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Face aux annonces de prix de Sodiaal, Lactalis fait bonne figure

Les deux géants laitiers français ont annoncé des tendances opposées pour le prix du lait.

Avec la réouverture des négociations commerciales, les industriels espèrent une meilleur prise en compte de leur coût de transformation.
Avec la réouverture des négociations commerciales, les industriels espèrent une meilleur prise en compte de leur coût de transformation.
© Pixabay

Si Sodiaal se targue, dans une récente communication à ses adhérents, d’une « hausse inédite sur un an » du prix du lait, les éleveurs sont quelque peu perplexes et s’interrogent sur la santé financière de l’entreprise. En effet, la coopérative annonce un prix du lait toutes primes et saisonnalité incluses (et non en prix de base) au troisième trimestre de 420 €/1000 litres, soit environ 404 € en prix de base A, et une trajectoire de prix annuelle avoisinant 400 €/1000 l (prix de base en 38/32). Un prix qui fait pâle figure comparée au 418,5 €/1 000 l (90 % de A à 403 € environ et 10 % de B à plus de 555 €) qu’avait payé la coopérative en mai.

En parallèle Lactalis se vante, dans un communiqué de presse du 5 juillet, de « maintenir le prix du lait payé aux producteurs ». L’industriel annonce pour juillet le prix de 443,54 €/1000 l en 41/33 équivalent à près de 430 €/1000l en 38/32, « soit une progression de + 87,5 €/1000l comparativement à juillet 2021 et une évolution significative de + 25,7 %. ». « Ces efforts nous placent comme l’acteur proposant le prix du lait payé aux producteurs partenaires le plus élevé, au-delà même de ce que proposent les acteurs du lait équitable », loue le groupe. En mai et juin, après d’âpres négociations avec les OP, son prix avait été de 428 €/1 000 l.

Vers un retour de la baisse du prix ?

Alors comment expliquer cette situation ? Toutes deux se rejoignent sur le contexte inflationniste et le manque de visibilité ainsi que sur la nécessité de faire passer des hausses de tarifs à leur acheteur. Sodiaal renvoie la balle dans le camp des distributeurs. « Les hausses de tarifs obtenues auprès de la grande distribution […] restent insuffisantes pour couvrir l’ensemble de nos inflations », explique le transformateur qui assure résister face aux enseignes qui jouent la montre.

Les stratégies de valorisation des produits laitiers tant sur le marché domestique qu’à l’export où les marchés sont particulièrement porteurs actuellement, expliquent également pourquoi Lactalis tend à mieux résister.

Qu’adviendra-t-il ensuite ? Si les clauses d’alignement concurrentielles sont interdites, sur le terrain certains transformateurs ont encore tendance à regarder du coin de l’œil ce qui se pratique dans la filière. Sodiaal pourrait donner le coup d’envoi à un début de stagnation voire de baisse du prix du lait. Un non-sens tant l’inflation des charges est forte. Il reste à espérer que les ristournes qu’elle donnera en fin d’exercice à ses adhérents coopérateurs soient à la hauteur des besoins.

Sodiaal s’affranchit de sa formule de prix

« La formule de prix du lait Sodiaal que nous utilisons depuis quatre ans n’est pas adaptée aux conditions de marchés actuelles », explique la coopérative à ses adhérents. Pour le prix des mois à venir, le conseil d’administration, a préféré s’en émanciper et fixer le prix « en se référant aux indicateurs de marchés » qui de facto est inférieur à ce qu’aurait donné la formule. Objectif : « sécuriser les équilibres de la coopérative ». Déjà Sodiaal en début d’année avait, sans consensus interprofessionnel, abaissé l’indicateur de valorisation beurre-poudre faisant mécaniquement diminuer le prix du lait payé.

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