter son atelier lait grâce à la marge alimentaire

Comme l’indiquent les tableaux, les charges hors alimentation s’élèvent à 388 €/1 000 l auxquelles s’ajoutent 162 €/1 000 l de rémunération. En en retranchant les aides et le produit viande, le reste à couvrir par la marge alimentaire s’élève à 209 560 € soit 8,3 €/VL/j ou encore 403 €/1 000 l.

Côté marge alimentaire : le produit lait s’élève à 244 400 € (520 000 l x 470 €/1 000 l). Les charges d’alimentation sont de 45 292 €. Leur différence estime la marge alimentaire du Gaec à 199 104 €.

Ces calculs de la marge alimentaire et des charges qu’elle doit couvrir mettent en évidence un manque de 10 452 €. Dès lors, quelle stratégie adopter ? Pas de solution miracle, cela dépendra de la situation de votre élevage et de vos marges de manœuvre.

Renforcer sa stratégie

De son côté, le Gaec mise sur le maintien voire l’augmentation du volume produit pour conserver le même niveau de chiffres d’affaires lait tout en renforçant le pâturage. « Maintenir le volume de lait c’est le premier garde-fou », explique Jean-Philippe Goron. « Et chercher l’herbe au maximum pour arrêter le tourteau mais en gardant la base maïs, résume le conseiller. Mais attention au surcoût de carburant et au temps de travail supplémentaire. »

Fiche élevage

• 2 associés

• 69 VL à 7 359 l

• 520 000 l de lait vendus

• 84 ha dont 40 ha de prairies naturelles, 24 ha de prairies multiespèces, 10 ha de maïs épi, 5,5 ha de maïs ensilage et 4,5 ha de méteil

• 100 % autonomes en fourrage

• 250 g de concentré VL/l lait

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