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« Nos montbéliardes vêlent à 25 mois »

Au Gaec des Clarines, dans le Doubs, cinquante à soixante génisses vêlent chaque année à 25 mois. Objectifs : meilleure qualité des mamelles, moins de risques au vêlage et plus de lait par jour de vie.

Joseph Mougin (à gauche) avec son frère Alexandre et son neveu Paul présentent un lot de six primipares ayant vêlé en moyenne à 24 mois.
Joseph Mougin (à gauche) avec son frère Alexandre et son neveu Paul présentent un lot de six primipares ayant vêlé en moyenne à 24 mois.
© Gaec des Clarines

« Nos génisses vêlent à 25 mois en moyenne depuis 2008 », décrivent Alexandre et Joseph Mougin, deux des quatre associés du Gaec familial. Les plus jeunes vêlent à 23 mois et les plus âgées à 29-30 mois. L’âge au vêlage n’est pas une cause de réforme.

Les associés ont mis le cap sur le vêlage précoce pour quatre raisons. « Cela limite l’excès d’engraissement des animaux. Les mamelles sont de meilleure qualité. Il y a moins de problèmes au vêlage. Cela libère de la place dans les bâtiments. »

Les montbéliardes du Gaec produisent en moyenne 12 litres de lait par jour de vie. « C’est plus que la moyenne de notre groupe au contrôle laitier (10,1 l) parce que nos vaches ont moins de jours improductifs dans leur carrière », précisent les deux frères.

Douze litres de lait par jour de vie

Les cinquante à soixante génisses qui naissent chaque année sont toutes élevées. Une partie sert au renouvellement du troupeau de cent montbéliardes à 8 300 litres. « Nous commercialisons une cinquantaine de femelles par an, essentiellement des vaches en lait et quelques génisses à l’export. C’est plus facile de vendre une vache en troisième veau qui a vêlé tôt parce qu’elle est encore jeune », argumentent-ils. Seulement cinq à six vaches partent à la réforme chaque année. Les plus âgées du troupeau sont en huitième ou neuvième lactation.

Pour faire du vêlage précoce, les associés soignent la phase d’élevage de 0 à 6 mois. « Il faut distribuer du colostrum de très bonne qualité. » Depuis deux ans, la concentration en poudre de lait a été augmentée de 130 g à 160 g par litre. Depuis, les génisses consomment 80 kg de poudre lait contre environ 50 kg auparavant jusqu’au sevrage à 90 jours.

Un objectif de 230-240 kg à 6 mois

Jusqu’à 4,5 mois, le foin est complété par un mélange à base de maïs grain pour deux tiers et de VL à 33 % de protéines pour un tiers. Le mélange final contient 16 % de protéines. Puis la VL 33 est remplacée par une VL 24. « Une génisse de 6 mois doit peser entre 230 et 240 kg. » Le cahier des charges de l’AOP comté limite l’apport de concentré à 1,8 t par vache et 500 kg par UGB génisse. « Cela oblige à distribuer une bonne ration de base pour assurer une bonne croissance aux génisses. »

Joseph Mougin insémine toutes les femelles du troupeau depuis 2013. « Pour faire vêler tôt, il faut passer beaucoup de temps à observer les génisses pour détecter leurs chaleurs. » Après vêlage, celles qui ont vêlé tôt reçoivent un peu plus de concentrés que les autres.

Une moyenne de 34 mois au premier vêlage pour la montbéliarde en France

L’âge moyen au premier vêlage a été de 34 mois pour la race montbéliarde en France lors de la campagne 2018-2019, selon l’observatoire de la reproduction des bovins Reproscope.

Identique à celui de la race normande (34 mois), c’est en revanche deux mois de plus que la moyenne nationale toutes races confondues (32 mois). La moyenne baisse à 30 mois pour la race prim’Holstein.

« Toutes races confondues, l’âge au premier vêlage des génisses issues de 145 exploitations bretonnes en système conventionnel suivies dans le cadre de groupes lait n’est que de 27 mois », précise Céline Bessou, de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Moins d’effets sur le coût de renouvellement

« La réduction de l’âge au premier vêlage a moins d’effets sur le coût de renouvellement que la stratégie de renouvellement, observe la conseillère en production laitière. L’augmentation de l’âge au premier vêlage a certes tendance à augmenter le coût de renouvellement. Mais, pour un même âge au vêlage, nous observons une très forte variabilité du coût de renouvellement. Cette variabilité s’explique d’abord par les choix des éleveurs sur le nombre de génisses élevées, les taux de renouvellement et de réforme, avant la conduite (alimentation, âge au vêlage, …). »

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