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FCO : GDS et GTV recommandent de vacciner tous les animaux pour créer une immunité collective

La FCO fait son retour en France avec une flambée d’ampleur inédite en Bretagne et en Normandie. GTV et GDS incitent à penser collectivement la lutte, et à vacciner l’ensemble des animaux en bonne santé.

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Pour atteindre une immunité collective, il faut que 80 % des animaux soient vaccinés.
© J.-C. Gutner

Depuis le milieu du mois de juillet, la FCO se développe en Normandie et en Bretagne. Si les Normands font surtout face au sérotype 3, en Bretagne, deux sérotypes circulent : 3 et 8.

« C’est la première fois que je vois une flambée de FCO de cette ampleur. Nous ne nous expliquons pas pourquoi cela s’est répandu aussi vite, sur une aussi grande superficie », indique Xavier Quentin, vétérinaire dans la Manche et responsable du GTV de Normandie.

Chaleur, humidité, vent et faible couverture vaccinale

Quelques pistes d’explication :

 

  • Une météorologie favorable au développement des culicoïdes, avec une alternance de chaleur et d’humidité, ainsi que beaucoup de vent. « Les culicoïdes se déplacent entre 2 et 5 km par jour, certains disent jusqu’à 30 km les jours de grand vent », indique le vétérinaire normand.
  • Les animaux sont à l’herbe, et sont donc potentiellement plus facilement accessibles pour les vecteurs de la maladie, même si les culicoïdes pénètrent dans les bâtiments.
  • Une faible couverture vaccinale. Jean-François Labbé, vétérinaire à Broons dans les Côtes d’Armor, estime qu’au printemps, seulement 5 à 10% des cheptels de sa clientèle étaient vaccinés. « Or, on sait qu’il faut une couverture vaccinale de l’ordre de 80 % pour obtenir une bonne immunité collective », ajoute le vétérinaire.

 

Xavier Quentin estime que dans le Sud de la Manche, le plateau de la maladie est atteint. Dans les Côtes d’Armor, « il faudra encore attendre dix à quinze jours », considère Jean-François Labbé.

Des conséquences encore incertaines sur la fertilité

Pour l’instant, si les deux vétérinaires notent des effets négatifs sur la lactation, leur clientèle n’a pas eu à déplorer beaucoup d’avortements, ou de pertes de vaches. « Cependant, nous ne connaissons pas les conséquences que cet épisode va avoir sur la reproduction, nous y verrons plus clair à l’automne », explique Jean-François Labbé.

« La FCO peut représenter une perte importante pour les éleveurs, avec les avortements et les problèmes de fertilité. En Belgique, qui a été fortement touchée par la FCO l’année dernière, des collègues vétérinaires estiment qu’il manque 30% des veaux cette année », ajoute Xavier Quentin.

En Picardie, des cas là où la maladie s’est arrêtée en 2024

Par ailleurs, le virus redémarre en Picardie, « dans les zones où la circulation s’était arrêtée l’année dernière », indique Léa Behaegel, conseillère sanitaire au GDS de Picardie. En effet, la vague venue de Belgique a impacté fortement la région Hauts de France, mais certains secteurs avaient été épargnés. « Nous nous attendions donc à ce que le virus recircule cette année, explique la conseillère. Pour l’instant, les animaux touchés sont surtout des génisses, des animaux qui étaient trop jeunes pour être vaccinés l’année dernière ». En effet, depuis août 2024 le GDS de Picardie incite à vacciner les animaux contre les FCO 3 et 8 et la MHE. « La région ayant été particulièrement touchée l’année dernière, les éleveurs vaccinent », indique Léa Behaegel.

A minima, vacciner les animaux qui se reproduiront prochainement

« Vacciner tous les animaux », le mot d’ordre est partagé par Xavier Quentin et Jean-François Labbé. Les deux vétérinaires préconisent de vacciner l’ensemble des animaux en bonne santé contre les sérotypes 3 et 8, même ceux ayant déjà été touchés par la FCO. « A minima, il faut vacciner les animaux qui se reproduiront prochainement », recommande le vétérinaire normand.

« Les vaccins fonctionnent. Même si certains vétérinaires estiment que les éleveurs peuvent attendre que la vague passe, je trouve cela dommage de prendre ce risque, explique Jean-François Labbé. Vacciner contre les FCO 3 et 8, avec le rappel, cela coûte entre 10 et 14 euros par animal. Quand on voit le prix d’une vache aujourd’hui, l’impact de la maladie peut vite dépasser le coût du vaccin ».

Au sein de sa clientèle, l’adhésion est bonne, le vétérinaire estime que plus de 50 % des éleveurs ont vaccinés leurs animaux. « Chez nous, ce sont les éleveurs qui vaccinent », précise-t-il. Jean-Francois Labbé espère atteindre 80 % d’animaux vaccinés, pour créer une immunité collective, et éviter de nouvelles vagues, dans un à trois mois.

Une vision collective

« La vision collective me parait importante dans la lutte contre la FCO, car c’est une maladie vectorielle, et le vecteur, on ne l’empêchera pas de se déplacer », insiste le vétérinaire. En outre, « pour qu’un culicoïde transmette la maladie, il faut qu’il ait piqué un animal infecté », rappelle Xavier Quentin. Donc, si plus de bovins sont protégés par le vaccin, le réservoir de virus se tarit et le risque de propager la maladie diminue.

Les vétérinaires incitent également les éleveurs touchés par la FCO à établir des déclarations, « afin d’établir des diagnostics différentiels avec d’autres maladies, mais également de bien cartographier les cas et d’être répertoriés si l’Etat mettait en place des aides a posteriori », note Xavier Quentin.

Rédaction Réussir

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