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L’évaluation génétique des bovins laitiers croisés est techniquement possible

L’indexation des animaux issus de croisements laitiers est envisageable dès 2023. Reste désormais à franchir le cap politique pour être déployé sur le terrain.

Pour bénéficier d'évaluations génétiques officielles, les bovins issus de croisements devront être reconnus par des organismes de sélection.
Pour bénéficier d'évaluations génétiques officielles, les bovins issus de croisements devront être reconnus par des organismes de sélection.
© I. Pailler

« Nous serons en mesure de proposer des premières évaluations génomiques pour les croisés en 2023 » , indiquent Pascal Croiseau, chercheur à Inrae, et Romain Saintilan, d’Eliance.

Mettre au point une évaluation génétique pour les croisés a nécessité de relever plusieurs défis. « L’hétérosis est un cadeau. Mais il est très peu transmissible à sa descendance et difficilement « utilisable » en sélection », explique Romain Saintilan. C’est pourquoi, il faut corriger la valeur génétique de l’effet d’hétérosis. « Ce dernier est d’autant plus fort que les races utilisées pour le croisement sont éloignées. »

Par ailleurs, les chercheurs utilisent une puce de génotypage à 54 000 marqueurs génétiques. « Les marqueurs sont des représentants des gènes qui diffèrent selon les races, tout comme leur effet », souligne Pascal Croiseau.

Pas d’évaluation officielle sans livre généalogique

La seconde étape est plus politique. « il faut que ces animaux soient reconnus par des organismes de sélection pour qu’ils puissent bénéficier d’index », expliquent Pascal Croiseau et Romain Saintilan. Cette condition découle du nouveau Règlement zootechnique européen (RZE) appliqué depuis novembre 2018. Ce règlement fait de l’organisme de sélection (OS) la pierre angulaire du dispositif génétique. La tenue du livre généalogique, indispensable à « la reconnaissance génétique » des animaux, fait partie de ses missions. Si aucun OS n'accepte d’intégrer les animaux croisés dans un livre généalogique (actuel ou créé pour les croisés), ces animaux ne pourront pas bénéficier d’évaluation génétique officielle. Autrement dit, même si la méthode est prête, c’est l’agrément des OS qui pourra être limitant dans le déploiement des évaluations génomiques sur le terrain.

Les OS race pure doivent jouer le jeu

Cette étape incontournable va faire l’objet de débats entre responsables du dispositif génétique français. Nul ne sait combien de temps elle prendra. Le partage des données entre organismes de sélection pourrait notamment être une source de blocage. « Pour génotyper des croisés, il faut pouvoir utiliser les données issues de chaque race pure utilisée pour le croisement. Il faudra que les organismes de sélection de chaque race acceptent de fournir leurs données et se mettre d’accord sur les règles de leur diffusion », explique Romain Saintilan.

Dans le cas du croisement Procross (Holstein x montbéliarde x vicking red), il faudra obtenir l’accord d’un partenaire étranger (Vicking Genetics). Ce ne sera pas forcément la contrainte la plus difficile à lever. « Lors de nos travaux dédiés à la mise au point d’une méthode d’évaluation génétique des croisés, l’OS prim’Holstein, Umotest et Vickings Genetics ont joué le jeu. Ces trois organismes de sélection ont accepté de nous fournir leurs données », souligne le scientifique.

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